AUCUN ENFANT « ZERO DOSE » : À BOSSANGOA, NOUS Y ARRIVERONS

Avec le soutien du King Salman Relief Centre, l’UNICEF et le ministère de la santé mutualisent leurs efforts pour immuniser les enfants de la République centrafricaine

Jose Carlos Rodriguez Soto/ Jeremie Soupou
Une infirmiere vaccine un enfant contre la polio a Bossangoa
UNICEF/Jeremie Soupou
14 février 2025

Depuis dix ans, Hélène Beanre, 45 ans, mère de cinq enfants, est responsable de la vaccination au centre de santé de Ngouwé, à Bossangoa. Le 9 février 2025, elle a vécu une expérience qui a renforcé sa détermination. Lors d’un déplacement dans un village à 10 kilomètres de Bossangoa, elle a rencontré une famille dont l’enfant n’avait jamais reçu de vaccin.

Le bébé avait six mois et n’avait jamais reçu une seule dose de vaccin, même pas le BCG. J’ai pris le temps de m’asseoir avec ses parents, de leur expliquer calmement les bénéfices de la vaccination. Grâce à cette discussion, ce même jour, le bébé a reçu ses premières doses de vaccins Penta et contre la poliomyélite. La maman a promis de revenir dans un mois pour la suite des doses

Helene

Malgré cette victoire, les défis restent nombreux. Si la sensibilisation porte ses fruits et que de plus en plus de mères comprennent l’importance de la vaccination, des obstacles logistiques entravent encore les efforts des agents de santé. Autrefois, la conservation des vaccins était un véritable casse-tête. Faute de carburant, les réfrigérateurs à pétrole ne fonctionnaient pas en continu, obligeant les agents de santé à transporter quotidiennement les vaccins jusqu’au district sanitaire pour les préserver.

Un jour, ils nous ont apporté des réfrigérateurs solaires et tout a changé. Maintenant, nous avons la capacité de stocker nos vaccins plus longtemps sans craindre leur détérioration. Cette autonomie nous permet de vacciner plus d’enfants et d’éviter les ruptures

Helene

C’est grâce à ces avancées et aux efforts de sensibilisation d’agents comme Hélène que de nombreuses mères prennent aujourd’hui conscience de l’importance de la vaccination. Feintena Leabine, 23 ans, mère de deux enfants et habitante de Ngouwé, fait partie de ces parents engagés pour le changement

Je fais vacciner mes enfants parce que je veux les protéger contre les maladies. J’encourage les autres parents à faire de même.

Feintena Leabine

Ces progrès ont été rendus possibles grâce à la synergie d'action entre le ministère de la Santé et l'UNICEF avec l'appui financier du King Salman Humanitarian Aid and Relief Centre (KSrelief). Lancée en 2023, grâce à la généreuse contribution de KSrelief s’élevant à 886,831 USD, cette initiative a renforcé la réponse vaccinale de l'UNICEF dans 24 des 35 districts sanitaires du pays.  Elle a permis l'achat et la distribution de 300 000 doses de vaccin contre la poliomyélite et de 115 000 vaccins contre la rougeole, tout en consolidant le système de la chaîne du froid. [VO1] [MK2] Concrètement, 35 réfrigérateurs solaires ont été installés dans des zones reculées, accompagnés de 50 glacières et 250 porte-vaccins. En plus, 50 kits de médicaments de prise en charge des cas de rougeole ont été achetés et distribués dans les zones ciblées par le projet. En République Centrafricaine, 86% des enfants âgés de 12 à 23 mois ne sont pas entièrement immunisés. La rougeole continue de se propager, avec des résurgences épidémiques signalées dans 16 districts sanitaires en 2023 et 12 en 2024. Bossangoa, une des zones les plus à risque, a bénéficié de ce projet.


Avant, nous faisions face à une faible couverture vaccinale et à un manque de personnel formé. Il n’y avait pas non plus de supervision formative en raison du manque de ressources. Mais grâce à cette collaboration avec l’UNICEF et KSrelief, la couverture géographique des centres PEV est passée à 76 %. Les mères viennent plus facilement faire vacciner leurs enfants, car les distances à parcourir sont réduites. De plus, chaque formation sanitaire peut stocker un mois de vaccins avant de se réapprovisionner, réduisant ainsi les ruptures.

Jean Eloi Zandoka, responsable du Programme élargi de vaccination (PEV) de Bossangoa

Malgré ces avancées, des défis subsistent. Il reste essentiel de former davantage de volontaires pour assurer la continuité des vaccinations, de faciliter le transport des vaccins jusqu’au dernier kilomètre et d’organiser des séances de rattrapage pour les enfants "zéro dose".

Nous sommes sur la bonne voie. Grâce au rapprochement des services de vaccination, les mères se rendent plus facilement dans les formations sanitaires. Nous sommes déterminés à faire en sorte qu’aucun enfant ne reste sans protection. Aujourd’hui, grâce à King Salman Relief Centre, la population de Bossangoa est plus proche que jamais d’atteindre cet objectif. 

Helene

L’espoir est bien là, porté par des héros du quotidien comme Hélène Beanre, qui consacrent leur vie à protéger les enfants de leur communauté. Un enfant vacciné est un enfant protégé, et à Bossangoa, aucun ne sera laissé pour compte.