Un an plus tard, le petit Jehiel est en bonne santé et bien vacciné
Douze mois après l'introduction du vaccin antipaludique en République Centrafricaine, plus de 70 000 enfants ont été vaccinés, dont le pionnier Jehiel
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Il y a un an, à l'âge de 9 mois, le bébé Jehiel Dekara est devenu une sorte de célébrité. Il a été le premier enfant de la République centrafricaine à recevoir le nouveau vaccin contre le paludisme, le 22 août 2024.
Ce jour-là, assis sur les genoux de sa mère, il a reçu son injection des mains du ministre de la Santé, le Dr Pierre Somse. Même le président Faustin Archange Touadera, que quelques minutes plus tôt avait officiellement lancé le vaccin lors d'une cérémonie publique, est venu le saluer.
Sa mère, Manuella Koyangba, 18 ans, s'est retrouvée face aux photographes et aux cameramen qui s'efforçaient de prendre un bon gros plan. Ce fut une journée où elle fut la célébrité, même si elle arborait fièrement la carte de vaccination de son bébé.
L'année qui a suivi a connu des hauts et des bas.
« En décembre, une forte pluie torrentielle a détruit notre maison. J'ai à peine pu sauver quelques affaires. Lorsque nous avons emménagé dans notre nouveau logement, je me suis rendu compte que j'avais perdu le carnet de vaccination de mon enfant. J'étais très inquiète »
Récemment, le père de Manuella s'est renseigné sur l'état d'avancement de la vaccination de son petit-fils. Lorsqu'il a appris que la carte avait été perdue, il a emmené sa fille et le bébé Jehiel au centre de santé de Ouango, le principal établissement du 7e arrondissement de Bangui, où vit la famille. Les infirmières ont vérifié les dossiers. Manuella n'avait pas à s'inquiéter. Elle a reçu une nouvelle carte, avec toutes les données mises à jour, et on lui a dit que l’enfant pouvait recevoir la deuxième dose tout de suite.
C'était une simple coïncidence que ce jour-là était exactement un an après qu'il avait eu reçu la première dose. Assise dans la salle de consultation, Manuella écouta les bons conseils prodigués par le Dr Agnes Griyama, responsable du dispensaire. Elle insista sur le fait que, même si le petit Jehiel avait désormais plus de 16 mois, il pouvait encore rattraper son retard dans le calendrier vaccinal. Ses paroles l'ont rassurée. Manuella a ensuite rejoint les autres mères venues faire vacciner leurs bébés. Jehiel a reçu les vaccins contre la rougeole et la méningite, ainsi que la deuxième dose du vaccin antipaludique.
La République centrafricaine a été le deuxième pays d'Afrique, après la Côte d'Ivoire, à introduire le vaccin antipaludique R21, recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. En aout 2025, 21 pays africains avaient déjà introduit le vaccin. Il a été intégré au programme de vaccination systématique en RCA et administré en quatre doses aux enfants âgés de six à seize mois.
Au 30 juin 2025, le pays a reçu au total 207 100 doses du vaccin R21/Matrix-M grâce à l'appui financier de GAVI, l'alliance des vaccins. L''UNICEF et le ministère de la Santé et de la Population ont coordonné leur distribution dans les 35 districts sanitaires et leur formations sanitaires dans le pays, ou actuellement 88 500 doses ont été distribuées.
Un an après l'introduction du vaccin, 70 698 enfants âgés de 6 à 16 mois ont déjà été vaccinés.
Mais les professionnels de santé insistent pour ne pas baisser la garde. Le paludisme reste la première cause de mortalité en RCA chez les enfants de moins de cinq ans.
Manuella est devenue mère à l'âge de 17 ans. L'année dernière, elle a décidé de reprendre ses études secondaires, où elle s'est inscrite en troisième année. Elle vit avec le père de Jehiel, qui gagne sa vie en transportant du sable depuis le fleuve Oubangui, une activité qui connaît aujourd'hui un grand succès auprès des clients à la recherche de matériaux de construction locaux.
Son père a toujours veillé sur elle. Le fait qu'il ait fait tout son possible pour que sa fille obtienne une nouvelle carte de vaccination et que son petit-fils respecte le calendrier vaccinal montre que les habitants de la RCA sont de plus en plus conscients de l'importance de ne laisser aucun enfant de côté.
« Votre enfant a maintenant reçu deux doses. N'oubliez pas de revenir dans deux mois, le 22 octobre, pour la troisième dose », dit l'infirmière en inscrivant la nouvelle date sur sa carte.
Jehiel, qui n'aime pas les piqûres, a pleuré à chaudes larmes il y a quelques minutes. À présent, il se promène avec assurance dans l'enceinte avant que sa mère ne vienne le chercher pour le ramener à la maison.
« Je suis très heureuse de voir mon enfant en bonne santé. Je sais que ce vaccin l'aidera à grandir en encore meilleure santé », déclare Manuella.