Quand des latrines restaurent la dignité dans les formations sanitaires

Comment le programme WASH in Health, soutenu par l’UNICEF et la République de Corée, transforme l’expérience des patients et renforce l’hygiène grâce à la construction de latrines inclusives.

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Ahmed Ousman Nib Ngom
16 janvier 2026

Dans le district de santé de Belel, à la formation sanitaire de Bayara, une joie simple mais profonde anime aujourd’hui les usagers : la réception de nouvelles latrines. Un événement en apparence ordinaire, mais dont la portée est immense pour les patients, leurs garde-malades et le personnel soignant.

Dans les formations sanitaires, les priorités se concentrent souvent sur l’accès aux soins, la qualité des services médicaux ou encore l’approvisionnement en eau. Au cœur de cette mosaïque d’urgences, les latrines sont trop souvent reléguées au second plan, alors même qu’elles constituent un maillon essentiel de la chaîne de soins.

L’absence de latrines, une souffrance silencieuse

Pourtant, l’absence ou la dégradation des latrines entraîne des conséquences directes sur la santé et la dignité. Elle expose les usagers aux maladies hydriques, fragilise les mesures d’hygiène et crée des situations de malaise, parfois d’humiliation.

Dans la formation sanitaire de Bayara, cette réalité était devenue une véritable épreuve quotidienne. Trois latrines seulement étaient disponibles. Deux dans un état de délabrement avancé, inaccessibles aux personnes vivant avec un handicap, une troisième, sans porte ni toiture, offrant peu d’intimité et encore moins de sécurité.

« Nous recevons en moyenne une centaine de patients par mois. Vous imaginez à quel point il était difficile pour eux d’utiliser ces toilettes », confie l’adjoint au chef centre de la formation sanitaire.
« Sans portes, sans indication de genre, il y avait toujours le risque qu’une personne entre là où il ne faut pas. La gêne était permanente. »

Une réponse concrète pour restaurer l’hygiène et la dignité

Face à cette situation, l’UNICEF, avec l’appui de ses partenaires, a agi. Dans le cadre du programme WASH in Health, financé par la République de Corée, quatre latrines inclusives ont été construites au sein de la formation sanitaire de Bayara.

Cet ouvrage, accueilli avec soulagement lors de sa réception provisoire, s’inscrit pleinement dans l’engagement de l’UNICEF à réduire les maladies liées à l’hygiène, en particulier chez les enfants et les femmes, et à améliorer la qualité globale des services de santé.

Team gathered before two blue-and-white latrine units at the Bayara health facility
UNICEF/2025/Ahmed Ousman Les partenaires et les membres de la communauté célèbrent l’achèvement des nouvelles latrines inclusives qui améliorent l’assainissement à Bayara.

Un changement palpable pour les usagers

Les effets de cette infrastructure sont immédiats. Pour le personnel soignant comme pour les patients, les nouvelles latrines représentent bien plus qu’un simple équipement.

« Ces latrines vont réellement alléger nos souffrances. Désormais, chacun pourra se sentir à l’aise dans un espace propre, sécurisé et inclusif », se réjouit l’adjoint au chef centre de la formation sanitaire.

Du côté des patients, le soulagement est tout aussi visible :

« Enfin, on peut aller aux toilettes sans craindre que quelqu’un ouvre la porte », confie une garde-malade, le sourire aux lèvres.

Investir dans les latrines, investir dans la santé

Le programme WASH in Health, mis en œuvre par l’UNICEF avec le financement de la République de Corée, s’étend aujourd’hui à plusieurs formations sanitaires. Mais au regard du nombre encore élevé de structures dépourvues de latrines adéquates, les besoins restent immenses.

Investir dans des latrines inclusives, ce n’est pas un luxe. C’est un impératif de santé, un levier de prévention des maladies et un acte en faveur de la dignité humaine. Multiplier ces infrastructures, c’est réduire durablement les risques sanitaires et renforcer la qualité des soins offerts.

Parce qu’un système de santé ne se mesure pas uniquement à la disponibilité des médicaments ou à la compétence du personnel, mais aussi à la capacité d’offrir des espaces sûrs, propres et respectueux.