Hadja : coudre une nouvelle vie, point après point

De la fuite face à la violence à la couture de l’espoir : Hadja apprend la couture à Meri, reconstruisant sa dignité et sa communauté avec le soutien de l’UNICEF et de l’Union Europeenne

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Beguel Salomon Marie Joseph
08 janvier 2026

Elle a fui les attaques des groupes armés pour protéger ses enfants. Aujourd’hui, à Meri, Hadja apprend à coudre et à reprendre sa place dans la communauté. Son parcours illustre comment, grâce au soutien de l’Union européenne et à l’engagement de l’UNICEF et de ses partenaires, la formation devient un chemin de résilience et d’espoir.

Pendant longtemps, Hadja est restée chez elle, à Meri. Les journées passaient sans activité, rythmées par l’attente et le poids d’un passé marqué par les attaques des groupes armés. Elle avait fui avec ses enfants, laissant derrière elle sa localité d’origine pour chercher un refuge, loin de la violence. « Elle ne veut plus la guerre », dit-elle simplement. Elle veut la paix, pour elle, pour ses enfants, et pour l’avenir.

Aujourd’hui, Hadja a repris le chemin de l’apprentissage. Depuis quelques semaines, elle suit une formation en couture et habillement au Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes (CMPJ), à Meri. Dans cet atelier vivant, où résonne le bruit régulier des machines à coudre, elle apprend à manier le tissu, à tracer, couper et assembler. Des gestes nouveaux, porteurs d’une promesse : celle de retrouver une activité, une dignité et une place au sein de la communauté.

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de réintégration et de cohésion sociale financé par l’Union européenne, mis en œuvre par l’UNICEF et l’OIM, en partenariat avec des acteurs locaux. Le projet appuie le fonctionnement du centre en renforçant ses capacités, notamment grâce à la mise à disposition de machines et de matériels, permettant ainsi d’accueillir et de former davantage de femmes. « Avant, nous avions peu de machines. Aujourd’hui, cet appui a vraiment boosté la capacité du centre à former et à intégrer les jeunes et les femmes », explique un responsable du CMPJ.

Hands guiding colorful patterned fabric through a white electric sewing machine
UNICEF/2025/Salomon Beguel À Meri, la formation en couture donne aux femmes les moyens de reconstruire leurs moyens de subsistance et de renforcer les liens communautaires.

Dans l’atelier de couture, Hadja fait partie d’un groupe de femmes venues de différents horizons, dont certaines ont été associées à des groupes armés, d’autres déplacées par la violence. Elles viennent chaque jour, certaines le matin, d’autres l’après-midi, partageant les machines et les apprentissages. Ce qui a poussé Hadja à s’inscrire, ce n’est pas seulement le métier, mais l’idée de faire partie d’un groupe. « On veut avoir une équipe qui va nous soutenir », dit-elle. Travailler ensemble lui permet de rompre l’isolement et de reconstruire des liens de confiance.

La formation, qui se poursuivra jusqu’en mars, prévoit une remise d’attestations et, dans la mesure du possible, un appui en matériel pour favoriser l’autonomisation des femmes à l’issue du parcours. L’objectif est clair : leur permettre de générer un revenu, de soutenir leurs familles et de s’ancrer durablement dans la communauté. « Se former, avoir un métier, c’est le rêve de beaucoup de ces femmes », confie le responsable du centre. « Donner une capacité à quelqu’un pour se relever dans la vie, c’est une fierté. »

À Meri, les défis restent nombreux. Mais l’engouement est là. Les femmes sont assidues, motivées, soutenues par leurs familles. La couture devient un levier discret mais puissant : un moyen de transformer le temps, la matière et peu à peu, les trajectoires de vie.

Dans une région marquée par des années de conflit, l’investissement de l’Union européenne dans la formation professionnelle et l’autonomisation des femmes contribue à renforcer la résilience des communautés et à prévenir la reproduction de la violence. En offrant des compétences concrètes et un cadre structurant, le projet aide les femmes à redevenir actrices de leur propre avenir.

Pour Hadja, apprendre à coudre, c’est plus qu’un métier. C’est une manière de tourner la page sans l’arracher, de reconstruire sans oublier, et d’imaginer un lendemain où ses enfants grandiront loin de la guerre.

À Meri, grâce au soutien de l’Union européenne et à l’engagement de l’UNICEF, de l’OIM et de leurs partenaires, des femmes comme Hadja ne sont plus seulement des survivantes. Elles deviennent des artisanes de paix, cousant patiemment les fils fragiles du vivre-ensemble et de l’espoir.