L’eau devient une attente interminable à Blangoua
À Blangoua, l’afflux de familles déplacées rend l’accès à l’eau éprouvant. Sous la chaleur, femmes et enfants patientent en longues files, bidons jaunes en main, face à une urgence humanitaire croissante.
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Monique arrive en tirant son vieux pousse-pousse chargé de bidons. Elle s’arrête « Encore tout ce monde !», souffle-t-elle.
Depuis plusieurs jours, le site accueille de nouvelles familles ayant fui l’insécurité à Darack. Les abris, déjà serrés, se sont multipliés à la hâte. Avec ces arrivées, la population a augmenté brutalement, la pression sur les rares infrastructures disponibles devient de plus en plus forte et critique. Les points d’eau, assurant autrefois un accès limité à l’eau potable, ne répondent plus aux besoins.
Devant Monique, au moins trente personnes patientent. Certaines se sont assises sur leurs bidons. D’autres restent debout, immobiles, économisant leurs forces sous un soleil ardent. Chaque remplissage semble durer une éternité.
Plus loin, près de la pompe, un homme essaye d’organiser les gens.
« Une seule bassine par famille d’abord. Après, on verra ; chacun doit avoir un peu d’abord. » crie-t-il.
Le soleil monte. La chaleur devient écrasante. En plein jeûne de Ramadan, l’attente pèse encore davantage sur les corps affaiblis. Les enfants s’agitent, certains pleurent. Les mères tentent de les calmer, tout en gardant leur place précieusement acquise.
Au cœur de cette difficulté, la solidarité persiste. Yakoura, une jeune fille de 17 ans, garde la place de sa voisine avec sa bassine. Une autre femme à côté berce un enfant qui n’est pas le sien.
« Ici, malgré tout, on partage. » a-t-elle déclaré
Pourtant, cette solidarité ne suffit pas à compenser les manques. Dans le cadre de la réponse d’urgence, l’UNICEF, avec le soutien du fonds CERF, a réhabilité en 2024 et 2025 des points d’eau et des latrines sur ce site pour répondre aux besoins des premiers déplacés. Mais l’arrivée récente de nouvelles vagues de populations a bouleversé cet équilibre fragile. Aujourd’hui, ces infrastructures sont largement insuffisantes.