48 heures pour réécrire l’histoire où les différences deviennent des liens
En deux jours, des jeunes ont déconstruit leurs préjugés, apaisé des blessures invisibles et créé une fraternité, prouvant que l’écoute et la confiance transforment la méfiance en amitié.
Ils étaient au départ des inconnus qui devaient se côtoyer durant deux jours, mais cette rencontre s’est transformée en une véritable connexion humaine. Le temps d’un boot camp à Meri, des jeunes ont choisi ensemble de réécrire le vivre-ensemble.
Organisé dans le cadre du projet de réintégration et de réconciliation des anciens associés des groupes armés non étatiques financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l'UNICEF, ce Boot camp a réuni des adolescents vivant dans le camp de réintégration de Meri et d’autres issus des communautés hôtes.
Deux jours ont suffi pour faire tomber les préjugés, panser des blessures invisibles et tisser des liens inattendus et profonds.
Un café d’accueil, quelques jeux et des rires encore timides et c’est à ce moment que tout a commencé. Puis très vite, le groupe a établi quelques principes basés sur le respect mutuel, l’écoute et la tolérance. Un cadre essentiel, qui a permis à chacun de s’épanouir convenablement.
Au départ, les regards étaient prudents, parfois empreints de méfiance. Cependant, dès les premières activités, les visages se sont peu à peu détendus.
« Je pensais que ça allait être difficile de parler avec des inconnus, mais je me suis senti en confiance », confie Clémentine.
Au fil des échanges, la parole s’est libérée. Les jeunes ont porté des messages forts qui prouvent leur capacité à être les défenseurs de la réintégration et de la réconciliation auprès de leurs pairs pour être des relais capables de toucher leurs pairs.
Les moments de partage ont marqué les esprits des participants à travers les histoires d’amitié racontées, des gestes de solidarité, souvenirs d’accueil que certains ont en mémoire, chacun a partagé une part de son histoire et peu à peu les barrières sont tombées.
« Avant, je croyais qu’ils étaient différents de nous, maintenant je comprends qu’on est tous pareil et on peut être des amis », raconte Bernard.
À travers des jeux de rôle et des sketches, ils ont mis en lumière les réalités de leurs communautés : des rumeurs, des jugements et de la stigmatisation.
« Les mots qu’on utilise peuvent vraiment blesser, sans qu’on s’en rende compte », reconnaît Abakar.
L’atelier sur les préjugés a été un véritable moment de transformation. Décrire quelqu’un sans le connaître, puis découvrir qui il est réellement est une expérience marquante.
« Ça m’a fait réfléchir sur mes propres jugements », admet Sandrine.
Toutefois, c’est lors de la session dédiée aux émotions que les liens se sont le plus renforcés. Peurs, tristesse, doutes, chacun a pu s’exprimer librement, dans un espace sécurisé et bienveillant.
Entre les pauses, les repas partagés et les éclats de rire, les échanges se sont prolongés naturellement. Ce qui était une rencontre est devenu une histoire qui s’est construite.
Avec “l’Arbre de l’Engagement”, les jeunes, qu’ils viennent du camp ou des communautés hôtes, ont uni leurs idées pour proposer des solutions concrètes contre la stigmatisation et pour renforcer la cohésion sociale.
Au moment de la clôture, l’atmosphère avait changé, elle est devenue plus chaleureuse et plus humaine.
« Je suis arrivé sans connaître personne, je repars avec des amis. » déclare Djoummai
Ce Boot camp a révélé une évidence, lorsque les jeunes prennent le temps de se rencontrer, de s’écouter et de se comprendre, ils capables de dépasser les différences et de construire un avenir commun.
Il a surtout prouvé que lorsqu’on crée un véritable espace de rencontre, les différences ne divisent plus, elles rapprochent.