À Kawadji, les eaux perdues irriguent désormais les rêves des femmes

À Kawadji, à Kousseri, des femmes puisent plus que de l’eau : grâce à un forage réhabilité en pompage solaire, financé par le CERF et mis en œuvre par l’UNICEF avec AIDER, elles gagnent revenus et autonomie.

Fideline Minda Molko
Une femme dans son potager à Kawaldi
UNICEF/2026/Fideline Minda Molko
03 juin 2026

Chaque jour, autour du point d’eau, des femmes remplissent leurs bidons pendant que d’autres récupèrent les eaux résiduelles drainées vers un canal d’évacuation. Rien ne se perd. Ces eaux servent désormais à irriguer de petits potagers aménagés à proximité.

Parmi elles, Eldima et Mariam ont trouvé dans cette initiative une véritable opportunité économique. « Chaque deux semaines, nous récoltons au moins 20 cuvettes de légumes. Quand le marché est bon, une cuvette peut coûter jusqu’à 2 500 francs CFA », raconte Mariam, le sourire aux lèvres, en triant des feuilles vertes et fraîches.

Grâce à cette activité, chacune d’elles parvient à gagner au moins 100 000 francs CFA après plusieurs récoltes, une somme importante dans cette communauté où les opportunités de revenus restent limitées.

Une femme dans son potager à Kawaldi
UNICEF/2026/Fideline Minda Molko

Sous l’ombre d’un arbre, des femmes s’organisent pour répartir équitablement les jours destinés à l’arrosage. Ici, la solidarité est devenue une règle. « On fait le tour d’arrosage pour que chacune de nous qui a son petit champ puisse en bénéficier », explique Mariam dans son jardin. « Avant, nous dépendions entièrement de nos maris ou de l’aide extérieure. Aujourd’hui, nous pouvons acheter certaines choses pour nos enfants grâce à nos récoltes. » avoue Mariam

Au-delà de ce point d’eau de six mètres cubes qui bénéficie à plus de deux milles personnes a fait naître une petite économie locale portée par les femmes. Les légumes produits alimentent les marchés environnants et améliorent aussi l’alimentation des familles.

Alors que huit (08) femmes continuent d’arroser leurs parcelles dans une organisation collective bien rodée, les rangées de légumes verts témoignent silencieusement d’une réalité : parfois juste une goutte d’eau suffit pour faire germer tout un avenir.

À Kawadji, une infrastructure conçue pour répondre à une urgence humanitaire est devenue un levier de résilience et de dignité pour les femmes. Ici, chaque goutte d’eau fait désormais grandir bien plus que des cultures : elle fait naître des opportunités.