« Je ne leur parle pas de vaccin, je leur parle de protection »

Infirmière depuis 20 ans à Yaoundé, Marie Régine combat le cancer du col de l’utérus. Marquée par le drame d'une voisine, elle sensibilise avec empathie pour vaincre les réticences face au vaccin HPV.

Jeanne Inès Mengue Embolo
Marie Régine, infirmière
UNICEF/2026/Jeanne Inès Mengue Embolo
21 septembre 2026

Depuis plus de 20 ans, Marie Régine est infirmière dans un centre de santé dans le quartier Cité Verte à Yaoundé. Chaque jour, elle accompagne des patients, écoute leurs inquiétudes et tente de soulager leurs souffrances. Mais une histoire vécue juste en face de son centre de santé a profondément marqué sa vie professionnelle et personnelle.

« Il y avait une femme qui habitait juste en face. Je l’ai vue se battre contre le cancer du col de l’utérus. J’ai vu ses douleurs, les difficultés qu’elle traversait et l’impact de la maladie sur sa famille. C’était très difficile à regarder », raconte-t-elle avec émotion.

Cette expérience a renforcé sa conviction : certaines souffrances peuvent être évitées grâce à la prévention. Pourtant, lorsqu’elle parle du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), elle se heurte souvent à la méfiance et aux idées reçues.

« Beaucoup de personnes sont sceptiques. Elles ont entendu des rumeurs ou ont peur de ce qu’elles ne connaissent pas. Dès qu’on parle de vaccination, certaines ferment la porte à la discussion », explique-t-elle.

Avec le temps, Marie Régine a changé son approche. Au lieu de mettre l’accent sur le vaccin lui-même, elle parle d’abord de ce qui compte réellement : la protection de la santé et de l’avenir des jeunes filles.

« Je ne leur dis pas seulement de venir se faire vacciner. Je leur dis de venir se protéger. Quand on parle de protection contre une maladie grave comme le cancer du col de l’utérus, les gens comprennent mieux l’importance de la démarche. »

Pour elle, chaque parent convaincu représente une victoire. Chaque jeune fille protégée est peut-être une future mère, une sœur ou une fille qui n’aura jamais à vivre les souffrances qu’elle a vues chez sa voisine.

Aujourd’hui, Marie Régine continue de sensibiliser sa communauté avec patience et empathie. Son message est simple mais puissant : personne ne devrait avoir à souffrir d’une maladie que l’on peut prévenir.

« Quand je repense à cette femme qui vivait en face de chez nous, je me dis que si nous pouvons éviter à d’autres de traverser la même épreuve, alors nous avons le devoir d’agir. La protection commence par l’information, et l’information peut sauver des vies. »