Pas de temps à perdre pour lutter contre la malnutrition.
Bilan et perspectives du projet "No Time to Waste" : UNICEF et ses partenaires unis contre la malnutrition avec le soutien du Royaume des Pays-Bas.
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Le 22 mai 2025 s'est tenue à Gitega la deuxième réunion du Comité de Pilotage (COPIL) du projet "No time to waste - Prévention de la malnutrition chez les enfants, les adolescents et les femmes dans les provinces de Cankuzo, Kayanza, Makamba, Muramvya, Mwaro et Rutana ". La rencontre s’est tenue en présence du Secrétaire Permanent chargé du domaine de l’Intérieur et du Développement communautaire au Ministère de l’Intérieure et Président du COPIL, de Mme l’Ambassadeur du Royaume des Pays Bas, de la représentante de l’UNICEF, du Secrétariat Exécutif Permanant de la Plateforme Multisectorielle de Sécurité Alimentaire et de Nutrition (SEP/PMSAN) et des Points Focaux des Ministères de la plateforme faisant partie du COPIL, des Gouverneurs/Délégués des gouverneurs, des représentants provinciaux des services gouvernementaux et des partenaires de mise en œuvre, à savoir les ONG “Safe Inclusion”, “Ripple Effect International” et “Fondation Stamm”.
Ce projet, financé par le Gouvernement des Pays Bas à hauteur de 14.1 millions de dollars, est mis en œuvre conjointement par le Gouvernement du Burundi et l'UNICEF depuis 2023 et s’étend jusqu’en 2028. Ce projet vise l’amélioration de l’accès à des régimes alimentaires nutritifs sûrs et durables, à une meilleure couverture et qualité des services nutritionnels essentiels et un renforcement de capacité des gardiens d’enfants pour adopter des pratiques positives en matière de nutrition.
Les interventions mises en œuvre portent, entre autres, sur le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aigüe, la promotion des pratiques optimales de nutrition, de santé, d’hygiène et d’assainissement, la supplémentation en micronutriments des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans pour la prévention des carences en micronutriments et l’appui aux groupes de solidarité en vue de renforcer leur résilience des ménages en termes d’accès à des aliments de complément nutritifs et à des activités génératrices de revenus.
La réunion du COPIL a permis aux participants de dresser un bilan des avancées, des défis rencontrés, des actions prioritaires pour 2025 mais aussi des opportunités qui se dessinent pour les prochaines années.
Depuis le début, le projet a permis à 1.9 millions d’enfants de 6 à 59 mois de bénéficier de deux doses annuelles de supplémentation en vitamine A et à presque un million d’enfants de moins de 5 ans d’être dépistés pour la malnutrition aigüe, et, parmi eux, presque 12.000 enfants malnutris aigus sévères ont été traités. Aussi, plus d’1 million de femmes allaitantes et gardiens d’enfants ont reçu des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et plus de 640.000 enfants en âge scolaire et adolescents et plus de 552.000 femmes enceintes et mères ont bénéficié de services de prévention de l’anémie et d’autres formes de malnutrition. Le projet a également permis à presque 99.000 personnes d’avoir accès à l’assainissement de base ainsi que la mise en place de 73 clubs de nutrition en milieu scolaire pour la promotion des bonnes pratiques de nutrition parmi les élèves. Le projet a permis de réaliser une analyse des goulots d’étranglement dans le cadre de la nutrition maternelle, des adolescents et des enfants en âge scolaire et une analyse situationnelle de la prise en charge des nourrissons de moins de 6 mois, de petits poids de naissance ou à risque nutritionnel, et de leurs mères. Le projet a également soutenu le développement et la validation du plan opérationnel sur le développement de la petite enfance, la stratégie nationale de lutte contre les carences en micronutriments et la réalisation de l’enquête nutritionnelle selon la méthodologie SMART.
La réunion du COPIL a été précédée par une visite des interventions en cours sur le terrain, dans chacune des provinces ciblées, par les differents acteurs impliqués dans le suivi du projet, accompagnés par l’UNICEF et ses partenaires de mise en œuvre. Dans la province de Kayanza par exemple, l’UNICEF, le SEP/PMSAN et les autorités provinciales ont pu observer comment, à travers les foyers d'apprentissage nutritionnel, les mères ont été sensibilisées sur l'alimentation optimale de leurs enfants, en utilisant des ingrédients locaux. Les bénéficiaires ont confirmé une nette amélioration des pratiques alimentaires parmi les enfants, les femmes et adolescentes et une diminution de cas de malnutrition aigüe chez les enfants.
La délégation a ensuite visité les activités génératrices de revenus mises en place par une association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC), notamment des champs communs de céréales ou légumes et l’élevage de volailles qui permettent aux membres d'améliorer les régimes alimentaires de leurs enfants mais aussi de subvenir à leurs besoins
Christine Niyonzima, 35 ans a témoigné : « Au sein des AVEC, nous mettons en commun nos épargnes, ce qui nous permet de nous entraider. Les conseils de l’agent de santé communautaire sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant combinés aux moyens ou crédit reçus de l’AVEC, nous aident beaucoup à améliorer la nutrition de nos enfants. Réunis en association, nous avons maintenant les moyens de mieux nourrir nos enfants ».
Au niveau des écoles, les élèves ont souligné l’effet positif de leur participation dans les clubs de nutrition mis en place grâce au projet. Dans les mots de Philotaire Irabonuwayo, 20 ans, de l’école COMIBU: « (…) Grâce aux connaissances acquises, j’ai pu réaliser que mes parents ne savaient pas comment nourrir mon petit frère de façon équilibrée. Je leur ai conseillé de ne plus le nourrir uniquement de riz, car c’est ce qu’ils faisaient. Je leur ai suggéré d’ajouter, notamment, des légumes, de la pomme de terre et de la viande, sans oublier les fruits. Mes parents ont accepté mes conseils et ils ont commencé à bien le nourrir (…) ».