A Musenyi, l’UNICEF renforce l’accès à l’eau potable.

Installation récente de 4 réservoirs d’eau par l’UNICEF. en collaboration avec l’Agence Burundaise de l’Hydraulique et de l’Assainissement en Milieu Rural pour répondre aux besoins croissants en eau potable des réfugiés qui arrivent encore.

Landry Gaël Nihorimbere
Des réfugiés congolais s’approvisionnent en eau potable à l’une des rampes reliées à un bladder installée par l’UNICEF.
@UNICEF Burundi/2025/L. G. Nihorimbere
18 juin 2025

Dans le site de réfugiés de Musenyi, un souffle d’espoir a jailli au cœur des difficultés quotidiennes. L’UNICEF, en collaboration avec l’AHAMR, a installé, il y a 2 mois, quatre réservoirs souples, communément appelés bladders, pour améliorer l’accès à l’eau potable et protéger des milliers de personnes contre les maladies liées à l’eau insalubre.

Jusqu’à récemment, les habitants de ce site, composés uniquement de réfugiés originaires de la RDC, devaient parcourir de longues distances, selon les quartiers du site, pour accéder à l’eau potable. Cette ressource était souvent insuffisante en raison du nombre élevé de réfugiés. Le manque d’eau potable exposait les familles, en particulier les enfants, à de graves risques sanitaires tels que la diarrhée, le choléra, ainsi que d’autres maladies liées à une hygiène précaire et aux mains sales.

Parmi les bénéficiaires de cette initiative, Edmond Bahati, mère de neuf enfants, raconte le changement radical qu’a apporté cette installation. Arrivée au camp en mars, cette mère courageuse a dû laisser deux de ses enfants au Congo. Elle se souvient :« Avant l’installation des bladders, il fallait aller chercher l’eau très loin, près du marché, et c’était pénible, surtout avec les enfants. Maintenant, c’est comme si j’avais un robinet à la maison, c’est juste à côté de ma tente. »

Son témoignage met en lumière l’impact humain d’un simple acte technique : amener l’eau potable au plus près de ceux qui en ont le plus besoin.

Un enfant réfugié boit de l’eau au robinet installé sur l’une des rampes d’approvisionnement alimentées par un réservoir d’eau (bladder) mis en place par l’UNICEF dans le camp de réfugiés de Musenyi.
@UNICEF Burundi/2025/L. G. Nihorimbere Un enfant réfugié boit de l’eau au robinet installé sur l’une des rampes d’approvisionnement alimentées par un réservoir d’eau (bladder) mis en place par l’UNICEF dans le camp de réfugiés de Musenyi.

Pour assurer une gestion efficace et durable de ces nouvelles installations, les réfugiés eux-mêmes, en collaboration avec les autorités du site, ont mis en place un comité de gestion. Chaque bladder est supervisé par une équipe de trois réfugiés. Leur rôle : ouvrir les points d’eau chaque matin de 6h à 10h, puis attendre que les réservoirs se remplissent à nouveau pour rouvrir l’après-midi, à partir de 14h, jusqu’à épuisement de la quantité disponible dans le bladder.

Cette organisation assure une distribution équitable de l’eau, tout en responsabilisant les membres de la communauté. Elle témoigne aussi de l’implication active des réfugiés dans la gestion de leur propre quotidien.

Selon Niyonsenga Norbert, responsable du programme Water, Sanitation and Hygiene (WASH) au sein de l’ONG COPED, ces installations ont considérablement soulagé la pression sur les 15 points d’eau existants dans le site. Les bladders de l’UNICEF sont équipés de 8 rampes de distribution d’eau de 6 robinets chacun, judicieusement réparties dans les quartiers du site camp pour couvrir un maximum de bénéficiaires.

Des mamans réfugiées font la lessive en utilisant l’eau provenant d’un des réservoirs installés par l’UNICEF sur le site de Musenyi.
@UNICEF Burundi/2025/L. G. Nihorimbere Des mamans réfugiées font la lessive en utilisant l’eau provenant d’un des réservoirs installés par l’UNICEF sur le site de Musenyi.

Mais malgré cette avancée, des défis persistent. « L’eau que nous utilisons actuellement provient de la source de Mpongora 1. Pour garantir une distribution continue, il serait essentiel de construire un grand réservoir en matériaux durables. Cela permettrait de stabiliser l’approvisionnement et de faire face à l’augmentation constante de la population du camp », explique M. Niyonsenga.

À Musenyi, chaque goutte d’eau est bien plus qu’un simple liquide, elle incarne l’espoir, la santé, la protection et la dignité. Grâce au financement du Central Emergency Reponse Fund (CERF), la mise en place de bladders, fruit d’un partenariat engagé, montre ce qu’il est possible d’accomplir quand solidarité et volonté se rencontrent. Nous devons garder à l’esprit que garantir l’eau potable, c’est garantir la vie.