L'UNICEF et l'USAID unissent leurs forces pour combattre la malnutrition aiguë sévère au Burundi

Une délégation de l'USAID visite les provinces de Ruyigi et Rutana pour évaluer les progrès du projet de prise en charge de la malnutrition aiguë chez les moins de 5 ans au Burundi.

Tracy Niteka - Stagiaire
La délégation de l'UNICEF et de l'USAID en visite au Centre de santé Kwisumo, province Kirundo.
@UNICEF Burundi/2024/T.Niteka
05 juin 2024

Dans plusieurs provinces du Burundi, de nombreux enfants souffrent de malnutrition, causée principalement par la pauvreté et le manque d'informations. Parmi eux, certains sont atteints de malnutrition aiguë sévère (MAS), une condition qui menace directement leur survie. Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont un système immunitaire affaibli, deviennent très exposés à d’autres maladies courantes telles que le paludisme, les infections respiratoires, les parasitoses intestinales, et risquent davantage de mourir. Pour faire face à cette malnutrition aiguë sévère, l’UNICEF, avec le soutien de l’USAID, continue sans relâche de combattre cette crise dévastatrice.

Rencontrée au centre de santé Kwisumo, Faustine Niyonsaba, mère d'Igiraneza Grâce, témoigne de l'impact du projet sur la santé de sa fille : "Son corps changeait, elle perdait ses cheveux et vomissait à chaque repas. Mais après avoir commencé le traitement, ma fille s'est améliorée, elle va beaucoup mieux maintenant. Franchement, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans l’aide reçue". Grâce était gravement malade, souffrant de malnutrition aiguë sévère, et sa mère Faustine craignait pour sa vie en raison des nombreuses difficultés rencontrées et du manque de moyens pour la faire soigner. Aujourd’hui, Grâce va de mieux en mieux. 

Faustine Niyonsaba et sa fille Igiraneza Grâce prise en charge pour la malnutrition au centre de santé Kwisumo.
@UNICEF Burundi/2024/T.Niteka Faustine Niyonsaba et sa fille Igiraneza Grâce prise en charge pour la malnutrition au centre de santé Kwisumo.

Les bénéficiaires de ce projet sont les enfants de moins de 5 ans. Selon Wilson Niyokwizera, titulaire du centre de santé Kwisumo, le soutien de ce projet aide de nombreuses familles. « Nous essayons de bien faire le suivi, et nous remarquons qu’il y a vraiment du changement au sein de la communauté », explique-t-il. Le dépistage des cas de malnutrition aiguë s'effectue selon un processus bien défini. Les agents de santé communautaire formés consultent les enfants. Les cas de malnutrition aiguë sévère (MAS) sans complications médicales sont orientés vers le service thérapeutique ambulatoire, tandis que ceux avec complications sont dirigés vers l'hôpital de district sanitaire pour une stabilisation thérapeutique. Les séances de suivi des enfants MAS en ambulatoire ont lieu une fois par semaine, chaque jeudi.

Cependant, malgré ce soutien, de nombreux défis persistent. En raison de la pauvreté des familles, les médicaments destinés aux enfants malades sont souvent partagés avec toute la famille. Certaines familles considèrent ces médicaments comme de la nourriture et estiment qu'un enfant ne peut pas en consommer seul. Cela entraîne un retard dans la guérison des enfants malades et, parfois, les enfants sont traités pendant une période plus longue que prévu. « Cette situation conduit à une insuffisance des intrants, car une utilisation prolongée pour un même enfant épuise les ressources plus rapidement. Cela pose un défi majeur pour nous », explique Wilson, en remerciant ce projet et le soutien qu’ils obtiennent.

Après avoir visité le centre de santé Kwisumo, la délégation s'est rendue dans la province de Rutana, commune Giharo, où des défis similaires ont été observés. James Hatungimana, titulaire du centre de santé Giharo, explique que la population de cette province ne travaille pas suffisamment, ce qui entraîne la faim au sein des familles. "Une pratique nutritionnelle inadéquate cause également une malnutrition chez les enfants de cette commune," ajoute-t-il en expliquant que certains parents, même s'ils ont quelques ressources, ne nourrissent pas suffisamment leurs enfants d’aliments nutritifs et utilisent leurs revenus pour d'autres choses. Selon James, ce projet est d’une grande aide pour les familles de cette région, car les cas diminuent petit à petit. 

Director of the Giharo health center.
@UNICEF Burundi/2024/T.Niteka Director of the Giharo health center.

« Ce projet a sauvé mon enfant, regarde ma fille, elle va bien », déclare Pélagie Ntakarutimana, ravie de l'amélioration de la santé de sa fille Béoline Shurweryimana, qui est sous traitement après une longue période de souffrance. Pélagie, mère de 7 enfants, a vu son 6e enfant souffrir de malnutrition aiguë sévère. C’est avec espoir qu'elle continue d'emmener Béoline au centre de santé, constatant l'efficacité du traitement. Elle exprime sa profonde gratitude à l'UNICEF et à ses partenaires pour leur soutien constant et leur aide précieuse.

Grâce à l'appui de l'USAID, l'UNICEF et ses partenaires continuent de sauver des vies et d'améliorer la résilience des communautés au Burundi. Les résultats obtenus jusqu'à présent montrent l'importance cruciale de ce soutien pour combattre la malnutrition aiguë sévère et renforcer la santé des enfants et des familles.