Les leaders religieux s’engagent pour la santé, l’égalité et le bien-être des familles burundaises
À Ngozi, un atelier de haut niveau a réuni les leaders religieux, l’UNICEF et les autorités sanitaires pour discuter de l’amélioration de l’égalité de genre et de la santé des enfants en mettant à profit leur influence au sein des communautés.
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Dans un effort conjoint pour améliorer la santé publique au Burundi, un atelier de haut niveau s’est tenu le 10 avril 2025 dans la province de Ngozi. Organisé par le Réseau des Confessions religieuses pour la promotion de la santé et le bien-être intégral de la famille (RCBIF), en partenariat avec l’UNICEF et sous le leadership du Ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida, cet événement a mis en lumière le rôle central des leaders religieux dans la transformation sociale et sanitaire du pays.
L’objectif principal de cet atelier était clair : renforcer l’engagement communautaire autour de trois axes majeurs : l’éradication de la polio, l’accès équitable aux soins de santé primaires, et la promotion de normes d’égalité de genre positives favorables au développement harmonieux des enfants.
Ce rassemblement, financé par le Gender Mainstreaming Group for Polio Eradication, a permis de réunir les leaders religieux de toutes les confessions du pays, aux côtés des représentants du gouvernement, de l’UNICEF et des médias. Ensemble, ils ont posé les jalons d’une nouvelle dynamique communautaire axée sur la santé, l’équité et l’inclusion. Les présentations ont porté sur l’état actuel de la vaccination au Burundi, les résultats d’une analyse des facteurs socioculturels et liés au genre limitant l’accès aux soins de santé primaires, la lutte mondiale pour l’éradication de la polio, ainsi que sur les programmes actuels du RCBIF auprès des familles pour promouvoir le bien-être et la santé des enfants. Les participants ont ensuite eu une discussion animée sur la manière dont le gouvernement et les confessions religieuses peuvent continuer à se soutenir mutuellement pour faire progresser la santé et le bien-être des enfants — en impliquant davantage les pères, en facilitant l’accès à la vaccination et aux soins de santé, et en trouvant des moyens nouveaux et créatifs de mobiliser des ressources pour la santé.
Face aux défis persistants en matière de santé, les organisateurs misaient sur la puissance mobilisatrice des confessions religieuses, dont les voix résonnent profondément dans les communautés locales. « Votre voix peut contribuer à faire évoluer les mentalités, au bénéfice des femmes, des hommes, et surtout des enfants », a souligné Mme France Bégin, représentante de l’UNICEF, en s’adressant aux participants.
Dans son discours, Madame la Ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida a salué l’engagement sans faille des leaders religieux. Évoquant avec émotion son passage dans un hôpital sous convention catholique, elle a souligné leur rôle vital, guidé par « le sérieux, le professionnalisme et l’amour du prochain ».
Le Chef de cabinet du gouverneur de Ngozi a, quant à lui, dressé un tableau réaliste des défis rencontrés dans ce secteur : « L’éloignement entre les ménages et les centres de santé, l’accès limité aux infrastructures de soins, ainsi que les résistances culturelles et sociales — notamment autour de la vaccination et de l’implication des pères — constituent des obstacles majeurs à surmonter. » Il a néanmoins insisté sur la nécessité d’une synergie entre les acteurs étatiques et non étatiques pour relever ces défis.
Présidant le RCBIF, Mgr Blaise NZEYIMANA a appelé à l’unité et à la mobilisation : « En unissant nos forces et en mobilisant nos communautés, nous pouvons faire une réelle différence dans la promotion des soins de santé primaires et l’adoption de normes positives de genre. »
Au-delà des discours, l’atelier de Ngozi s’inscrit dans une démarche concrète de mobilisation collective. Il témoigne de la volonté croissante de faire appel à tous les acteurs sociaux pour bâtir un Burundi plus sain et plus juste.
Avec l’implication active des confessions religieuses, porteuses d’une autorité morale profonde, l’espoir est permis : celui d’un avenir où chaque enfant, chaque femme et chaque homme aura accès à des soins de qualité, dans un environnement de respect, de solidarité et d’égalité.