Le Burundi introduit le vaccin contre le HPV pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
Portée par l’engagement conjoint du Gouvernement du Burundi, de Gavi, de l’UNICEF et de l’OMS, cette étape historique marque un tournant majeur dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus au Burundi.
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Dans une ambiance festive et empreinte d’espoir, le gouvernement du Burundi a procédé, le 29 avril 2026, au lancement officiel de l’introduction du vaccin contre le virus du papillome humain (HPV) dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV).
La cérémonie officielle, organisée au stade de Kibimba dans la province de Gitega, s’est tenue sous le haut patronage de Son Excellence Madame Angeline Ndayishimiye, Première Dame de la République du Burundi. Elle a réuni une foule nombreuse composée d’autorités nationales et locales, de partenaires techniques et financiers, de professionnels de santé, de leaders communautaires, de familles et de représentants des médias. La forte mobilisation d’enfants et d’adolescentes âgés de 9 à 14 ans, principaux bénéficiaires du vaccin, a conféré à l’événement une portée symbolique forte, incarnant l’espoir d’un avenir en meilleure santé pour les filles burundaises.
S’exprimant au nom du Gouvernement, Dr. Oscar Ntihabose, délégué du ministre de la Santé Publique, a rappelé le fardeau que représente le cancer du col de l’utérus pour le système de santé national, soulignant l’urgence de renforcer la prévention : « Chaque année, près de 1 500 nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 1 000 femmes perdent la vie à cause de cette maladie largement évitable. Par ailleurs, environ 5 % des femmes qui se présentent pour le dépistage sont déjà atteintes de la maladie », a-t-il indiqué.
Cette situation nationale s’inscrit dans un contexte mondial préoccupant : avec près de 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès chaque année, le cancer du col de l’utérus touche de manière disproportionnée les pays africains, y compris le Burundi.
Face à ce lourd fardeau, le Gouvernement du Burundi, avec l’appui de ses partenaires, a fait le choix stratégique d’investir dans la prévention primaire en introduisant, dès 2026, la vaccination contre le HPV à l’échelle nationale. À partir de fin avril 2026, cette vaccination est intégrée au calendrier vaccinal de routine pour les filles âgées de 9 à 14 ans, qu’elles soient scolarisées ou non, sur l’ensemble du territoire national.
L’objectif est d’atteindre au moins 80 % de couverture vaccinale, grâce à une approche combinée reposant sur la vaccination en milieu scolaire et des stratégies communautaires pour atteindre les filles non scolarisées, avec l’appui des agents de santé communautaires et des leaders locaux
L’initiative bénéficie du soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, qui accompagne le Burundi dans le financement des vaccins, des fournitures d’injection et des opérations logistiques. À cette occasion, Dr Marthe Sylvie Essengue Elouma, Directrice par intérim des pays prioritaires de Gavi (Afrique, Asie et Europe) a salué l’introduction du vaccin contre le HPV au Burundi comme une avancée décisive permettant d’agir en amont, de prévenir la maladie et d’offrir à toute une génération de jeunes filles des perspectives plus saines. « Ce choix stratégique traduit l'engagement du Burundi à s'exprimer pleinement dans les efforts mondiaux visant à éliminer le cancer du col de l'utérus comme problème de santé publique », a-t-elle indiqué.
France Bégin, Représentante de l’UNICEF au Burundi et chef de file des partenaires de la santé, a réaffirmé l’engagement des partenaires : « (…) je voudrais réaffirmer l’engagement indéfectible des partenaires de la sante à accompagner le Gouvernement du Burundi dans cette étape historique, notamment à travers l’appui à la communication, à non mobilisation communautaire, au renforcement des capacités et à l’équité dans l’accès aux services de vaccination, afin qu’aucune fille ne soit laissée pour compte, qu’elle soit scolarisée ou non ».
Cette introduction nationale s’appuie sur les résultats probants d’une phase pilote menée dans les provinces de Ngozi et Rumonge, au cours de laquelle plus de 12 000 jeunes filles ont été vaccinées avec une couverture de 85 %, démontrant la faisabilité de l’intervention et l’adhésion des communautés. Au-delà de ces résultats encourageants, cette phase pilote a surtout permis de lever les inquiétudes et de renforcer la confiance au sein des familles, comme en témoigne l’expérience vécue par l’une des jeunes femmes bénéficiaires dans la province de Ngozi: « J’ai eu la chance d’être vaccinée il y a huit ans. À l’époque, il y avait beaucoup de rumeurs : on disait notamment que le vaccin pouvait rendre les femmes infertiles. Mais je n’ai pas voulu rater cette opportunité, surtout parce que j’avais une tante qui est décédée de ce cancer et je sais combien elle a souffert. Aujourd’hui, je suis mariée et mère d’un enfant. Je n’ai jamais eu de problème, ni allergie ni complication, contrairement à ce qui se disait », a-t-elle confié.
La Première Dame promeut la vaccination contre le HPV comme un investissement salvateur pour les familles
Lors de son allocution officielle marquant l’introduction du vaccin contre le VPH, la Première Dame de la République du Burundi a qualifié cette initiative de « réponse attendue de longue date », soulignant qu’elle constitue un pas décisif vers la protection de l’avenir des familles burundaises. Elle a rappelé que le cancer du col de l’utérus représente une lourde charge humaine et économique pour les ménages, affectant non seulement la santé des femmes mais aussi le développement du pays. Insistant sur l’importance d’agir dès aujourd’hui pour préserver la santé des générations futures, elle a présenté la vaccination comme un véritable investissement pour la vie et a appelé à une mobilisation massive des familles afin que toutes les filles âgées de 9 à 14 ans puissent en bénéficier. Dénonçant fermement les fausses informations entourant ce vaccin, elle a lancé un appel sans équivoque aux parents: « Ce vaccin a été rigoureusement étudié et ne présente aucun danger. J’encourage les parents à faire vacciner leurs enfants sans se laisser tromper ; protégez leur santé et n’hypothéquez pas leur avenir » a-t-elle martelé.
Dans l’ensemble des interventions prononcées lors de la cérémonie, les autorités et partenaires ont unanimement souligné que la réussite de l’introduction du vaccin contre le HPV repose sur une mobilisation collective, impliquant enseignants, leaders communautaires et religieux, autorités administratives et parents. Tous ont insisté sur leur rôle essentiel pour informer, prévenir les rumeurs et renforcer la confiance des communautés, rappelant que ce vaccin n’affecte ni la fertilité ni le développement des jeunes filles, mais constitue au contraire une protection efficace contre une maladie grave et souvent mortelle.
En introduisant ce vaccin, le Burundi rejoint les pays africains engagés dans la prévention du cancer du col de l’utérus et contribue à l’objectif mondial de son élimination d’ici 2030, ouvrant la voie à une génération de filles en meilleure santé et porteuses d’avenir.