La résilience des ménages vulnérables améliorée grâce à l’appui de la BMZ à travers KfW
Les provinces de Kirundo, Karusi, Ruyigi et Rutana bénéficient d’un renforcement de la résilience pour les femmes enceintes et allaitantes ainsi que pour les enfants de moins de cinq ans, grâce à des interventions spécifiques et sensibles à la nutrition.
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Il est environ 10 h dans la province de Ruyigi, commune de Ruyigi, colline Migege. Le temps est nuageux, avec des éclairs ici et là, annonçant une pluie imminente. C’est avec des chants et des cris de joie que plusieurs mamans, tenant leurs enfants dans les bras, regroupées au sein d’un Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN), nous ont accueillis.
Après le mot d’accueil prononcé par le chef de colline, la Maman Lumière (ML) de cette localité a animé une session de sensibilisation sur la préparation d’une alimentation équilibrée et diversifiée, suivie d’une démonstration culinaire. Enfin, elle a servi le repas aux enfants de 6 à 23 mois qui ont participé à la session. Des poudres de micronutriments ont été ajoutées au repas afin de fortifier ces aliments et d’améliorer, par conséquent, le statut nutritionnel des enfants.
"Une identification des ménages vulnérables ayant soit une femme enceinte, soit une femme allaitante, ou un enfant de 6 à 23 mois a été organisée sur notre colline. J’ai été retenue comme bénéficiaire car j’étais enceinte de deux mois et je remplissais tous les autres critères évoqués. Dès lors, j’ai bénéficié de plusieurs interventions du projet, dont le transfert d'argent, que j’ai utilisé pour l’achat de chèvres, de poules et de lapins, ainsi que pour adhérer à une Association Villageoise d’Épargne et de Crédit (AVEC)", raconte Emelyne Niyongabire, 25 ans, mère de deux enfants. Elle est l'une des bénéficiaires du projet "Renforcement de la résilience communautaire et prévention de la malnutrition" dans la province de Ruyigi.
Emelyne a utilisé l’autre partie du transfert d’argent pour l’achat d’aliments nutritifs et a également bénéficié de la farine fortifiée, qu’elle a consommée tout au long de sa grossesse. Elle a également reçu des conseils nutritionnels sur les bonnes pratiques alimentaires de la part des ML et des agents de santé communautaire (ASC) à travers les FARN, où des séances de démonstrations culinaires étaient aussi organisées.
"J’ai poursuivi l’allaitement maternel exclusif, et quand mon enfant a atteint 6 mois, il a commencé à recevoir des biscuits (intrants nutritionnels spécialisés) et des poudres de micronutriments, qui lui ont donné beaucoup d’appétit. Actuellement, il pèse 12 kg. Je suis ravie d’avoir eu accès à toutes ces informations. Mes enfants sont actuellement en très bonne santé et n’ont jamais souffert de malnutrition. Je sais maintenant comment préparer une alimentation équilibrée et respecter la fréquence des repas", se réjouit-elle.
Emelyne et ses pairs reçoivent une boîte de 30 sachets de poudre de micronutriments tous les deux mois, qu’elles mélangent avec des aliments semi-solides et tièdes, dans une quantité adaptée à l’enfant. Elles saluent les interventions du projet, qui ont considérablement amélioré leurs connaissances sur la nutrition des enfants, des femmes enceintes et allaitantes. Elles ne cessent de partager leurs acquis avec leurs amies et membres de leur famille qui ne font pas partie du programme.
Le projet "Renforcement de la résilience communautaire et prévention de la malnutrition" vise à prévenir la malnutrition et à renforcer la résilience au niveau communautaire au Burundi. Il contribue à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés vulnérables dans les provinces de Kirundo, Karusi, Ruyigi et Rutana, par la mise en œuvre d'un ensemble complet d'interventions multisectorielles sensibles et spécifiques à la nutrition.
Bernadette Sinigirira, 50 ans, qui a accueilli son petit-fils après le décès de sa mère, partage également son témoignage :
"Mon petit-fils, Nkeshimana Jackson, a perdu sa mère quand il avait seulement 3 mois. Malheureusement, il n’a pas eu la chance d’être allaité exclusivement. Comme je ne pouvais pas obtenir de lait de vache pour lui, j’ai immédiatement commencé à lui préparer de la bouillie et des aliments comme des pâtes et de la sauce", témoigne-t-elle.
À partir de 4 mois, Jackson a commencé à souffrir d’épisodes répétés de diarrhées et de fièvre. Sa grand-mère l’amenait alors au centre de santé le plus proche pour des soins. On lui administrait des médicaments, mais quelques jours après, il retombait malade. La situation a empiré jusqu’à ce qu’il tombe dans un état de malnutrition aiguë sévère. À 9 mois, il pesait seulement 5 kg. Il a été admis dans un service de traitement ambulatoire et a été soigné avec Plumpy’Nut.
"Après sa sortie du STA, j’ai constaté une nette amélioration. Il a ensuite intégré le FARN, où il a bénéficié d’un repas nutritif et équilibré pendant 12 jours. J’ai également reçu des conseils sur la préparation d’une alimentation saine et équilibrée. Aujourd’hui, il mange beaucoup de fruits et a bien grandi. Je suis très reconnaissante, car grâce à cette prise en charge de la malnutrition aiguë, mon petit-fils, qui a maintenant 2 ans, pèse 12 kg", conclut-elle.
Grâce à l’appui financier de BMZ à travers KfW, ce projet conjoint, piloté par le PAM et l’UNICEF, est mis en œuvre par les partenaires WeWorld Groupe de Volontariat Civique (GVC) dans les provinces de Rutana et Ruyigi, ainsi que Concern Worldwide dans les provinces de Karusi et Kirundo. Ce projet a suscité une immense gratitude de la part des communautés.
L’UNICEF intervient dans la nutrition communautaire et la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère dans les centres de santé et les hôpitaux. Le PAM, quant à lui, intervient dans le renforcement de la résilience des ménages, des femmes enceintes et allaitantes, des enfants de moins de 5 ans, des adolescentes et des individus vulnérables.