Grâce au soutien de l’USAID, l’UNICEF appuie la fourniture de soins de qualité aux enfants malnutris

Une délégation de l’USAID a effectué une visite de suivi des interventions dans les provinces de Muyinga et Kirundo du 16 au 18 janvier 2024 pour s’imprégner de l’évolution de la mise en œuvre et l’impact du projet

Odette Kwizera
La délégation de USAID/BHA visite une famille dont un enfant est guéri de malnutrition après une prise en charge dans un centre nutritionnel, commune Gasorwe
UNICEF Burundi/2024/Odette Kwizera
19 janvier 2024

Le temps était chaud et ensoleillé sur la colline Kizi, dans la commune de Gasorwe, province de Muyinga. Accompagnée des employés du PAM et de l’UNICEF, la délégation de l’USAID a parcouru à pied quelques minutes pour rencontrer la famille de Ciella, une fillette de 3 ans récemment guérie de malnutrition aigüe sévère, après trois mois de prise en charge au service de stabilisation thérapeutique et dans la structure de traitement ambulatoire (STA) du district sanitaire de Muyinga. Gertrude, sa mère, nous a accueillis avec un sourire. Son expression s’est illuminée davantage en apprenant que ses visiteurs travaillaient pour l’USAID, grâce auquel le traitement de sa fille a été rendu possible.  
Ciella avait été diagnostiquée avec une malnutrition aigüe sévère quelques mois auparavant, lors d'une session de dépistage dans sa localité, avant d'être transférée au service de stabilisation thérapeutique du district sanitaire de Muyinga pour un traitement approprié. "Je suis sans mots pour exprimer ma gratitude envers ceux dont le soutien a permis de soigner mon enfant," a-t-elle dit, tout sourire. Gertrude s'est remémorée les symptômes alarmants : "Ma fille perdait du poids du jour au lendemain, elle souffrait souvent de diarrhée, de fièvre et parfois de paludisme. Elle n'avait plus d'appétit," a-t-elle raconté. Après deux semaines de traitement au service de stabilisation thérapeutique, Ciella a été orientée vers le STA du district sanitaire de Muyinga, où elle a été prise en charge pendant deux mois et demi, avec des rendez-vous hebdomadaires.

Au cours de son séjour à l'hôpital de Muyinga et au centre de santé du district, Gertrude a enrichi ses connaissances sur les pratiques nutritionnelles adéquates. "Je sais maintenant comment préparer une alimentation équilibrée pour mes enfants et ma famille" a-t-elle affirmé fièrement.

 Visite de la délégation au service de stabilisation thérapeutique du district sanitaire de Muyinga
UNICEF Burundi/2024/Odette Kwizera Visite de la délégation au service de stabilisation thérapeutique du district sanitaire de Muyinga

Le service de stabilisation thérapeutique du district sanitaire de Muyinga est l'un des trois de la province. Il accueille des cas de malnutrition aigüe sévère avec complications médicales, référés par 23 services thérapeutiques ambulatoires (STA).

En moyenne, dix enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère sont traités dans ce service chaque mois. Lors de notre visite, quatre enfants atteints de malnutrition aigüe sévère avec complications médicales recevaient un traitement à base de lait thérapeutique et de médicaments. Les discussions avec les mères ont révélé une réalité commune : la malnutrition résulte souvent de la pauvreté familiale, de l'insécurité, de faibles productions agricoles, du chômage et d'un manque de connaissances nutritionnelles.

Le cas d'Eugénie Ntibihonyora est emblématique. Elle et son mari, rapatriés de Tanzanie avec huit enfants à charge, manquent de terres cultivables et son mari ne parvient pas à trouver un emploi stable. "La maladie de mon fils est due à une alimentation inadéquate. Quand j'ai décidé de l'emmener au centre de santé le plus proche, il avait perdu beaucoup de poids, il avait de la fièvre et semblait extrêmement anémique. Après le dépistage, mon fils a été transféré au service de stabilisation thérapeutique," témoigne-t-elle, pleine d'espoir pour la santé de son fils.  

Dans la province de Kirundo, la visite de la délégation au Centre nutritionnel de Vumbi a coïncidé avec le jour de traitement des enfants malnutris. À leur arrivée, des centaines de mères, leurs enfants dans les bras, étaient déjà présentes. Les échanges avec elles et le personnel du centre de santé ont permis de comprendre comment le centre de Vumbi assure une prise en charge intégrée de la malnutrition aigüe.

La délégation de l'USAID échange avec le personnel soignant du centre de sante de Vumbi et les mamans d’enfants malnutris qui y sont prise en charge
UNICEF Burundi/2024/Odette Kwizera La délégation de l'USAID échange avec le personnel soignant du centre de sante de Vumbi et les mamans d’enfants malnutris qui y sont prise en charge
 La délégation assiste à la distribution des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi pour le traitement de la MAS
UNICEF Burundi/2024/Odette Kwizera La délégation assiste à la distribution des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi pour le traitement de la MAS

Selon le responsable du centre, tout débute par le dépistage des enfants malnutris et des femmes enceintes et allaitantes, au niveau communautaire et au centre de santé, avec le soutien des agents de santé communautaires et des Mamans Lumières. Les enfants identifiés comme souffrant de malnutrition aigüe sévère sont référés au centre de santé pour confirmation et traitement. Les cas modérés confirmés sont pris en charge par le Service de Supplémentation Nutritionnelle, avec l’appui du PAM, tandis que ceux avec une malnutrition aigüe sévère sans complications sont traités dans le Service Thérapeutique Ambulatoire, soutenu par l'UNICEF, et ceux avec complications, dans le Service de Stabilisation Thérapeutique, également avec le soutien de l'UNICEF.    

Grâce au financement du Bureau pour l’Assistance Humanitaire de l’USAID, l’UNICEF, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique, déploie un programme de prise en charge de la malnutrition aigüe sévère chez les enfants de moins de cinq ans dans les 18 provinces du Burundi. Au cours de l'année 2023, plus de 54 000 nouveaux cas ont été admis et traités à travers le pays. Plus de 1 000 prestataires de soins de santé et de nutrition ont été formés selon le protocole national de prise en charge de la malnutrition aigüe, et plus de 1 200 gestionnaires de pharmacies ont été formés à la gestion de la chaîne d'approvisionnement pour les intrants nutritionnels et les médicaments.