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Véronique, témoignage d’un investissement qui change des vies

Des centaines de filles franchissent les barrières sociales et économiques pour poursuivre des études post-primaires et secondaires au Burkina Faso

Yeri Audrey Kambire
Véronique Kaboré, 20 ans, étudiante en première année de génie industriel et maintenance à l’université Nazi Boni de Koudougou, Région du Centre-Ouest du Burkina Faso
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambire
25 juillet 2025

C’est le premier jour des travaux dirigés pour sa classe à l’université Nazi Boni. Passionnée de mécanique et avide de pratique, Véronique attend avec impatience de découvrir la salle d’atelier. Elle s’y voit déjà, en train d’appliquer les cours théoriques, entourée de machines, d’outils, et d’avenir.

Véronique Kaboré, 20 ans, est étudiante en première année de génie industriel et maintenance. Elle est consciente que sa présence à Bobo-Dioulasso n’est pas un hasard, mais le fruit d’un soutien essentiel.

Avec enthousiasme et une fierté discrète, elle confie :
« De toutes les filles avec qui j’ai fréquenté l’école primaire, je suis la seule à avoir obtenu le baccalauréat. Les autres ont abandonné, faute de moyens ou à cause de grossesses précoces. Mon internat au centre et le soutien que j’ai reçu m’ont protégée et permis de réussir. »

À la bibliothèque universitaire, Véronique cherche un ouvrage pour approfondir ses recherches
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambire À la bibliothèque universitaire, Véronique cherche un ouvrage pour approfondir ses recherches

Grâce au financement de la L’OCCITANE Foundation, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN) et l’UNICEF favorisent l’accès, l'achèvement et la réussite scolaire de 1000 adolescentes et jeunes filles de la région du Centre-Ouest au post-primaire, d’octobre 2021 à septembre 2025. Véronique fait partie de ces jeunes bénéficiaires.

La jeune étudiante est une preuve vivante qu’un soutien, même modeste, peut ouvrir les portes d’un avenir insoupçonné. Originaire de Kidim, une commune rurale de Koudougou dans la région du Centre-Ouest, son parcours aurait pu s’arrêter bien plus tôt. Issue d’une famille modeste de sept enfants, ses parents n’avaient pas les moyens de financer les études de chacun jusqu’à l’université. Mais à la veille de la rentrée en 6ᵉ, tout a changé. Une bonne nouvelle est tombée : Véronique est retenue pour intégrer le centre d’accueil et de formation féminine Béthel à Koudougou, soutenu par l’UNICEF grâce au financement de L’OCCITANE Foundation.

Au centre, tout est mis en œuvre pour garantir à chaque fille les conditions nécessaires à sa réussite. De la 6ᵉ à la Terminale, Véronique y a été hébergée, nourrie, suivie. Sa scolarité et ses fournitures ont été prises en charge. Elle a même reçu deux vélos, l’un en 6ᵉ, l’autre plus tard en 3ᵉ, pour faciliter ses déplacements.

« En plus des études, on nous apprenait à vivre en communauté. C’est ce qui m’a aidée à mieux m’adapter en arrivant à l’université, dans une ville autre que la mienne », explique-t-elle.

Véronique et ses camarades de la filière Génie industriel et maintenance attendent le début des cours
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambire Véronique et ses camarades de la filière Génie industriel et maintenance attendent le début des cours

Depuis octobre 2021, quatre centres comme celui de Béthel bénéficient de l’appui de l’UNICEF dans les localités de Koudougou, Sapouy, Réo et Léo. Ce programme repose sur une approche holistique. Il comprend la prise en charge des frais de scolarité, la dotation en fournitures scolaires, en vélos, lampes solaires, matelas, chaises métalliques, mais aussi un soutien alimentaire, hygiénique et un encadrement pédagogique renforcé.

Madame Kaboré Gloria, la coordonnatrice du centre Béthel, veille avec affection sur ces filles qu’elle considère comme ses propres enfants :
« Quand j’étais jeune, j’ai vu trop de filles abandonner l’école. Certaines étaient exploitées chez des tuteurs, d’autres renvoyées parce que leurs parents ne pouvaient pas payer. Beaucoup finissaient piégées dans des relations qui les exposaient aux grossesses précoces. Il fallait faire quelque chose », explique-t-elle.

Madame Kaboré Gloria, coordonnatrice du centre Béthel est accompagnée des pensionnaires
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambire Madame Kaboré Gloria, coordonnatrice du centre Béthel est accompagnée des pensionnaires

Bien qu’ayant principalement ciblé 1000 adolescentes et jeunes filles en situation de vulnérabilité, le projet d’éducation soutenu par L’OCCITANE Foundation a bénéficié à une cinquantaine de garçons et d’autres enfants vulnérables au Burkina Faso.

Aujourd’hui, Véronique est déterminée à aller loin. Elle rêve de devenir ingénieure en maintenance industrielle et, plus tard, enseignante à l’université. Elle veut montrer que les filles aussi peuvent exceller dans les métiers techniques.

« J’encourage mes jeunes sœurs qui sont toujours au centre, à se concentrer sur leurs études. Il faut respecter les règles, avoir la moyenne à l’école, et ne pas décevoir ceux qui croient en nous. En plus, je souhaite que l’UNICEF continue à soutenir la scolarisation des filles. Les pesanteurs sociales sont fortes, les tentations nombreuses. Le centre est un abri, une protection », plaide-t-elle.

Véronique effectue une installation électrique
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambire Véronique effectue une installation électrique

L’UNICEF remercie L’OCCITANE Foundation pour son engagement en faveur des enfants et des femmes au Burkina Faso. Grâce à son soutien, Véronique construit petit à petit sa vie et rêve d’un avenir radieux.