Du foyer coranique à l’école : le PREPET ouvre des horizons
Grâce au projet PREPET, des milliers d’enfants talibés accèdent à l’éducation et à une meilleure protection au Burkina Faso. Un projet porté par le gouvernement, l’UNICEF et l’Union européenne pour protéger et éduquer les enfants talibés.
Quand l’éducation ouvre les possibilités
Aminata a 13 ans, est talibé, vivant au secteur 3 de Dédougou. Elle voit aujourd’hui son quotidien transformé grâce au Projet de renforcement de l’éducation et de la protection des enfants talibés (PREPET). Avant, elle passait ses journées à suivre uniquement l’école coranique, mais maintenant, elle a appris à lire, écrire, dessiner, et même à chanter. Elle rêve désormais d’un avenir plein d’espoir, où elle pourra aller à l’école comme tous les enfants et réaliser ses ambitions.
« Quand je suis arrivée, je ne savais pas écrire mon nom. Maintenant, je peux le faire grâce à ce que la maîtresse nous a appris », raconte-t-elle fièrement.
Le PREPET est mis en œuvre par le gouvernement du Burkina Faso et l’UNICEF, avec le financement de l’Union Européenne, et répond aux besoins urgents d’éducation et de protection des enfants talibés, souvent marginalisés. Le projet a déjà permis la mise en place de 93 centres de Scolarisation Accélérée, touchant 2 790 enfants à travers des parcours éducatifs adaptés.
Aux côtés d’Aminata, Amadou, 13 ans, partage la même joie d’apprendre et nourrit le rêve de poursuivre sa scolarité après les cours de sept mois dispensés par le projet.
Former les animateurs et maîtres coraniques pour une éducation plus inclusive et protectrice
Maître coranique engagé, Oumarou encadre et veille sur une cinquantaine d’enfants. Convaincu de l’importance de leur offrir un meilleur avenir, il a accueilli avec confiance et ouverture l’initiative de scolarisation de ses talibés.
« Ce projet permet aux enfants d’amplifier leur vision de la vie. Certains ne mendieront plus dans la rue, car ils seront à l’école », dit Oumarou, maitre coranique.
Pour que l’initiative puisse être portée par les communautés et porter du fruit durable, les animateurs et les maitres coraniques ont été formés sur les thématiques de l’inclusion, la paix, la cohésion sociale, la qualité des enseignements -apprentissages et l’environnement d’apprentissage. Ils ont été également sensibilisés sur la protection de l’enfant.
Comme les maîtres coraniques, les animateurs ont bénéficié d’une formation spécifique pour mieux accompagner les enfants talibés. Kinda Aicha en est l’une de ces actrices. Après un mois de formation intensive en pédagogie et en méthodes adaptées, elle a pris en charge une classe de 25 talibés, dont cinq filles. Chaque jour, elle s’investit pour contribuer à leur ouvrir les portes d’un nouvel avenir.
« La particularité de ces classes est que ces enfants n’avaient aucune notion de l’école ; ils avaient seulement suivi une formation coranique. Nous leur avons donc ajouté des connaissances scolaires, ainsi que des enseignements sur la vie sociale », explique Aicha.
Comme les enfants parlent déjà dioula, l’une des langues locales du Burkina Faso, les animateurs ont d’abord commencé par leur apprendre à lire et écrire en dioula pendant deux mois. Puis, au cours des cinq mois suivants, ils ont entamé l’apprentissage du français, incluant la lecture, l’écriture, le calcul, ainsi que des notions pratiques de vie sociale.
« Au départ, il était difficile de faire adhérer les enfants, mais peu à peu, ils ont collaboré. Certains apprennent vite, d’autres demandent plus de temps. Notre objectif est qu’ils arrêtent de mendier et deviennent les cadres de demain. », ajoute-t-elle.
Des résultats mesurables au cœur des communautés
Le projet a démarré en mai 2025 et s’est achevé en novembre 2025. Il repose sur trois volets : protection, éducation et formation professionnelle. À l’issue de ces sept mois de cours, les enfants les plus jeunes âgés de 9 à 14 ans, pourront continuer à l’école, à partir du CE1 ou CE2, tandis que les plus âgés bénéficieront de formations professionnelles.
A Dédougou dans la région de Bankui, le volet Stratégie de Scolarisation Accélérée/Passerelles (SSAP) est mise en œuvre par l’Association formation développement ruralité (AFDR).
« Le PREPET a permis à plusieurs enfants talibés de sortir de la marginalisation, d’acquérir des compétences scolaires et professionnelles afin de construire un futur meilleur » précise Etienne Ouédraogo, chargé de projet à l’AFDR.
Le projet a permis à 2 700 enfants talibés d’accéder à des documents d’état civil, une étape essentielle pour la reconnaissance de leurs droits. Par ailleurs, 2 790 enfants talibés ont bénéficié d’alternatives éducatives adaptées aux réalités des foyers coraniques, leur offrant ainsi une chance d’apprendre dans un cadre respectueux de leur contexte.
Mais l’impact du projet ne s’arrête pas aux plus jeunes. 1 500 adolescents ont suivi des formations professionnelles alignées sur les besoins locaux, renforçant leur résilience et leur autonomie économique. En parallèle, 600 maîtres coraniques ont bénéficié de sessions de renforcement des compétences parentales, favorisant un encadrement plus protecteur et bienveillant des enfants.
Dans les régions de Bankui et de Guirinko, le PREPET est bien plus qu’un projet éducatif : il redonne espoir aux enfants et adolescents talibés, transforme leurs conditions de vie, protège leurs droits fondamentaux et ouvre la voie à un avenir plus juste et plus prometteur pour l’ensemble de la communauté.
L’UNICEF remercie l’Union européenne pour son soutien déterminant à la protection et à la transformation des vies des enfants, des adolescents et de leurs communautés.