« Boundo » : l’espace sûr où les femmes retrouvent dignité et autonomie
L’espace sûr à Dedougou offre aux femmes et aux victimes de violences un refuge où elles peuvent se confier, se reconstruire et apprendre à devenir autonomes. Grâce à un accompagnement psychosocial, ces femmes retrouvent dignité, confiance en elles.
« Boundo » qui signifie en dioula, “le lieu secret ou de confidence”, est le nom que les jeunes filles et les femmes ont donné à l’espace sûr de Dédougou dans la région des Bankui ex-Boucle du Mouhoun. Dans cet espace, elles ont trouvé un abri où elles peuvent être valorisée et écoutées sans jugement.
C’est avec un sentiment de fierté et de solidarité féminine que Silla Sirandou, gestionnaire des cas de violences basées sur le genre à CIAUD partage les rencontres avec des jeunes filles et des femmes. Au fur et à mesure, plus de 70 femmes se sont confiées à elle, exprimant leurs peurs, leur stress, et les violences qu’elles ont subies.
« J’écoute les jeunes filles et les femmes survivantes de violence. A partir de l’écoute, j’arrive à identifier leurs besoins. Sur place, je fais l’appui psychosocial pour les rassurer. Ensuite, si elles ont besoin d’autres services, je les oriente vers ces services », dit-elle.
Des parcours de vie transformés
Après avoir quitté sa localité d’origine à cause de l’insécurité et avoir été abandonnée par son mari, Saratou (nom d’emprunt) a pu bénéficier d’un accompagnement psychosocial et de prise en charge pour surmonter cette situation très difficile.
« Avant de bénéficier de l’aide psychosociale, je ne dirais pas que j’étais folle, mais j’étais vide intérieurement. Je ne dormais pas la nuit. Grâce à cette aide, aujourd’hui je vais mieux. J’ai été prise en charge, on m’a apportée des conseils, un soutien psychosocial, et m’a également formée en teinture et aidée avec du matériel pour la fabrication du Kôkô Dunda », témoigne-t-elle.
Grâce au soutien financier du comité national Suisse pour l’UNICEF, l’UNICEF et le ministère de la Famille et de la Solidarité accompagnent les survivantes des violences basées sur le genre, surtout dans les zones éprouvées par l’insécurité ou l’assistance pourrait être monnayée sexuellement. Comme le cas de cette survivante d’abus sexuels.
Rachel (nom d’emprunt) a 17 ans et est l’aînée de sa famille. Lorsque des terroristes ont attaqué leur village, son père n’a pas survécu. Avec sa mère et son petit frère, elle a trouvé refuge à Dédougou dans un site pour personnes déplacées avant de trouver un logement. Un jour, elle a rencontré un jeune homme dans la rue qui lui a promis une vie meilleure.
« Naïvement, je l’ai suivi, mais à mon arrivée, il y avait trois autres jeunes hommes dans la maison. Pendant quatre jours, j’ai été victime d’abus. Puis le jeune homme m’a ramenée, mais je ne me rappelais même plus son visage. Quelques temps plus tard, j’ai découvert que j’étais enceinte. Ma mère m’a soutenue jusqu’à la naissance de mon enfant », confie-t-elle.
Par la suite, la direction provinciale de la solidarité et de la famille a orienté Rachel vers le projet d’espace sûr, où elle a bénéficié d’un accompagnement psychosocial et d’une formation de son choix.
« J’ai choisi de me former à la coiffure. Après la formation théorique j’ai reçu un kit de démarrage afin de pouvoir lancer mon activité et je suis accompagnée par une formatrice pour la partie pratique. Mon rêve est qu’à la fin de la formation, je puisse m’installer à mon compte pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. », espère-t-elle.
Mis en œuvre par le comité internationale pour l’aide d’urgence et le développement (CIAUD), le projet Prevention atténuation et réponse aux violences basées sur le genre et la prévention des abus sexuels (VBG/EAS) dans la région du Bankui a débuté en juin 2025 et finit en février 2026. Il comprend la protection de l’enfance en termes d’assistance pour les actes de naissance, la prévention et la prise en charge des VGB:/EAS.
À travers ce projet, deux espaces sûrs ont été mis en place dans la région des Bankui ex-Boucle du Mouhoun, permettant à au moins 19 507 femmes de bénéficier, selon leurs besoins, d’un appui psychosocial, de séances de sensibilisation sur les abus, le mariage d’enfants et l’excision, ainsi que de formations aux activités génératrices de revenus (AGR). C’est dans ce contexte qu’Aissata Diallo, chargée de la thématique VBG à l’UNICEF, plaide.
« Nous souhaitons que le projet puisse se poursuivre. Grâce aux sensibilisations et formations, les femmes deviennent vraiment épanouies et autonomes. Si les activités continuent, elles seront financièrement et psychologiquement stables, Cela renforce leur confiance en elles et leur permettra de contribuer financièrement au sein de leur foyer.et de prendre en charge la scolarité de leurs enfants.
Un impact réel et durable
Les femmes bénéficiaires se sont appropriées du projet. Elles confient se sentir en famille et souhaiteraient même après le projet maintenir les liens. Elles transmettent leurs connaissances et soutiennent celles qui n’ont pas reçu de formation ou de capital pour les AGR.
Les associations locales continuent de les accueillir et de leur fournir des opportunités de travail. Ce mécanisme renforce une véritable chaîne de solidarité et permet aux femmes de maintenir leurs activités et leur autonomie sur un long terme.
Les espaces sûrs comme « Boundo » offrent aux femmes victimes de violences un lieu d’écoute, de soutien et d’autonomisation. Grâce à la combinaison d’appui psychosocial, de formations et d’activités rémunératrices génératrices de revenus (AGR) notamment à la culture maraîchère, la teinture, la production de savon et d’épices locales les femmes retrouvent confiance en elles, dignité et indépendance financière. Ces initiatives, financées par le comité suisse montre l’impact réel d’un accompagnement holistique et participatif dans la vie des communautés vulnérables. Certains de leurs besoins, à payer la scolarité de leurs enfants et à contribuer au sein de leur communauté.