L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
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L’enlèvement d’enfants, un phénomène à bannir

Mettre fin à l’enlèvement des enfants, une priorité des communautés, des autorités et des partenaires pour garantir la sécurité, le bien-être et l’avenir des enfants.

Estelle Lompo
Nafi (nom d’emprunt), originaire de la région du Yadga au Burkina Faso, a été victime d’enlèvement.
UNICEF Burkina Faso/2025/Lompo
19 janvier 2026

Nafi (nom d’emprunt),17 ans, est élève en classe de 3ᵉ et originaire de Kouentenga, un village situé à quelques kilomètres de Yako dans la région du Nord au Burkina Faso. Elle vit avec sa mère et l’accompagne régulièrement vendre des gâteaux au marché , contribuant ainsi à satisfaire les besoins quotidiens de sa famille.

Nafi était loin de s’imaginer que sa vie allait prendre subitement une autre tournure. Alors qu’elle se trouvait au marché avec sa mère, un homme âgé de plus de 55 ans l’aborda et lui fit des avances qu’elle refusa fermement. Malgré ce refus clair, ce dernier revint à plusieurs reprises et insista, allant jusqu’à menacer de l’enlever.

« Après mon refus, il m’a juré que je le rejoindrai chez lui de mon propre gré », témoigne Nafi.

Sous l’effet de la manipulation psychologique, Nafi quitta à trois reprises le domicile familial pour rejoindre son ravisseur.

« C’était comme si une force invisible me poussait. Sans même m’en rendre compte, et malgré la présence de mes parents à la maison, j’escaladais le mur pour aller le retrouver », explique-t-elle avec peine.

Nafi s’est retrouvée dans un état de grande vulnérabilité, marquée par des troubles de la mémoire.

« Je ne me sentais pas bien, j’avais perdu la mémoire et je ne jouissais plus de toutes mes facultés. Mais grâce au soutien de ma famille, aujourd’hui, je me porte mieux », confie-t-elle.

Nafi (de dos) s’est vue manipulée par son ravisseur. A	 plusieurs reprises, elle a quitté son domicile pour aller le retrouver.
UNICEF Burkina Faso/2025/Lompo Nafi (de dos) s’est vue manipulée par son ravisseur. A plusieurs reprises, elle a quitté son domicile pour aller le retrouver.

Grâce à l’accompagnement de Groupe d’Appui en Santé, Communication et Développement ’ (GASCODE) (), partenaire clé de l’UNICEF, Nafi bénéficie d’un suivi psychosocial et d’une réinsertion sociale. Aujourd’hui, malgré la douleur, elle fait preuve de résilience, poursuit ses études et nourrit le rêve de devenir policière, afin de protéger à son tour les autres.

Une cicatrice laissée à vie

Soraya (nom d’emprunt) âgée de 15 ans, orpheline de père, vit avec sa mère à Yako. Pleine d’espoir, elle devait bénéficier d’une formation en tatouage, un projet qui, malheureusement, n’aboutira pas.

En effet, sa vie bascule brutalement lorsqu’elle est victime d’un enlèvement suivi d’une séquestration qui durera neuf jours, un drame qui brise son innocence et bouleverse son parcours.

Son ravisseur, un orpailleur d’une trentaine d’années, l’aurait enlevée de force et retenue contre sa volonté, une expérience qui a profondément marqué l’adolescente.« Il me forçait la main. Quand j’y pense, j’ai toujours mal, et j’ai peur de revivre la même situation », murmure-t-elle.

Après l’enlèvement de Soraya, GASCODE, avec l’appui des services du ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale (MAHSN) et de l’UNICEF, s’est rapidement mobilisé pour lui venir en aide. Elle a ensuite été conduite au centre médical de Yako, où elle a subi des examens médicaux pour évaluer son état de santé. L’adolescente reçoit un soutien psychosocial conjointement Assuré par GASCODE et le service régional de l’Action sociale. 

Tout comme Nafi, Soraya refuse de se laisser définir par cette épreuve et garde espoir d’un meilleur lendemain. « Je rêve de devenir une grande couturière », dit-t-elle avec fermeté.

Les actions menées en faveur de Nafi et Soraya ont été rendues possibles grâce au Programme mondial conjoint UNFPA–UNICEF, une initiative phare lancée en 2015 dans 12 des pays où la prévalence du mariage d’enfants est la plus élevée, dont le Burkina Faso. Le Programme vise à mettre fin au mariage d'enfants, défend le droit des adolescentes de ne pas se marier et de ne pas tomber enceintes, tout en leur permettant de réaliser leurs rêves grâce à l’éducation et par d’autres voies.

Soraya, perdue dans ses pensées depuis l’expérience douloureuse qu’elle a vécue dans la région du Yadga.au Burkina Faso
UNICEF Burkina Faso/2025/Lompo Soraya, perdue dans ses pensées depuis l’expérience douloureuse qu’elle a vécue dans la région du Yadga.au Burkina Faso

L’engagement communautaire pour prévenir les violences

À Yako, l’engagement des leaders communautaires joue un rôle clé dans la prévention des violences faites aux enfants. Ils ont été formés en matière de protection de l’enfant, et ils sensibilisent contre l’enlèvement ou le mariage d’enfants. Le Tansoba (Chef des Terres) de Yako, également premier vice-président de la commune, œuvre activement pour l’abandon des mariages d’enfants. « Autrefois, certaines coutumes étaient appliquées sans être remises en question, car nous pensions qu’elles étaient bénéfiques. Aujourd’hui, nous avons compris que toutes les traditions ne protègent pas les enfants, et nous œuvrons activement pour y mettre fin », explique-t-il.

Le Tansoba de Yako avec ses valets dans la région du Yadga au Burkina Faso
UNICEF Burkina Faso/2025/Lompo Le Tansoba de Yako avec ses valets dans la région du Yadga au Burkina Faso

En collaboration avec les associations et les ONG, les chefs coutumiers, s’impliquent dans la diffusion des messages de sensibilisation au sein des villages.

Au Burkina Faso, le programme conjoint UNFPA-UNICEF a pour objectif principal de mettre fin aux pratiques néfastes telles que le mariage d’enfants, en cherchant à transformer les normes sociales et de genre, à renforcer les cadres juridiques et politiques, et à améliorer l’accès des filles à l’éducation, à la santé et à la protection.