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Les chefs traditionnels et coutumiers s’engagent pour les droits de l’enfant au Burkina Faso

Le forum a rassemblé pendant trois jours 26 chefs venus de toutes les régions du Burkina Faso

Roland Zongo
Les chefs traditionnels et coutumiers s’engagent pour les droits de l’enfant au Burkina Faso
UNICEF/2025/Zongo
26 décembre 2025

Le Forum national des chefs traditionnels et coutumiers pour la protection des droits de l’enfant et la promotion de normes sociales positives s’est ouvert le mardi 26 août à Koudougou, sous la présidence du Gouverneur de la région du Nando, Adama Jean Yves Béré.

Organisé par l’association Rayimi Issouka en partenariat avec l’UNICEF, le forum a rassemblé pendant trois jours 26 chefs venus de toutes les régions du Burkina Faso. Cette rencontre constitue une étape majeure dans l’implication du leadership coutumier dans la défense des droits fondamentaux des enfants et des femmes.

Un contexte préoccupant pour les enfants

Naaba Saaga 1er chef traditionnel d’Issouka et président de l’association Rayimi Issouka, prend la parole lors de la cérémonie d’ouverture en présence d’Adama Jean Yves Béré, gouverneur de la région du Nando et Dan Rono, Représentant adjoint a.i de l’UNICEF.
UNICEF/2025/Zongo Naaba Saaga 1er chef traditionnel d’Issouka et président de l’association Rayimi Issouka, prend la parole lors de la cérémonie d’ouverture en présence d’Adama Jean Yves Béré, gouverneur de la région du Nando et Dan Rono, Représentant adjoint a.i de l’UNICEF.

Le Burkina Faso traverse une période difficile. La crise sécuritaire a privé des millions d’enfants de leur droit à l’éducation, alors qu’un enfant de moins de cinq ans sur dix souffre de malnutrition aiguë dans les zones les plus touchées. Les pratiques néfastes comme le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines et autres abus, persistent encore dans plusieurs communautés.

Face à ces défis, l’implication des chefs traditionnels est essentielle. Leur rôle et leur influence au sein des communautés peuvent contribuer à accélérer la transformation des normes sociales et créer un environnement protecteur pour chaque enfant.

Dan Rono, Chef de la Protection de l’enfant à l’UNICEF et Représentant adjoint a.i.
UNICEF/2025/Zongo Dan Rono, Chef de la Protection de l’enfant à l’UNICEF et Représentant adjoint a.i.

« Vous, chefs traditionnels, êtes écoutés, respectés et suivis. Votre parole a du poids. Votre engagement est essentiel pour envoyer tous les enfants à l’école, lutter contre les mariages précoces et promouvoir la santé, la paix et l’unité. En vous engageant pour les enfants, vous protégez l’avenir de vos villages et de notre pays », a déclaré Dan Rono, Chef de la protection de l’enfant à l’UNICEF et assurant à l’occasion l’intérim du Représentant adjoint.

Quatre jours pour bâtir des engagements concrets

Les chefs traditionnels et coutumiers ont reçu une communication sur les différentes thématiques de l’UNICEF.
UNICEF/2025/Zongo Les chefs traditionnels et coutumiers ont reçu une communication sur les différentes thématiques de l’UNICEF.

Le forum s’est articulé autour de présentations sur les droits de l’enfant, suivis de groupes de travail et d’ateliers thématiques. Les chefs traditionnels et coutumiers ont débattu des enjeux liés aux pratiques familiales essentielles, à la survie et au développement de l’enfant. 

« Même avant l’arrivée de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), les chefs traditionnels et coutumiers étaient les garants de certains droits, et ils protégeaient les enfants. Il y a des valeurs que nous devons retrouver, pour enrichir la CDE », a déclaré Naaba Saaga 1er, chef tradtitionnel d’Issouka à Koudougou.

Les chefs traditionnels et coutumiers attentifs aux informations qui leur sont données.
UNICEF/2025/Zongo Les chefs traditionnels et coutumiers attentifs aux informations qui leur sont données.

Au-delà de l’atelier, ce forum marque le début d’un mouvement national. En impliquant directement les chefs traditionnels et coutumiers, il ambitionne de renforcer la protection des enfants, de promouvoir des normes sociales positives et de contribuer à une société plus juste et équitable.

Comme l’a rappelé M Rono : « Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir meilleur pour chaque enfant. »

L’engagement signé par les chefs traditionnels et coutumiers lors de forum tenu du 26 au 29 aout à Koudougou au Burkina Faso.
UNICEF/2025/Zongo L’engagement signé par les chefs traditionnels et coutumiers lors de forum tenu du 26 au 29 aout à Koudougou au Burkina Faso.

Le forum s’est achevé sur une note d’espoir pour les enfants. Les chefs ont formulé et signé des engagements pour la protection des droits de l’enfant, et ils ont exprimé leur satisfaction. 

« C’est une chance que les chefs traditionnels et coutumiers aient pu se rencontrer et discuter de la santé, de la nutrition, de la protection de l’enfant, de l’assainissement et du changement de comportement. L’enfant, c’est très sensible. Il faut amener les communautés à discuter entre elles, dans leurs langages », a déclaré l’Émir du Liptako.

La présence du Gouverneur de région, d’une délégation du ministère en charge de la communication et de la culture, et des directeurs régionaux et provinciaux,  témoigne de la volonté de l’Etat d’accompagner les chefs coutumiers et traditionnels dans la promotion et la défense des droits de l’enfant au Burkina Faso.