Les sœurs jumelles déplacées Fadilatou et Neimata ont repris le chemin de l’école
Au Burkina Faso, des cours de transition sont organisés pour faciliter le retour au cursus normal à des milliers d’enfants déplacés et déscolarisés
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Quand Assèta Sawadogo, 52 ans, fuyait la violence qui a happé son village de Damesma, dans le Centre Nord du Burkina Faso, elle se souciait certes de la vie de ses enfants, mais elle était très préoccupée par l’interruption de leur éducation. Arrivée à Kaya, la capitale régionale, elle a voulu les enrôler à l’école tout de suite mais elle n’a pas pu.
« Quand on a fui pour venir ici, on n’a pas pu réinscrire les enfants ici car les salles de classe étaient pleines », relate-t-elle, en retournant dans ses mains, les torches que ses filles utilisent pour s’éclairer et apprendre leurs leçons le soir.
La maison qu’occupent Assèta et sa famille dans les périphéries de Kaya, n’a pas d’électricité. Mais la mère de sept enfants tient à l’éducation et a toujours des torches bien chargées pour que ces filles jumelles Fadilatou et Neimata, âgées de 14 ans, révisent leurs leçons le soir.
Au Burkina Faso, les enfants déplacés qui ont vu leur éducation interrompue ont pu rejoindre pendant les vacances, des cours de rattrapage qui les préparent à la rentrée scolaire prochaine. Alors Assèta a vite fait d’enrôler ses filles dans ces cours.
« Le fait que les filles n’allaient plus à l’école ne nous plaisait pas. Maintenant qu’elles y vont, nous sommes heureux. Les cours de rattrapage sont une bonne chose car les enfants ne vont pas oublier ce qu’ils avaient appris », justifie-t-elle.
D’importants efforts déployées pour réintégrer les enfants déplacés dans le cursus scolaire
« Dans ma classe, j’ai deux sœurs jumelles, Fadilatou et Neimata. Elles ont quitté leur village Damesma pour résider ici à Kaya avec leurs parents. Au début, ce n’était pas facile, mais maintenant, elles sont intéressées. Elles sont actives. Elles participent beaucoup », a dit l’enseignant Youssapha Ouedraogo, satisfait de la motivation des filles d’Assèta.
Le Burkina Faso connait une crise sans précédent qui a obligé 2 millions de personnes à se déplacer de leur foyer, dont plus de la moitié sont des enfants. Avec les efforts du Gouvernement, plus de 1000 écoles ont été rouvertes en 2024, mais avant la crise, 1 enfant sur 2 n’allait pas à l’école.
L’UNICEF accompagne le Gouvernement du Burkina Faso à restaurer le droit à l’éducation de milliers d’enfants. Pour les cours de transition, les élèves et les enseignants sont outillés en matériel scolaire et didactique.
« Après avoir fait l’évaluation, nous dotons les enfants de matériel et d’outils scolaires pour qu’ils puissent suivre les cours, développer des compétences et rejoindre le système éducatif formel », explique Sidney Vasconcelos, Spécialiste en éducation à l’UNICEF.
Avec le financement du Japon, l’UNICEF appuie les cours de transition pour 15.000 enfants déplacés et déscolarisés.
« Nous enseignons des élèves qui n’ont pas pu intégrer les classes du fait des déplacements de certains parents. Nous les recrutons, évaluons leur niveau, et s’il est bon, on les intègre dans les classes supérieures », précise Fatimata Sawadogo, enseignante d’école primaire a Kaya.
Assurer la continuité de l’éducation pour tous les enfants
En 2024, grâce aux programmes soutenus par l’UNICEF, environ 300.000 enfants ont eu un accès direct à des possibilités d’éducation de base formelle ou non formelle, avec la disponibilité d'espaces temporaires d’apprentissage dans les cinq régions les plus affectées par l’insécurité. Dans les zones où les écoles sont fermées ou difficilement accessibles, l’UNICEF a soutenu le programme national d'éducation par la radio pour plus de 460.000 enfants.
Avec l’appui de l’UNICEF, quelque 355.000 enfants ont reçu un soutien psychosocial dans les zones les plus touchées par l’insécurité, comprenant la fourniture de radios solaires ou à manivelle et du matériel scolaire. Pour assurer un environnement d’apprentissage positif, plus de 230.000 enfants ont reçu des kits scolaires individuels, grâce à la campagne Back-to-School 2023 dans 12 des 13 régions du pays.
Grâce aux cours de transition, des enfants déplacés comme Fadilatou et Neimata pourront renouer avec l’éducation, déployer leur plein potentiel et réaliser leur rêve d’avenir.
« Quand nous n’allions pas à l’école, nous n’avions pas de connaissances. Maintenant, nous en avons. Nous voulons devenir des enseignantes pour aider nos petits frères et d’autres enfants », projette Fadilatou.