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Donner aux filles les moyens de rester à l’école et de réussir : l’exemple du centre Bethel

Dans la région de Nando, des centaines de filles bénéficient d’un accompagnement qui leur permet de poursuivre leur scolarité et de se projeter dans l’avenir.

Yeri Audrey Kambire
Donner aux filles les moyens de rester à l’école et de réussir : l’exemple du centre Bethel
UNICEF/2026/Kambiré
10 septembre 2026

Pendant plusieurs mois, chaque matin, Augustine parcourait sept kilomètres à vélo pour se rendre au lycée. Depuis son déplacement de Touba à Koudougou, la jeune fille de 20 ans vivait avec sa grande sœur dans un quartier éloigné de son établissement scolaire.

Son quotidien a changé lorsqu’elle a été retenue pour intégrer le Centre d’hébergement et de formation féminine Béthel, à Koudougou, avec le soutien de l’UNICEF grâce au financement de la Fondation L’OCCITANE.

« J’étais très contente d’avoir été retenue pour le centre. C’est avec enthousiasme que j’ai partagé la nouvelle avec ma grande sœur, qui m’avait proposé de venir visiter d’abord le centre. Quand elle a vu la distance, elle était soulagée de savoir que je serais plus proche du lycée. Elle m’a alors conseillé de saisir cette opportunité et de me concentrer pour réussir au Baccalauréat, car c’était notre objectif », raconte Augustine.

Augustine présente fièrement à sa grande sœur ses relevés de notes du Baccalauréat
UNICEF/2026/Kambiré Augustine présente fièrement à sa grande sœur ses relevés de notes du Baccalauréat.

À son arrivée au centre, Augustine avait une moyenne de 9/20. Dans ce nouvel environnement, elle a progressivement retrouvé de meilleures conditions pour étudier. Hébergée, nourrie et entourée d’autres jeunes filles qui partageaient les mêmes objectifs, elle a pu consacrer davantage de temps à ses études.

« Au centre, nous étudions ensemble dans la cohésion sociale, nous mangeons à notre faim. Pourtant, à la maison, je ne gagnais pas souvent à manger. Je restais à l’école et j’avais souvent des vertiges », explique-t-elle.

Avec de la détermination et grâce à l’accompagnement dont elle a bénéficié, Augustine a finalement obtenu son Baccalauréat série D avec une moyenne de 12/20. Une réussite qui ouvre désormais une nouvelle page de sa vie. Inscrite en sciences économiques et de gestion, elle nourrit déjà une ambition : travailler un jour dans le domaine des affaires étrangères.

Une opportunité qui change un parcours

L’histoire d’Augustine fait écho à celle de nombreuses adolescentes confrontées à des difficultés économiques, sociales ou sécuritaires qui peuvent compromettre leur parcours scolaire. Nadia Gwladys, 18 ans, a, elle aussi, découvert le programme alors qu’elle était en classe de 6e.

« Un agent de la vie scolaire est venu avec une liste disant que les filles qui étaient en difficulté financières, ou qui avaient perdu l’un ou leurs deux parents pouvaient s’inscrire parce qu’il y avait une aide de l’UNICEF. C’est ainsi que je me suis inscrite », se souvient-elle.

Le vélo de Gwladys lui facilite ses déplacements entre le centre et son établissement scolaire grâce au soutien de la Fondation L’OCCITANE.
UNICEF/2026/Kambiré Le vélo de Gwladys lui facilite ses déplacements entre le centre et son établissement scolaire grâce au soutien de la Fondation L’OCCITANE.

Parmi les nombreuses candidates, Gwladys a été retenue avec quatre autres jeunes filles pour intégrer le centre Béthel. Aînée d’une fratrie de cinq enfants, elle a pu compter sur le soutien de ses parents, qui ont accueilli favorablement cette opportunité. Pour sa famille, son admission au centre représentait aussi un soulagement face aux difficultés financières.

Aujourd’hui élève en seconde C au lycée provincial de Koudougou, Gwladys apprécie particulièrement l’environnement d’étude offert par le centre. Cette opportunité représente bien plus qu’un hébergement. Elle lui permet de poursuivre ses études dans un cadre sécurisé et favorable à son épanouissement.

« Au centre, je suis encouragée à travailler avec mes camarades. Quand je les vois en train d’étudier, cela me motive aussi. Nous recevons également des conseils pour éviter les grossesses non désirées, les mariages précoces et l’attitude d’une jeune fille en société. Nous apprenons à prendre soin de notre corps, de nos vêtements et de notre environnement. La cohabitation se passe bien : il y a de l’entente, de l’entraide et de la solidarité. », ajoute Glwadys.

Un environnement pour apprendre, grandir et réussir

Faute de moyens ou en raison des conséquences des crises sociales, économiques et sécuritaires, de nombreuses filles risquent d’interrompre leur éducation après le primaire ou le post-primaire. Certaines sont exposées aux mariages précoces, aux grossesses non désirées ou à différentes formes de violence et d’abus.

Pour Barry Awa Gloria, responsable du centre d’hébergement et de formation des jeunes filles, l’objectif est de créer les conditions nécessaires pour que chaque fille puisse se concentrer sur ses études.

« Cette année, nous avons accueilli une vingtaine de filles déplacées internes. L’accompagnement consiste à mettre les filles dans de bonnes conditions afin qu’elles puissent bien étudier. Je suis contente car au centre, les filles sont vraiment épanouies. Plusieurs réussiront et deviendront des cadres. », explique-t-elle.

Avec bienveillance, Madame Gloria veille au quotidien sur les jeunes filles du Centre Béthel et les accompagne sur le chemin de la réussite.
UNICEF/2026/Kambiré Avec bienveillance, Madame Gloria veille au quotidien sur les jeunes filles du Centre Béthel et les accompagne sur le chemin de la réussite.

Pour répondre à ces défis, le Ministère de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle, le Ministère de la Famille, de la Solidarité nationale et de l'Action humanitaire et l’UNICEF, avec l’appui de la Fondation L’OCCITANE, accompagnent l’éducation des filles vulnérables dans les provinces du Boulkiemdé, du Sanguié, du Ziro et de la Sissili, dans la région du Nando.

Un soutien qui allège aussi les familles

L’accompagnement ne bénéficie pas uniquement aux élèves. Il contribue également à réduire la pression financière qui pèse sur leurs familles. Yaya Traoré, représentant des parents d’enfants accompagnés, en témoigne. Après son déplacement de Tchériba à Koudougou, sa famille a également bénéficié du programme.

« Nous sommes accompagnés pour la scolarité de nos enfants et cela contribue à leur avancement. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Nos dépenses ont considérablement diminué : nos enfants sont logées, nourries, ont des fournitures et des vélos. », s’exprime-t-il avec gratitude.

Yaya Traoré représentant des parents d’enfants est aux côtés de Gloria, responsable du centre, d’Augustine et de Gwladys
UNICEF/2026/Kambiré Yaya Traoré représentant des parents d’enfants est aux côtés de Gloria, responsable du centre, d’Augustine et de Gwladys

Aujourd’hui, Augustine regarde son parcours avec fierté. Celle qui parcourait chaque jour plusieurs kilomètres pour rejoindre son lycée a franchi une étape importante en décrochant son Baccalauréat. Gwladys, elle, poursuit son chemin au lycée avec un rêve précis : devenir électricienne.

 Toutes deux expriment leur reconnaissance « nous remercions les donateurs qui se sont investis pour que nous puissions nous épanouir et réussir dans nos études. Nous leur demandons de continuer à aider nos petites sœurs. »

Au cours de l’année scolaire 2025-2026, le soutien de la Fondation L’OCCITANE a permis d’accompagner 320 élèves du post-primaire et du secondaire dans la région du Nando ainsi que 330 élèves déplacés internes. Cet appui comprend notamment la prise en charge des frais de scolarité, la cantine scolaire, les vélos et leur réparation, les frais d’inscription aux examens ainsi que des cours d’appui pour les élèves en classes d’examen.

L’UNICEF remercie la Fondation L’OCCITANE pour son soutien en faveur des jeunes filles particulièrement vulnérables. Lorsqu’une fille bénéficie d’un environnement favorable pour apprendre, elle peut transformer une opportunité en avenir.