L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
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Le solaire facilite l’accès à l’eau aux femmes et enfants déplacés dans le Sahel

À Dori, huit adductions d'eau potable simplifiées solaires installées par l'UNICEF ont réduit les corvées pour trouver de l’eau.

Myriam Dossou
Le solaire facilite l’accès à l’eau aux femmes et enfants déplacés dans le Sahel
UNICEF/2024/
20 août 2024

C’est à Petit Paris, un quartier un peu excentré de la ville de Dori que vit Dapoa Namountougou, 23 ans, mère de 4 enfants. La violence armée qui a surgi dans son village Kargounol, a fait d’elle et de sa famille des personnes déplacées internes. Elle vit aujourd’hui sur un site de déplacés internes avec d’autres personnes dans la même situation. Vivre sur ce site n’est pas très facile. Pour avoir de l’eau, il faut suivre un véritable chemin du combattant.

« Depuis trois ans que je vis ici, c’est avec la charrette qu'on va à près de trois kilomètres pour chercher de l'eau et on pouvait y passer toute la journée pour avoir juste de quoi préparer et boire. C’était très difficile pour nous », raconte Dapoa.

Dapoa Namountougou puise de l’eau à l’AEPS de Petit Paris à Dori, nord-est Burkina Faso.
UNICEF/2024/MyriamDossou Dapoa Namountougou puise de l’eau à l’AEPS de Petit Paris à Dori, nord-est Burkina Faso.

Au Burkina Faso, plus de 2 millions de personnes sont déplacées, dont plus de 58 pour cent sont des enfants. Ces dernières années, la commune de Dori a accueilli plus de 177.000 déplacés. L’ONEA, la société d’eau de l’Etat qui approvisionne la ville de Dori, n’arrive plus à couvrir les besoins des populations à cause en partie des problèmes sécuritaires persistants dans la région, et les effets du changement climatique.

« Bien avant cette crise, nous sentions une baisse des nappes phréatiques au niveau des points d’eau et de forages. L’eau des forages tarit. Nous sentions bien avant la crise l’effet du changement climatique”, dit Paul Kabore, Directeur régional de l’eau à Dori.

Paul Kabore (3e depuis la gauche), Directeur régional de l’eau à Dori et les staffs de l’UNICEF évaluent les plaques solaires qui alimentent le système d'adduction d'eau simplifié.
UNICEF/2024/Kinda Paul Kabore (3e depuis la gauche), Directeur régional de l’eau à Dori et les staffs de l’UNICEF évaluent les plaques solaires qui alimentent le système d'adduction d'eau simplifié.

Comme Dapoa, Djeneba Dicko doit faire la corvée d’eau. Originaire de Sebba, l’adolescente de 15 ans aide sa mère très âgée et souffrant de mal de dos. Elle devait parcourir des kilomètres pour permettre à sa famille d’avoir un peu d’eau, jusqu’à ce que l’UNICEF apporte une solaution.

« On allait vers d'autres points d'eau et on passait des heures, et même de la journée pour en avoir juste pour préparer et boire. Mais il y a deux mois, l’UNICEF nous offert un point d’eau ici à Petit Paris. Aujourd'hui, on a de l'eau pour préparer, boire et aussi faire la lessive et la vaisselle et bien d’autres choses », explique Djeneba.

Djeneba Dicko vient au point d'eau raccordé au système d'adduction d'eau simplifié à énergie solaire pour desservir sa famille à Dori, nord-est Burkina Faso.
UNICEF/2024/MyriamDossou Djeneba Dicko vient au point d'eau raccordé au système d'adduction d'eau simplifié à énergie solaire pour desservir sa famille à Dori, nord-est Burkina Faso.

A Dori, grâce au financement de l’Agence Française de Développement (AFD), l’UNICEF a pu construire huit adductions d'eau potable simplifiée (AEPS) solaires avec 32 bornes fontaines, réduisant la corvée d’eau pour ménages hôtes et déplacés. Initialement dimensionnées pour couvrir les besoins d’environ 24.000 personnes, les AEPS solaires servent plus de 40.000 personnes hôtes et déplacées. 

Les femmes du quartier de Petit Paris à Dori, nord-est Burkina Faso, marchaient des kilomètres pour aller puiser de l’eau.
UNICEF/2024/MyriamDossou Les femmes du quartier de Petit Paris à Dori, nord-est Burkina Faso, marchaient des kilomètres pour aller puiser de l’eau.

Pour soulager les populations Dori fortement affectées par les effets du changement climatique et un manque d’eau criard, l’UNICEF a construit 10 forages à gros débit et 12 pompes à motricité humaine. Au total, 900 latrines ont également été construites pour réduire les risques de défécation a l’aire libre et rendre plus sain l’environnement des déplacés et des populations hôtes.

L'UNICEF a installé 8 systèmes d'adduction d’eau simplifiés à énergie solaire, pour desservir les familles déplacées et d'accueil à Dori, dans le nord-est du Burkina Faso
UNICEF/2024/Kinda L'UNICEF a installé 8 systèmes d'adduction d’eau simplifiés à énergie solaire, pour desservir les familles déplacées et d'accueil à Dori, dans le nord-est du Burkina Faso

Afin de rendre les ouvrages d’adduction d’eau plus durables, les femmes déplacées se sont organisées pour les entretenir. Sur le site de Petit Paris, c’est Nafissa Sanou qui s’est déplacée de Sebba à cause de l’insécurité, qui est la gérante de l’AEPS.

« Au départ, le point d'eau n'existait pas. Sa construction il y a quelques mois nous a beaucoup soulagés. Le point d'eau est juste à côté de mon domicile, donc je m'occupe du nettoyage de la terrasse et je rappelle aux gens qui viennent puiser qu’il faut respecter les règles d'hygiène sur le point d'eau », témoigne Nafissa.