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Des latrines écologiques : une avancée pour la santé, l’hygiène et le climat

Latrines ECOSAN qui résistent aux inondations, économisent l'eau et recyclent les nutriments en engrais, contribuent au bien-être des habitants de Konandja au Burkina Faso.

Yeri Audrey Kambire
Des latrines écologiques : une avancée pour la santé, l’hygiène et le climat
UNICEF/2025/Kambiré
10 décembre 2025

La dignité, c’est pouvoir se soulager dans l’intimité totale et dans des conditions sûres et hygiéniques. Pour la famille Coulibaly, c’est désormais une réalité.

Pauline, 10 ans, est en classe de CP2. Malgré son jeune âge, l’adolescente ne s’est jamais sentie à l’aise d’« aller aux toilettes » dans la brousse où elle ne se sentait pas en sécurité. 

« Avant que nous n’ayons des latrines, je partais faire mes besoins dans la brousse, où je pouvais être mordue par un serpent. Maintenant, nous avons des latrines où je peux aller sainement et en toute sécurité », témoigne Karidia.

Kardidia se lave les mains après avoir utilisé la latrine ECOSAN à Konandja au Burkina Faso.
UNICEF/2025/Kambiré Kardidia se lave les mains après avoir utilisé la latrine ECOSAN à Konandja au Burkina Faso.

Sa mère, Zoromé Awa, qui vit avec un handicap, exprime, elle aussi, un soulagement. Avant, l’absence de toilettes rendait chaque déplacement difficile pour elle. Aujourd’hui, grâce aux latrines ECOSAN, elle peut enfin utiliser un espace propre et accessible, ce qui lui offre non seulement plus d’autonomie, mais aussi une dignité retrouvée.

« Nous sommes les premiers à recevoir ce modèle de latrines. Elles sont propres, confortables, et nous protègent. Quand on y entre, on se sent à l’aise. Autrefois, nous devions aller dans la brousse, ce qui était honteux et dangereux. Certaines personnes attrapaient des maladies aux pieds en marchant sur des excréments, », souligne-t-elle.

Awa et sa fille Kadidia sont contentes de bénéficier des latrines ECOSAN
UNICEF/2025/Kambiré Awa et sa fille Kadidia sont contentes de bénéficier des latrines ECOSAN

Une solution innovante pour la santé et le climat

Les latrines écologiques et sanitaires (ECOSAN) sont une réponse à la préservation du climat. Leur système sépare les urines, les matières fécales et l’eau de lavage. Après un temps de fermeture (6 mois pour les fèces, 45 jours pour les urines), ces produits sont utilisés comme fertilisants naturels. Cela permet de réduire l’usage des engrais chimiques, d’améliorer la productivité agricole de contribuer à la séquestration du carbone et de protéger l’environnement.

Le village de Konandja dont le nom signifie « la chance » en dioula, l’une des langues locales du Burkina Faso, se sent effectivement chanceux. La communauté, par la voix de son chef, Coulibaly Idié, se réjouit de bénéficier d’au moins 100 latrines ECOSAN, qui améliorent l’hygiène et soutiennent également les activités agricoles.

« Ils [UNICEF et ses partenaires] sont venus construire des latrines dans notre village, nous apprécions vraiment. Avant, nous avions trop de difficultés et nous creusions nos propres trous. Tout cela est fini maintenant. On n’a rien payé, ni en argent ni en briques ; ils nous ont tout offert gratuitement. C’est vraiment un avantage pour nous », dit-il.

Le chef du village COULIBALLY Dié est en compagnie des membres de sa communauté
UNICEF/2025/Kambiré Le chef du village COULIBALLY Dié est en compagnie des membres de sa communauté

Une collaboration pour la résilience

La communauté a également bénéficié de séances de communication et de sensibilisation sur l’usage des latrines, ce qui leur permettra de bien les entretenir et d’assurer leur durabilité. Le chef du village encourage cette démarche.

« Ce que je peux dire aux habitants, c’est de bien entretenir les toilettes, de ne pas les salir. Je leur demande de suivre les consignes afin que nous puissions utiliser les produits des latrines comme engrais dans nos champs », ajoute-il.

Les latrines ECOSAN sont installées dans le village de Konandja dans le cadre d’un projet exécuté par la FAO, l’UNICEF et l’UNFPA avec le financement du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) des Nations Unies. . Le projet intègre à la fois l’agroécologie, une approche agricole intègrant les principes écologiques pour créer des systèmes de production durables, en utilisant la biodiversité et les processus naturels et les interventions d’eau, hygiène et assainissement (WASH), visant des impacts durables pour aider les communautés à mieux faire face aux chocs climatiques présents et à venir. La mise en œuvre est assurée par la, une association locale.

« Les latrines permettent de préserver l’environnement et la santé de la population, car les gens ne défèquent plus dans la nature. Leur construction et leur accessibilité ont véritablement transformé le quotidien des habitants », explique Sanou Cheick Tidiane de la Coordination des Volontaires de Dédougou, l’association locale qui met en œuvre le projet.

Le coordonnateur Cheick Tidiane (à l’extrême droite) échange avec des habitants dans un champ fertilisé grâce aux produits dérivés des latrines ECOSAN.
UNICEF/2025/Kambiré Le coordonnateur Cheick Tidiane (à l’extrême droite) échange avec des habitants dans un champ fertilisé grâce aux produits dérivés des latrines ECOSAN.

Des résultats concrets

Les interventions WASH sous l’enveloppe climat bénéficient à 550 ménages, soit un total de 3 850 personnes dont 2 185 enfants. Un système d’alimentation en eau potable (AEP) multi-usage comprenant un château d’eau de 20 m³ et quatre bornes-fontaines sera installé pour l’accès des populations à l’eau potable, un abreuvoir pour les animaux et un raccordement pour les jardins.

Des comités communautaires sont formés pour superviser l’entretien de ces installations, promouvoir l’utilisation optimale de l’eau et encourager les bonnes pratiques d’hygiène, afin de prévenir les maladies hydriques à long terme.

Présentation de l’intérieur d’une latrine ECOSAN
UNICEF/2025/Kambiré Présentation de l’intérieur d’une latrine ECOSAN

Grâce au financement du CERF, les familles de Konandja ont gagné en dignité, en sécurité sanitaire et en résilience climatique. Ce projet pilote démontre qu’une solution simple et écologique peut transformer la vie des communautés rurales. Son extension à d’autres localités pourrait renforcer durablement l’accès aux services WASH et contribuer à l’adaptation aux changements climatiques au Burkina Faso.