À Godé, les familles changent leurs habitudes pour vivre plus sainement
Conscientes des risques de maladies diarrhéiques chez les enfants, les familles adoptent les bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement dans les régions du Nando et du Nakambé au Burkina Faso
Il y a encore quelques années, dans plusieurs villages des régions du Nando (centre-ouest) et du Nakambé (centre-est), faire ses besoins à l’air libre était une pratique courante. Les familles vivaient ainsi, sans forcément se poser de questions. Femmes et enfants se rendaient en brousse, souvent très tôt le matin ou tard le soir.
« On faisait comme tout le monde. On ne voyait pas toujours le lien avec les maladies ou les problèmes de santé », explique Auguste Badolo, habitant du village de Kia dans la commune de Didyr.
Pourtant, les conséquences étaient bien là : diarrhées fréquentes, enfants souvent malades, manque d’intimité pour les femmes et sentiment d’insécurité.
Délivrer des messages clairs pour faire réfléchir
C’est dans ce contexte qu’un projet en eau, hygiène et assainissement (WASH) a été lancé dans plusieurs communes. Sur le terrain, les animateurs ont entamé des discussions avec les communautés en posant des questions simples :
– Que se passe‑t‑il quand les enfants tombent souvent malades ?
– Est‑ce normal que les femmes n’aient pas d’endroit sûr et propre où aller pour se soulager ?
Peu à peu, les gens ont commencé à faire le lien entre leurs pratiques d’hygiène et les problèmes de santé dont ils font face au quotidien.
« J’ai compris que protéger ma famille, ce n’est pas seulement aller au centre de santé quand quelqu’un est malade, mais éviter que ça arrive », dit M Badolo.
Financé par l’UNICEF grâce au soutien du Comité national UNICEF España et mis en œuvre par l’ONG ASMADE, le projet WASH accompagne les familles et les communautés pour l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement au Burkina Faso.
Construire une latrine pourrait poser quelques difficultés pour les familles. L’argent manquait, et les priorités étaient nombreuses. Malgré cette vulnérabilité, certains habitants ont décidé d’avancer à leur rythme.
En prenant son temps, Auguste Badolo a construit sa latrine familiale avec ses propres moyens. Depuis, il fait attention à son entretien et encourage toute sa famille à se laver les mains.
« Ce n’est pas parfait, mais c’est déjà mieux qu’avant », dit‑il simplement.
Dans d’autres villages, des jeunes se sont organisés pour s’entraider. Ils allaient creuser les fosses ensemble, maison après maison, afin que personne ne soit laissé de côté.
Un changement au‑delà de la construction et de l’usage des latrines
Les responsables locaux et les écoles ont aussi joué leur rôle.
Au lycée de Godé, des activités de sensibilisation ont été mises en place. Des clubs d’assainissement ont vu le jour, et les élèves ont commencé à parler d’hygiène à leurs parents à la maison.
Dans les villages, les réunions des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) ont servi de cadre pour discuter de l’eau l’hygiène et l’assainissement. Les gens y parlent de moyens financiers, mais aussi de santé et de bonnes pratiques.
À Diana, dans la commune de Kordié, le doyen de la communauté, Bayili Babou Paul, résume le changement :
« Aujourd’hui, le village est plus propre. On fait attention. On est fiers de cela. »
De son côté, Bazongo Nitieboue le président du conseil villageois de développement (CVD) souligne que l’accès à l’eau et les nouvelles habitudes ont permis de réduire certaines maladies.
« Ce qui a changé, c’est notre façon de voir les choses. On se sent responsables de notre santé et de celle de nos enfants. »
Même si des défis restent à relever, notamment l’entretien des ouvrages dans le temps, les communautés savent désormais que le changement est possible, même avec peu de moyens, quand on s’organise.
Un avenir plus sain pour les enfants
Dans ces villages du Burkina Faso, les habitudes évoluent progressivement. Les familles parlent davantage d’hygiène, de santé et de dignité, et les enfants grandissent dans un environnement un peu plus sain qu’avant.
« Je veux que mes enfants vivent mieux que nous. Ça commence par des choses simples », conclut Badolo.
L’UNICEF Burkina Faso remercie le Comité national UNICEF España pour son appui indéfectible qui a permis de soutenir les communautés du Burkina Faso dans l’amélioration durable de l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.