Ornela Fati, de la rue à l'école.
Avec l’aide du Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS), du Comité de Veille Villageois (CVV) et le soutien du Canada, une orpheline retrouve le chemin de l’école.
À seulement 10 ans, le visage de DARI Ornella Fati porte les marques d'une enfance vécue dans l'urgence. Abandonnée très jeune par des parents qu'elle n'a jamais connus, elle a traversé les frontières du Togo jusqu'au village de Zongo, à Boukoumbé. Sa vie était un combat quotidien pour la nourriture. Entre la vente d'eau à la criée et le ramassage de mangues vertes, Ornella Fati devait se transformer en petite main pour une vendeuse de bouillie. « Je suis obligée d'aider une dame à vendre la bouillie et à laver les bols où les clients boivent. À la fin de la vente, la tata me donne un peu d'argent (500FCFA) qui me permet de nourrir ma mémé et d'autres cousines qui vivent avec nous », raconte-t-elle.
Vivant sous le toit de sa grand-mère âgée de 70 ans, ISSIFOU Fouléra, dont le handicap visuel rend la dépendance totale. Leur situation a frôlé le drame lorsqu'une forte pluie a projeté un rônier sur leur habitation, effondrant leur chambre. Mais lors de cet accident la solidarité s’est manifestée. Alerté par un leader religieux et le Comité de Veille Villageois (CVV), le Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS) a pu identifier l'extrême vulnérabilité de la fillette.
Face à l’impuissance de la grand-mère, le CVV a plaidé pour une intervention d'urgence afin d'éviter que le travail des enfants n'efface l'avenir d'Ornella Fati. Grâce au financement du Canada et à l’intervention du GUPS et d’une ONG partenaire, elles ont retrouvé le sourire.
Ces fonds ont permis de réparer quelques dégâts de la chambre, offrant un toit sûr à la famille, mais ils ont surtout rouvert les portes de l'école. En plus de ses fournitures scolaires, Ornella Fati participe désormais à des séances pour renforcer ses compétences de vie courante.
Autrefois enfant invisible des marchés, elle est devenue une jeune leader qui sensibilise ses camarades sur les droits des filles et la lutte contre les mariages d’enfants. Comme elle, 1 346 enfants ont déjà été appuyés grâce à cette chaîne de protection avec l’appui du Canada en 2025 à travers le Programme « Élimination des violences et promotion du genre (EVIPROG) ».
Ce programme intervient dans les départements de l’Alibori, l’Atacora et la Donga et agit pour éliminer les violences faites aux filles au Bénin et leur permettre de grandir en sécurité et en confiance. Il mobilise les acteurs institutionnels et communautaires, et transforme les filles en véritables actrices du changement.