Chaque enfant a droit à la protection, à l’apprentissage et à l’espoir.

Au nord du Bénin, dans le département de l’Atacora en particulier, les enfants subissent les conséquences de la crise du Sahel. Déplacements forcés, fermeture d’écoles, rupture des repères : pour beaucoup, l’enfance a été brutalement interrompue.

Yeloiga Boni
À Touncountouna, au Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS), Chabi (à gauche), Téna (au milieu) et Nekima (à droite) participent à un atelier de dessin dans l’Espace Ami des Enfants (EAE), un mercredi après-midi.
UNICEFBENIN Mars 2026 Yéloiga Boni
26 mars 2026

Pour répondre aux conséquences de la crise du Sahel auxquelles font face les enfants, l’UNICEF, avec l’appui financier du Canada, soutient le Gouvernement du Bénin, à travers le Ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, ainsi que ses directions départementales et les GUPS, dans la mise en place des Espaces amis des enfants (EAE). Ces structures offrent bien plus qu’un simple lieu de loisirs ; elles constituent des espaces sûrs de protection, de soutien psychosocial et de continuité éducative.

Des espaces sûrs pour guérir et grandir 

Pendant que l’atelier de dessin se poursuit à proximité, Anne-Marie (à droite) et Pélagie (à gauche) exécutent quelques pas de danse traditionnelle lors d’une démonstration du club de danse.
UNICEFBENIN Mars 2026 Yéloiga Boni Pendant que l’atelier de dessin se poursuit à proximité, Anne-Marie (à droite) et Pélagie (à gauche) exécutent quelques pas de danse traditionnelle lors d’une démonstration du club de danse.

Dans les communes affectées de l’Atacora, les EAE sont devenus des espaces de soutien pour les enfants déplacés internes ainsi que pour des communautés hôtes. Encadrés par des volontaires formés, les enfants y participent à des activités récréatives, éducatives et culturelles qui favorisent leur bien-être et renforcent leur résilience. À Tampégré, l’Espace Ami des Enfants est aujourd’hui un lieu incontournable pour la communauté. Chaque mercredi et samedi, les rires des enfants résonnent encore plus fort.

« Je suis en classe de 4ème et ici, je fais de la danse traditionnelle. J’ai choisi la danse parce que c’est ce que j’aime, c’est ce qui me rend heureuse. » affirme Anne Marie Tokouto, âgée de 14 ans. Pour elle, la danse est bien plus qu’une activité : c’est un moyen de se reconnecter à son identité et de retrouver sa joie de vivre.

À quelques mètres de là, sur le terrain de football, Iréné Ouro, 13 ans, s’entraîne sur un espace improvisé. Élève en classe de CM2 à l’EPP de Touncountouna, il nourrit une ambition claire : « Je rêve de devenir footballeur professionnel. Mais comme je n’ai pas d’autre lieu où jouer dans mon quartier, je viens souvent à l’EAE pour m’entraîner avec mes amis. »

Afin de ne laisser aucun enfant de côté, les Directions Départementales des Affaires Sociales et de la Microfinance  appuyées par le Canada à travers UNICEF, ont également développé des « EAE Mobiles ». Cette approche innovante permet d’apporter des services de soutien psychosocial et des activités récréatives directement dans les hameaux reculés, où vivent des populations déplacées internes et des réfugiés.

Ces interventions mobiles visent à offrir un environnement sûr pour jouer et apprendre, à prévenir les risques de protection et les violences faites aux enfants, et à faciliter l’accès aux services essentiels tels que la santé, l’hygiène et l’éducation pour les enfants déscolarisés. Grâce à cette stratégie, les équipes sur place peuvent identifier rapidement les enfants les plus vulnérables et les orienter vers des services adaptés.

Des défis persistants, une détermination intacte

Malgré ces résultats encourageants, les équipes font face à d’importants défis. « C’est la passion pour la protection de l’enfance qui nous fait tenir. Voir un enfant déplacé retrouver le sourire vaut tous les sacrifices. » affirme TOKOUTO Nékima Rachel, l’une des animatrice EAE

À gauche, Thierry, et à droite, Jean, montrent leur dessin, fruit de leur créativité et de leur participation à la section de dessin.
UNICEFBENIN Mars 2026 Yéloiga Boni À gauche, Thierry, et à droite, Jean, montrent leur dessin, fruit de leur créativité et de leur participation à la section de dessin.

Grâce aux fonds du Canada, à travers le programme « Élimination des violences et promotion du genre (EVIPROG) », 46 Espaces amis des enfants ont déjà été implantés dans l’Atacora (43 EAE) et la Donga (3 EAE), permettant d’atteindre 30 375 enfants, dont 15 284 filles et adolescentes.

EVIPROG renforce les Espaces amis des enfants (EAE) en améliorant la détection, le signalement et l’accompagnement des cas de violences, tout en formant les acteurs institutionnels et communautaires afin d’offrir aux enfants un environnement plus sûr et protecteur.