Le mariage d’une fille mineure stoppé

Le comité de veille villageois fait preuve de vigilance.

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Hippolyte Djiwan
15 janvier 2025

Au Bénin, environ 26 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant l'âge de 18 ans. Cette pratique persiste malgré les efforts pour l'éradiquer, notamment dans les régions rurales et parmi les populations les plus vulnérables compromettant l'éducation des filles et pouvant les exposer à des violences sexuelles et psychologiques.

Le comité villageois de lutte contre le mariage des enfants, une structure communautaire mise en place par le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance (MASM), a empêché la célébration d’un mariage entre un jeune homme de 20 ans et une fille mineure de moins de 17 ans.

L’événement, qui s’est déroulé dans le village de Donwari Peul, commune de Kandi, département de l’Alibori, a été raconté par Gorobélou Abou, le père du jeune homme.

Gorobélou Abou raconte : 

« Les membres du comité villageois de lutte contre le mariage des enfants ont été informés que mon fils allait épouser une fille mineure. Ils ont alors activé leur stratégie de vérification. Ils m’ont rencontré et ont également rendu visite aux parents de la fille pour leur expliquer les conséquences néfastes du mariage précoce et les risques juridiques encourus. »

« Ensuite, je me suis rendu chez l’imam avec les actes de naissance de la fille et de mon fils. L’imam m’a confirmé que ce mariage était illégal et ne devait pas être célébré. J’ai donc informé les parents de la fille que le mariage était annulé. Bien que cela ait causé de la colère chez eux et chez les jeunes concernés, ils ont finalement compris que nul n’est au-dessus de la loi. La fille est encore là, et elle pourra se marier une fois qu’elle aura atteint ses 18 ans. »

« Je dois reconnaître que nous avions déjà engagé des dépenses importantes pour ce mariage que nous voulions grandiose. Les repas étaient préparés, et les deux familles s’étaient mobilisées. Finalement, nous avons partagé la nourriture avec les membres de la communauté pour éviter le gaspillage. »

Cette expérience m’a permis de devenir moi-même un fervent défenseur de la lutte contre le mariage des enfants. Je conseille à tous les parents de vérifier l’âge légal des futurs époux avant d’engager des dépenses et des démarches.

Gorobélou Abou

Depuis 2022, des comités de veille villageois ont été mis en place dans les départements de l’Alibori, du Borgou, de l’Atacora et de la Donga. Ces structures, composées de sept à onze membres (chefs de village, représentants des femmes, leaders communautaires, etc.), surveillent, identifient et signalent les cas de mariages d’enfants aux autorités locales.

Ces comités reçoivent le soutien du MASM à travers les Guichets Uniques de Protection Sociale (GUPS), avec l’appui de l’UNICEF et de ses partenaires engagés dans cette lutte.

Au Bénin, le programme multisectoriel « FAABA – Cash Plus Care », financé par les Pays-Bas et le Canada vise à mettre fin au mariage des enfants et à combattre les violences basées sur le genre. Ce programme cherche à réduire la pauvreté des ménages, à modifier les normes sociales néfastes et à favoriser le maintien des filles à l’école.