49 villages certifiés exempts de mariage d’enfants dans l’Atacora
Leaders religieux, chefs de villages et comités de veille villageois, pairs éducateurs : des alliés clés contre le mariage des enfants
Le mariage des enfants reste une pratique courante dans certaines régions du Bénin : selon les données du MICS 2021-2022, les départements du Borgou (33,2%), de la Donga (32,6%) et de l’Alibori (36,6%) et Atacora (34,0%) présentent les taux les plus élevés de filles mariées avant l’âge de 18 ans.
Grâce à des efforts soutenus, des communautés, des leaders religieux et des autorités locales, un changement significatif prend forme. Leur implication croissante a ainsi permis de mettre en place des programmes pour certifier des villages exempts de cette pratique. Aujourd'hui, plusieurs villages se sont engagés dans une transformation positive pour l’avenir des enfants.
En tant qu’imam, nous avons été dotés de registres dans nos mosquées pour accompagner cette noble cause. J’ai mobilisé tous les fidèles et discuté avec les autres imams de mon village pour qu'ils soutiennent cette initiative. J'ai compris que c'était illégal de marier un enfant, fille ou garçon, avant 18 ans. Bien que le changement soit difficile, nous avançons pas à pas. Jusqu’ici, dans ma commune, 8 villages sur 77 sont certifiés, et même si ce n’est pas encore suffisant, nous ne baisserons pas les bras.
La mise en place de 1558 CVV (comités de veille villageois) répartis dans les départements de l’Atacora, de la Donga, de Alibori et du Borgou depuis 2022 permet à chaque village de surveiller, d’identifier et de référer les cas de mariages d’enfants. Ces comités, composés de sept à onze personnes incluant des chefs de village, des représentants des femmes et des leaders communautaires, s’assurent que tout incident soit rapporté aux autorités.
« Mon équipe et moi faisons un suivi trimestriel des comités villageois de veille pour évaluer les cas de violences et les progrès enregistrés vers la fin des mariages d’enfants. Ce suivi est nécessaire pour identifier les villages prêts pour la certification. Actuellement, 29 villages sur 43 à Kérou sont certifiés » explique Gbahoué Kokou, chef du Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS) à Kérou.
Certains témoignages, comme celui de Blandine Namboua, ajoutent un éclairage personnel : « Dès que j'ai appris l'existence de ce projet, j'ai été intéressée parce que moi-même, j'ai été mariée très jeune. Je connais les défis que cela représente. J'ai décidé de lutter pour que d’autres enfants ne subissent pas la même chose. Ce n’est pas facile, mais je suis convaincue que nous arriverons à certifier tous les villages dans quelques années. »
Je tiens à féliciter les autorités locales pour leurs efforts constants, ainsi que les ONG et les communautés qui s’engagent pour mettre un terme au mariage des enfants. Cette cérémonie est une étape dans le processus d’évaluation et un appel à plus d’engagement. Plus jamais de mariage d’enfants dans nos villages !
En effet, cette intervention de mobilisation communautaire pour la promotion des droits des filles, des femmes, du Genre et de la Cohésion Sociale (MoGes) dans les Départements de l’Atacora et de l’Alibori vise à contribuer à renforcer les capacités des leaders traditionnels, religieux et des autorités locales dans ces villages à travers des formations sur la protection de l’enfant et l’éducation parentale pour lutter contre les violences faites aux filles, en particulier les mariages d'enfants et d'autres formes de violences basées sur le genre.
Après 18 mois d’efforts, le ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance (MASM) avec l’appui de l’UNICEF, s'apprête à évaluer les 291 villages encadrés par l’ONG de mise en oeuvre Educo dans quatre communes. Avec le soutien du Canada, cette initiative a permis d’assurer la certification de 92 villages réparties dans deux départements, soit 49 villages dans l’Atacora et 43 dans l’Alibori.