La colonie des filles, un espace d’inclusion à Parakou

La colonie à travers les yeux de Zihadatou, participante en situation de handicap

Houéfa Ahomagnon
Élève en classe de terminale à Parakou, Zihadatou est en situation de handicap moteur.
UNICEFBENIN-aout-2026-Landry-Koklannou
21 août 2026

Depuis cinq éditions, la colonie de vacances des filles rassemble chaque année des adolescentes venues de la Donga, de l’Alibori, du Borgou, de l’Atacora et, plus récemment, des Collines. Parmi les critères de sélection des participantes, l’inclusion occupe une place centrale. Cette année, le parcours de Zihadatou Boukari illustre concrètement cette volonté.

Élève en classe de terminale à Parakou, Zihadatou est en situation de handicap moteur. Elle ne peut ni marcher ni se déplacer seule. Chaque jour, son accompagnatrice la porte pour tous ses déplacements : de sa chambre vers les salles d’activités, du réfectoire aux espaces de formation ou de détente. Malgré ces contraintes, elle participe pleinement à la vie de la colonie. 
« Je m’y sens bien », confie-t-elle simplement.

Une intégration réelle, sans stigmatisation

Dès les premiers jours, dans un environnement marqué par les échanges, les rires et la participation active, Zihadatou observe les autres filles. Elle s’interroge : est-elle la seule dans cette situation ? Mais, très vite, ce doute s’estompe. Au fil des activités, elle s’intègre aux groupes, échange avec ses camarades et prend part aux sessions de formation avec assurance. « Il n’y a eu aucun comportement qui m’a blessée. Tout était bien », affirme-t-elle avec satisfaction.

Son expérience rejoint celle d’autres participantes vivant des réalités différentes. Awaou, 14 ans, albinos et issue d’une communauté agro-pastorale, partage le même ressenti : « Je me sens bien parce que je ne suis pas seule. » Elle ajoute : « Elles sont gentilles avec nous parce qu’elles savent que nous sommes des êtres humains comme elles. »

Un choix assumé par les organisateurs

Depuis sa création, la colonie de vacances filles accorde une attention particulière à la participation des adolescentes issues de milieux vulnérables, y compris celles vivant avec un handicap. Pour le comité d’organisation, cette orientation est délibérée.

« Nous avons voulu, dans cette initiative, donner un visage humaniste en insistant dès la sélection des bénéficiaires sur les critères d’inclusion. Un point d’honneur est accordé aux filles des localités vulnérables et surtout aux filles vivant avec un handicap », explique Maguidi Gbere Kora, chargé de mission à la préfecture de l’Atacora. Selon lui, cette approche produit des effets concrets : « Les filles vivant avec un handicap arrivent à s’intégrer, que ce soit dans les travaux de groupe ou dans les autres activités. Certaines, qui étaient repliées sur elles-mêmes, participent aujourd’hui davantage. »

L’ambition, pour les prochaines éditions, est d’aller plus loin, notamment en renforçant l’accessibilité et en diversifiant encore les profils.

Apprendre, participer et se projeter

Au-delà de l’intégration sociale, Zihadatou tire des apprentissages concrets de sa participation. Elle cite notamment les sessions sur la santé et la protection : « On nous a appris comment éviter certaines maladies et comment ne pas être en situation de vulnérabilité. ». Comme les autres participantes, elle repart avec des connaissances qu’elle pourra partager dans sa communauté.

Une dynamique qui s’inscrit dans la durée

L’inclusion est désormais une composante essentielle de la colonie. Au fil des éditions, des profils variés ont été intégrés : filles albinos, adolescentes issues de communautés agro-pastorales, ou encore participante de petite taille. Ces expériences contribuent à installer une dynamique où la diversité devient une réalité vécue.

À travers cette initiative, les organisateurs vont au-delà de la simple participation. Leur objectif est de créer un environnement où chaque fille peut apprendre, s’exprimer et interagir sans distinction. Comme le résume Gloria, participante venue de Dassa : « Ils nous ont mélangés pour nous apprendre à vivre dans l’égalité. » 
 

"Les filles vivant avec un handicap arrivent à s’intégrer, que ce soit dans les travaux de groupe ou dans les autres activités. Certaines, qui étaient repliées sur elles-mêmes, participent aujourd’hui davantage". Maguidi Gbere Kora, chargé de mission à la préfecture de l’Atacora.
UNICEFBENIN-aout-2026-Landry-Koklannou "Les filles vivant avec un handicap arrivent à s’intégrer, que ce soit dans les travaux de groupe ou dans les autres activités. Certaines, qui étaient repliées sur elles-mêmes, participent aujourd’hui davantage". Maguidi Gbere Kora, chargé de mission à la préfecture de l’Atacora.