« J’aime beaucoup l’école parce qu’on y apprend beaucoup de choses. »
Wakila Domè est élève au CM1 à l’école primaire publique de Gbèyèkèrou dans l’arrondissement de Tchaourou
Au Bénin, 1 fille sur 3 est mariée avant l’âge de 18 ans et 0,59 fille sur dix soit 5,9% des enfants de moins de 15 ans*. Cette situation réduit les chances des filles de poursuivre leurs études, de se développer et de connaître un meilleur avenir.
Pour pallier quelque peu ce phénomène, le gouvernement du Bénin en partenariat avec l’UNICEF et l’Ambassade des Pays Bas ont mis sur pied un programme innovant dénommé Cash+Care (Argent et Assistance). En plus des activités de protection, de santé sexuelle et reproductive, d’éducation et d’eau et assainissement pour les enfants, ce programme fournit aux jeunes filles âgées de 9 à 15 ans un transfert monétaire.
Ce programme permet de mettre à la disposition des jeunes filles par le biais de leurs parents et en particulier des mamans, des ressources financières pour leur permettre d’assurer leurs besoins d’éducation. Cet appui contribue notamment à maintenir les jeunes filles à l’école et ainsi, à leur éviter un mariage précoce. Ce transfert, fait grâce au financement du Royaume des Pays Bas, leur permet de payer leurs frais de scolarité, assurer la confection des uniformes et procéder à l’achat des autres fournitures indispensables pour leur entretien quotidien à l’école. Chaque bénéficiaire reçoit la somme de 4.000 FCFA par mois sur toute la durée du programme jusqu’à fin 2026, tant qu’elle répond aux critères préalablement définis par toutes les parties prenantes, pour renforcer la prise en charge des soins de base. Cette stratégie contribue à alléger la pauvreté des ménages et également à augmenter la connaissance et la compétence des familles sur les pratiques néfastes aux enfants.
Les membres de la communauté de Gbèyèkèrou, située au Nord du Bénin dans le département de l’Alibori, ont également joui de cette opportunité. Les filles qui reçoivent le Cash bénéficient du renforcement de leurs connaissances en compétences de vie courante : il s’agit de séances de causeries éducatives sur les comportements liés à la santé sexuelle et reproductive, au VIH, à l’anémie, et à la gestion de l’hygiène menstruelle. Les filles sont également sensibilisées pour acquérir au moins 5 méthodes d’autoprotection contre les violences basées sur le genre, y compris le mariage des enfants. Ces connaissances contribuent à leur maintien à l’école et à leur prise de conscience des violences qui peuvent être faites à leur endroit. Le transfert est pour les filles par l’intermédiaire de leurs parents. Wakila Domè est élève au CM1 à l’école primaire publique de Gbèyèkèrou dans l’arrondissement de Tchaourou.
Depuis que ma maman reçoit le transfert des fonds, je me sens plus confiante pour aller à l’école. Ma maman est heureuse et elle n’a pas eu de difficultés pour m'acheter les fournitures et tout ce dont j’ai besoin pour aller à l’école. Mes repas sont assurés tous les matins et tous les midis.
Wakila poursuit :
« J’aime beaucoup l’école parce qu’on y apprend beaucoup de choses. Nos amis, les pairs éducateurs, nous forment sur la gestion de l’hygiène des menstrues et sur notre santé. Ils nous communiquent également des informations sur les thématiques de la protection ou les violences faites aux enfants, notamment le mariage des enfants. Je sais qu’une fille doit aller à l’école pour son émancipation et pour être autonome. Je promets de m’investir afin d’être la meilleure de ma classe car je veux faire de la haute couture en devenant styliste et modéliste. Je dois donc bien travailler à l’école. Grâce au transfert, ma maman a pu mettre aussi de l’argent de côté pour acheter des noix qu’elle utilise pour faire du beurre de karité. Je l’aide afin qu’elle ne se fatigue pas trop au travail et pour que la production soit plus importante, pour nous permettre d’avoir de meilleurs revenus ». Wakila fait partie des meilleures élèves de sa classe.
Comme Wakila, plusieurs jeunes filles ont bénéficié du transfert monétaire qui leur a permis d’acquérir une meilleure connaissance de leurs corps et de savoir comment se protéger contre les violences qui sont faites à leur endroit. Environ 163.619 jeunes filles de 2389 écoles primaires et 237 écoles secondaires de la zone d’intervention bénéficiaires ont reçu au moins une fois, le transfert monétaire. Dans la commune de Tchaourou en particulier 6,000 jeunes filles dans les 184 écoles primaires et 21 écoles secondaires ont bénéficié de cet appui.
Pour chaque fille un avenir radieux.