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La jeune fille

Genre, diversité et inclusion

Christine Marie Marguerite Correa
Portrait of an adolescent girl sitting at her desk in a classroom
UNICEF/UNI510636
06 mars 2025

Depuis fort longtemps, la jeune fille est confrontée à d’énormes difficultés; notamment l’accès à l’éducation, à la santé, aux ressources, à l’assainissement et à l’eau. En sus, les violences basées sur le genre s’ajoutent à son lot de fardeaux et rendent son existence cruelle. Cette dernière prend des formes variées : mariages précoces, mutilations génitales féminines, agressions sexuelles, traite des êtres humains, harcèlement, violences psychologiques...

Elles sont souvent aggravées par des facteurs socio-culturels tels que les normes patriarcales, la pauvreté et le faible accès à l’éducation pour les jeunes filles. A cela s'ajoutent les conflits armés, les crises économiques et climatiques qui persistent dans certaines régions et qui exacerbent les vulnérabilités des jeunes filles, augmentant ainsi leur exposition aux violences.

Portrait of an adolescent girl wearing a yellow and red head scarf, covering half of her face
UNICEF 2021/Rooftop

Au regard de cette situation désastreuse, il est primordial de venir en aide à ces jeunes filles dont l’avenir risque d’être hypothéqué si des mesures efficaces ne sont pas prises à tous les niveaux pour améliorer leurs conditions de vie et permettre ainsi leur participation dans le développement de la société car elles sont un levier de celui-ci.

C’est ainsi que des acteurs de la société, dans l’optique de veiller au bien être des femmes et des jeunes filles, ont plaidé pour la mise place d’une législation au niveau international et national protégeant la femme et la jeune fille en particulier. Toutes les parties prenantes s’y sont attelées pour renverser la donne et redonner à celles-ci leur dignité humaine.

An adolescent girl hanging laundry outside
UNICEF/UNI548793/Jospin
An adolescent girl smiling as she sits outside a hut, wearing a yellow helmet
UNICEF/UNI548798/Jospin

Cette législation concerne entre autres la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CNUDE) [ONU, 1990], le Protocole de Maputo adopté par l’Union africaine en 2003, qui demeure à ce jour l'instrument de référence à l'échelle du continent pour protéger les droits des femmes et éliminer les pratiques néfastes. Selon l’Onu-femme, sur les 5 dernières années, 79% des États membres dans la région africaine ont mis en place des mécanismes institutionnels et des plans nationaux pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles, 90% ont introduit ou renforcé la législation en matière de lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles, 88% des États ont introduit ou renforcé des services pour prendre en charge les victimes de violences. De même, la Charte africaine des droits et du bien- être de l’enfant et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Les pays signataires de ces traités internationaux ont consenti, en principe, à la normalisation de leurs lois nationales et de leur application juridique concernant les sujets définis dans l’accord international. Les questions telles que la définition et les paramètres juridiques de la notion d’enfant et donc de la personne qui a le droit d’être protégée du mariage des enfants et d’autres formes d’exploitation des adolescentes et le droit d’accéder aux services de santé.

Les 16 jours d‘activisme contre la violence basée sur le genre (VBG) mettent en lumière les actions nécessaires pour prévenir la violence et soutenir les victimes, afin qu’elles puissent mener une vie libre de violence. L’accent est mis également à la fois sur le soutien individuel et sur la prise de responsabilité collective et structurelle. Sur le plan de la sensibilisation, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer les violences à l'endroit des femmes et des filles. Les campagnes communautaires et médiatiques ont permis de briser certains tabous entourant les VBG. L'accent est mis dans la sensibilisation et la prévention, la protection des survivantes et l’appui aux réformes législatives.

A group of adolescent girls gathered together to learn from their peer who is holding a book
UNICEF/UN0469008/Dejongh

Cependant, ces stratégies mises en place pour le bien- être de la jeune fille ne sont pas respectées et celles-ci peinent à voir le bout du tunnel car leurs droits ne sont pas pris en compte. Alors pour mieux faire face à la violence basée sur le genre, il est important de renforcer l’offre étatique qui garantit les droits de la femme et réprime les violences basées sur le genre, rendre effectif ces droits et réprimer ces violences faites aux femmes et aux filles qui sont fortement contrariées.

Il est donc nécessaire, dans un premier temps, de traduire les textes et règlements en actions concrètes. Cela passe par la formation des acteurs du système judiciaire pour une meilleure prise en charge des victimes dans leur quête de justice et une criminalisation effective des violences sexuelles dans les parquets. Cela passe aussi par la gratuité du certificat médical et le renforcement de la capacité des centres d’accueil et d’hébergement des victimes, pour l’accompagnement du processus de répression du viol conjugal notamment. Dans un deuxième temps, les Etats doivent travailler à la déconstruction des imaginaires sociaux qui enferment la femme dans un rôle de procréatrice et d’objet de plaisir. Il faut, pour cela, mettre un accent particulier sur l’éducation des sociétés. Les livres des classes du primaire doivent, par exemple, être revisités de sorte à y retranscrire le concept d’égalité des genre pour l’inculquer aux enfants dès le bas âge.

Et enfin, dans un troisième temps, les parties prenantes doivent mettre en œuvre des réponses solides, mettre fin à l’impunité en tenant les auteurs de ces crimes responsables et accélérer l’action grâce à des stratégies nationales dotées de ressources suffisantes et à un financement accru des mouvements de défense des droits des femmes. Elles doivent de mème investir davantage dans les organisations de filles, femmes et jeunes, améliorer la législation, poursuivre les coupables, offrir plus de services aux survivantes et former les responsables de l’application de la loi.

Rappelons à l’entame que tout cela doit se faire en tenant en compte de deux aspects clés, que sont : la diversité et l’inclusion, très importants pour ne laisser personne de côté et ainsi satisfaire les besoins de tous sans exception.

A young girl in a wheelchair holding a stick as she points to the blackboard in her classroom, while her teacher stands behind her and watches while smiling
UNICEF/UN0704392
Portrait of an adolescent girl with albinism in the middle of her peers
UNICEF/UNI480896/Vigné

S'agissant de la diversité, il est impératif de considérer les préoccupations de chaque jeune fille sans tenir compte de sa religion, de son ethnie, de sa zone géographique…C’est-à-dire, élaborer des stratégies de protection de la jeune fille dans la neutralité totale. Étant donné qu’elles sont toutes nées égales devant la loi, elles doivent être traitées de la même manière dans le respect de leurs droits. Et concernant l’Inclusion, il faut la prendre sous l’angle du handicap en collaboration avec les jeunes filles vivant avec et qui sont souvent mises de côté lors de l’élaboration de stratégies de protection des jeunes filles, alors qu’elles ont des besoins spécifiques.

En somme, il est recommandé d’utiliser l’approche GDI qui consiste à prendre en compte les préoccupations des jeunes filles confondues lors de l’élaboration des stratégies de protection des jeunes filles tout en y incluant les aspects Genre, Diversité et Inclusion afin de garantir à celles-ci, la jouissance de leurs droits sur un pied d’égalité. Cela implique entre autres la prise en compte des besoins des jeunes filles quel que soit leur religion, leur ethnie, leur zone géographique; leur statut (réfugiée, déplacée, apatride…) et même leur validité dans toutes les stratégies que l’on mettra en place pour le bien-être des jeunes filles.

 

Ensemble bâtissons un avenir plus juste et harmonieux pour les filles.