Docteur Georges, l’ami des bébés

Depuis plusieurs années, le Niger a fait de la santé de la mère et de l’enfant une priorité pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Par Islamane Abdou
Depuis plusieurs années, le Niger a fait de la santé de la mère et de l’enfant une priorité pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD).
UNICEF Niger/Islamane
07 février 2022

Pour se rendre au Centre de Santé de la Mère et de l’Enfant (CSME), situé en périphérie de la ville de Maradi, il faudrait emprunter un « adaidaita », ce tricycle devenu le moyen de transport en commun le plus utilisé par la population de cette localité.

En ces temps de Covid-19, pour accéder au centre, le port du masque et le lavage des mains sont obligatoires. Le CSME de Maradi a ouvert ses portes en février 2017 et s’est fixé comme objectifs de répondre aux besoins sanitaires de la mère, de la femme enceinte et de l’enfant. L’hôpital reçoit aujourd’hui des malades de tout Maradi et même au-delà, accueillant aussi les populations du Nigeria vivant dans les villages frontaliers avec le Niger.

 À l’entrée du bâtiment dédié au service de néonatologie, nous croisons Docteur Georges, tout souriant, prêt à entamer une nouvelle journée. C’est le pédiatre en charge de cette unité ayant pour mission de veiller sur la santé du nouveau-né. Cette unité enregistre à elle seule, 2 000 à 3 000 enfants par an.

 La journée de « Dr Georges », comme il est surnommé, commence par le tour des salles accueillant les bébés : « dans la première salle, nous admettons tous les nouveau-nés en détresse vitale ou qui ont besoin de soins spéciaux après la naissance, qu’ils soient nés dans le centre même ou dans les Centres de Santé Intégrés et les maternités de districts de la région de Maradi. ». Cette première salle est celle qui enregistre le plus de patients, une vingtaine, repartis dans des berceaux. Les bébés sont suivis 24H/24 par des infirmières qui les placent sous les appareils de photothérapie en cas de besoin.

Docteur George, l’ami des bébés
UNICEF Niger/Islamane

Cap à présent sur la seconde salle, réservée aux nouveau-nés qui ont besoin d’un suivi particulier : « quand les malades vont très mal, ils sont reçus dans cette salle, et ils reçoivent les soins nécessaires jusqu’à être stabilisés » indique le médecin. Les mains gantées, Dr Georges ausculte les enfants un par un, contrôlant chacun de ses gestes avec minutie, tout en surveillant les constantes vitales des bébés sur les moniteurs des appareils. La consultation terminée, toutes les informations sont consignées dans un cahier, et ordre est donné aux infirmières pour administrer les soins appropriés. « Ce métier, il faut l’aimer pour le pratiquer, quand on l’aime on ne peut que sauver des vies. Et moi je ressens une grande joie quand je vois le sourire de ces mères qui étaient arrivées en pleurs avec leurs enfants malades et qui repartent toutes contentes, » nous dit Dr Georges avant de conclure que « tout cela est possible parce que tout le matériel et les médicaments sont disponibles et nous prenons gratuitement en charge ces enfants sans demander un seul franc aux parents ».

Docteur Georges, l’ami des bébés
UNICEF Niger/Islamane

Direction la troisième et dernière salle de l’unité de néonatologie. Ici, l’ambiance est décontractée, c’est l’unique salle où les mamans sont admises à rester avec leurs enfants dans une posture toute particulière : « c’est la salle des soins mère kangourou, où sont admis les nouveau-nés de poids inférieur à 2 000 grammes – qu’ils soient prématurés ou qu’ils souffrent d’un retard, après avoir été stabilisés dans les salles précédentes et nous être assurés qu’ils répondent à certains critères, » explique le docteur venu pour suivre l’évolution du poids des enfants tout en prodiguant des conseils aux mamans. La méthode « mère kangourou » consiste à porter un enfant sur le ventre en contact peau contre peau. Cette méthode contribue à la bonne santé et au bien-être des prématurés et des nourrissons nés à terme.

troisième et dernière salle
UNICEF Niger/Islamane

Le tour des salles terminé, la journée n’est pour autant pas terminée pour le Dr Georges, il est attendu par les mamans des enfants hospitalisés dans les deux premières salles. C’est l’heure d’allaiter les bébés. Dr Georges s’assure que les mères appliquent les bonnes techniques pour allaiter. « Notre objectif est de faire de cet hôpital, un centre « ami des bébés ». C’est-à-dire un centre où les enfants bénéficient d’un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois. » confie Georges qui forme déjà d’autres agents des centres de santé de la région dans ce domaine.

Depuis plusieurs années, le Niger a fait de la santé de la mère et de l’enfant une priorité pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). Soutenu par ses partenaires comme l’UNICEF, le pays s’est lancé dans un vaste projet d’accroissement de la couverture et de la qualité des services de santé maternelle, néonatale, infantile et adolescente, en particulier dans les zones les plus défavorisées et mal desservies.

Docteur George, l’ami des bébés
UNICEF Niger/Islamane

En 2021, grâce au soutien de la Fondation Bill and Melinda Gate, du Muskoka, de la Principauté de Monaco et de la Coopération allemande, l’UNICEF a fourni un appui conséquent au Centre de la Mère et de l’Enfant de Maradi, et au-delà dans toute la région, en matériaux mais aussi en médicaments et aliments thérapeutiques. 

Au Niger, aujourd’hui, les enfants de moins de 5 ans ont plus de chance de survivre et s’épanouir. À titre illustratif, en 1990, 326 enfants de moins de cinq ans sont morts pour 1 000 nés. Ce nombre est tombé à 85 en 2017. Le pays continue de fournir des efforts à travers les sensibilisations des communautés sur les bonnes pratiques de garde d'enfants et mais aussi sur l’accès à des soins médicaux en temps opportun aux enfants et femmes.

UNICEF Niger/Islamane