À Garin Mai Guizo, le cash productif de l’UNICEF, un nouvel espoir pour les femmes et les enfants
"Aujourd'hui, avec ce capital entre nos mains, nous avons les moyens de changer le cours des choses pour nos enfants."
« Quand la période de soudure arrive, ce sont toujours les mères qui voient le fond du grenier en premier », confie Fatsouma Gambo. À l'ombre de sa concession du village de Garin Mai Guizo, dans la commune de Sarkin Yamma (Département de Madarounfa), cette mère de neuf enfants (six filles et trois garçons) se remémore les mois difficiles qui viennent de s'écouler.
Il y a encore peu de temps, le quotidien de Fatsouma était rythmé par l'incertitude. La crise alimentaire et la hausse brutale du prix des céréales sur le marché local avaient réduit à peau de chagrin les repas de la famille. Dans cette région frontalière du Nigeria touchée par, l’insécurité, la précarité et les aléas climatiques, la période de soudure met chaque année les ménages vulnérables à rude épreuve.
Une résilience face à l'adversité
Depuis son mariage, Fatsouma n'a jamais ménagé ses efforts pour soutenir son foyer. Entre la préparation de galettes traditionnelles au maïs et le petit élevage d'embouche, elle cherche constamment à générer les revenus nécessaires pour nourrir sa grande famille. Mais sans fonds de roulement suffisant, son activité tournait au ralenti.
« Pour ma production de galettes, j'utilise habituellement deux tasses et demi à trois tasses de maïs combinées à deux kilogrammes de farine », explique-t-elle. « Quand on fait le calcul, deux sacs de maïs de 100 kilogrammes ne suffisent même pas pour tenir deux mois. Sans capital, il m'était impossible d'acheter en gros et de rentabiliser mon travail. »
Depuis juillet 2026, l’UNICEF, avec l'appui de a KFW, accompagne le gouvernement du Niger dans la construction de la résilience économique des ménages à travers un programme d'accompagnement productif. Ce dispositif bénéficie à 27 775 ménages répartis dans 23 communes des 8 régions du Niger.
Investir dans la résilience et l'avenir des enfants
L'injection de ce capital d'amorçage a immédiatement transformé la vision d'avenir de Fatsouma. Plutôt que de simplement subvenir aux urgences immédiates, elle a structuré un plan d'investissement double pour sécuriser son ménage.
« Cet appui financier est une véritable aubaine », affirme-t-elle avec détermination.
« Avec ce cash, je vais acheter davantage de sacs de maïs pour accroître ma production de galettes. En parallèle, je vais acheter de nouvelles têtes de bétail pour renforcer mon activité d'embouche. Nous allons nous battre pour construire notre résilience et sortir définitivement de cette vulnérabilité. »
Pour Fatsouma, le succès de ses petites entreprises commerciales va bien au-delà de l'autonomie financière personnelle. Il représente la garantie d'une protection durable pour ses neuf enfants.
En augmentant ses bénéfices, Fatsouma va pouvoir cotiser de manière régulière aux deux caisses d'épargne et de crédit (tontines) dont elle est membre au village. Ce réseau de sécurité financière lui permettra de faire face aux imprévus et de financer durablement la santé, l'alimentation équilibrée et la scolarisation de ses filles et de ses garçons.
« Ici à Guarin Mai Guizo, ce sont toujours les femmes qui pâtissent le plus des crises », conclut Fatsouma avec un sourire confiant. « Mais aujourd'hui, avec ce capital entre nos mains, nous avons les moyens de changer le cours des choses pour nos enfants. »