Soutenir les femmes, bâtir la résilience des familles

Cet appui financier, pourra non seulement répondre aux besoins présents, mais constitue une opportunité pour démarrer des activités génératrices de revenus

Islamane Abdou et Idrissa Sabit
Cash secheresse
UNICEF Niger/Sabit
03 mars 2025

En ce début de février 2025, sous une brise matinale rafraîchissante, le village de Daytagui Atili, dans la région de Dosso, s’anime d’une effervescence particulière. Sous l’ombre bienveillante des arbres de la place centrale, un groupe de femmes attend avec impatience un soutien financier crucial. Pour elles, cet appui représente bien plus qu’une somme d’argent : c’est un souffle d’espoir pour assurer la survie et la dignité de leurs familles. Cet appui financier, pourra non seulement répondre aux besoins présents, mais constitue une opportunité pour démarrer des activités génératrices de revenus, un pas vers l’autonomisation financière.

« Actuellement, les produits vivriers sur le marché sont chers, et nous n’avons pas les moyens d’en acheter. Ce sont surtout nous, les femmes et les enfants, qui en souffrons le plus », confie Zeinabou, 43 ans, mère de huit enfants. Cultivatrice d’arachide et de haricot pendant la saison des pluies, elle vend une partie de sa récolte et conserve le reste pour sa famille. Mais aujourd’hui, le grenier est vide, laissant sa famille, et particulièrement ses enfants, en situation de vulnérabilité alimentaire.

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UNICEF Niger/Sabit

Ce programme, piloté par le Gouvernement du Niger avec le soutien de l’UNICEF et de la Coopération Allemande (KFW), s’inscrit dans le Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle 2023-2024. Il couvre 334 villages dans cinq régions (Agadez, Maradi, Dosso, Tahoua et Zinder) et bénéficie à 27 000 ménages, soit environ 216 000 personnes. Chaque foyer reçoit un appui de 180 000 Fcfa sur un an, soit 45 000 Fcfa par trimestre.

Abrité à l’ombre d’un arbre ou d’un hangar, les femmes attendent patiemment le précieux sésame en main « la carte de bénéficiaire » qui leur donnera accès au transfert monétaire cash sécheresse.  Cette journée de distribution est l’aboutissement de plusieurs semaines de travail. Les autorités, les leaders du village et les radios communautaires très suivies dans la région, ont uni leurs efforts pour identifier les ménages les plus vulnérables.

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UNICEF Niger/Sabit

Amina, un exemple de résilience

À quelques kilomètres de là, dans le village de Birni Lokoyo dans la commune de Matankari, l’histoire d’Amina, 36 ans, illustre encore davantage l’impact de ce programme.

Handicapée et mère de 4 enfants, elle n’est jamais allée à l’école, elle survit grâce à la solidarité des habitants du village et l’appui de  sess filles, Laila et Chamsia quiavaient du abandonner le chemin de l’école pour l’aider à subvenir aux besoins de la famille. Mais aujourd’hui, grâce à l’appui monétaire et aux conseils reçus dans le cadre du programme, Amina est déterminée à faire repartirses filles à l’école. Avec l’argent reçu, elle envisage d’acheter des vivres, des condiments et des fournitures scolaires, apportant une stabilité essentielle à la famille. « Ce programme m’offre une nouvelle chance. Je veux que mes enfants aient un avenir meilleur », confie-t-elle.

Amina
UNICEF Niger/Sabit
Cash
UNICEF Niger/Sabit

La réussite de l’initiative s’appuie sur l’engagement de la communauté et des acteurs locaux comme Inoussa Dakaou. Cultivateur et représentant du chef du village au sein du comité de gestion des plaintes et des réclamations à Birni Lokoyo,il joue également un rôle clé. Marié et père de six enfants, il veille à la transparence des opérations et s’assure que les doléances des villageois soient prises en compte.

En route pour une autonomisation durable

Cet appui monétaire ne se limite pas à répondre aux besoins immédiats. Elle offre aux femmes une opportunité de regagner une certaine autonomie, en leur permettant de planifier et de prioriser les besoins essentiels de leur famille et même d’envisager la création d’activités génératrices de revenus comme le commerce. Pour les femmes comme Amina et Zeinabou, il s’agit aussi d’un levier qui permettra à leurs enfants de retourner à l’école et d’être plus épanouis.

Depuis 2020, la Coopération Allemande à travers KFW et l’UNICEF, soutient les initiatives du gouvernement dans le domaine de l’inclusion sociale et productive. Grâce à cet appui, ce sont plus de 216 000 personnes qui ont bénéficié de transferts monétaires dans le cadre du plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, contribuant ainsi à la résilience des communautés aux chocs comme le changement climatique, les conflits ou encore l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

En investissant dans les femmes, ce programme ne se contente pas de répondre à une crise : il construit un avenir plus résilient pour les générations à venir.