Quand la covid-19 fait grimper la faim en Mauritanie
Dans ce pays sahélo saharien situé à l’Ouest de l’Afrique, l’impact combiné de la pandémie de coronavirus, de la sécheresse et la persistance de mauvaises pratiques alimentaires expose les enfants les plus vulnérables.
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Dans ce pays sahélo saharien situé à l’Ouest de l’Afrique, l’impact combiné de la pandémie de coronavirus, de la sécheresse et la persistance de mauvaises pratiques alimentaires expose les enfants les plus vulnérables. La Mauritanie a atteint le seuil d’urgence nutritionnel avec un taux de malnutrition aiguë sévère proche de 2%. Une tendance qui devrait s’accélérer dans les prochaines années.
« Je m’appelle Seyda et aujourd’hui c’est ma deuxième visite au CRENAS (Centre de récupération et d’éducation nutritionnelle en ambulatoire des enfants malnutris sévères) de Bassiknou. Je viens pour ma petite fille de 8 mois, Yuma. Il y a quelques semaines elle est tombée malade. Elle refusait de s’alimenter et de prendre le sein. Je me suis finalement rendue au CRENAS pour une consultation. L’infirmière a réalisé un dépistage et en quelques minutes elle a su qu’elle souffrait de malnutrition aiguë sévère. »
Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère sans complications sont soignés à domicile. Chaque semaine, l’infirmière distribue gratuitement aux mères la dose d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi adaptée à la situation de l’enfant. Il s’agit d’une pâte d’arachide très riche communément appelée « chocolat » en Afrique de l’Ouest en raison de sa texture et de son apparence. La durée du traitement est communément de quatre à six semaines.
« Depuis le début du traitement j’ai clairement vu les progrès de ma petite fille. Avant, elle était très faible, elle dormait mal et elle pleurait souvent. Maintenant elle va beaucoup mieux, elle a retrouvé l’appétit et elle prend chaque jour sa ration de « chocolat ». Comme c’est un aliment bourratif, l’infirmière m’a conseillé de lui donner régulièrement de l’eau en complément pour faciliter l’ingestion. J’étais très inquiète en arrivant au centre mais à présent je suis rassurée. »
L’insécurité alimentaire et nutritionnelle affecte particulièrement les enfants vulnérables des régions les plus défavorisées comme le Hodh El Chargui où se situe Bassiknou. L’état nutritionnel des enfants reflète leur état de santé général : les enfants qui bénéficient d’une alimentation satisfaisante sont moins exposés aux maladies, et atteignent plus facilement leur plein potentiel. On estime qu’actuellement en Mauritanie un enfant sur cinq souffre de retard de croissance.
« C’est très important qu’UNICEF poursuive son programme et vienne en aide aux mamans et aux enfants les plus vulnérables. Ici, il y a beaucoup de familles pauvres alors faire plusieurs repas par jour c’est parfois difficile et l’arrivée du coronavirus n’a rien arrangé. Les aliments courants (viande, légumes) sont devenus plus rares et donc plus chers. J’ai 3 enfants à nourrir et parfois c’est vraiment difficile. »
La covid-19 a entraîné une augmentation de la pauvreté, une perte de moyens de subsistance et un accès moindre aux services de santé et de nutrition. Depuis le début de l’année, grâce au soutien financier de BMZ, UNICEF appuie le gouvernement dans ses efforts pour poursuivre la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition.