A Madagascar, mieux vivre les changements de l’adolescence en adhérant à un club de filles
Pour une fille, l’étape décisive de son épanouissement est la survenue de ses premières menstruations. Dans les écoles primaires publiques sont érigées des clubs de filles pour les accompagner avec confiance dans cette étape.
Nosisoa, 14 ans, se prépare le matin pour se rendre à l’école primaire publique d’Ankilipilopaka, dans le Sud de Madagascar. L’établissement abrite plus de 700 élèves et se trouve à près de 60 minutes à pied de chez elle. Nosisoa est en classe de 8ème.
L’école primaire publique est bénéficiaire d’un projet de deux ans de Zonta International – US Natcom portant sur l’amélioration des conditions des jeunes filles, notamment dans la gestion de leur hygiène menstruelle, à travers la formation des enseignants à leur accompagnement, la mise en place d’infrastructures ou la mise en place d’un club de filles. Cinq clubs de filles sont opérationnels dans les cinq écoles primaires publiques dans la région Androy. Cet accompagnement des jeunes filles à la gestion de l’hygiène menstruelle a déjà été initié dans sept autres régions, à savoir Analanjirofo, Anosy, Menabe, Atsimo Andrefana, Atsimo Atsinanana, Fitovinany, Analamanga.
Nosisoa, (à l’extrême gauche) et ses amies sont membres du club des filles érigé conjointement par les enseignants et le directeur. Le club consiste à partager les connaissances pour une bonne gestion de l’hygiène menstruelle et à se soutenir entre filles, une fois passée cette étape de l’adolescence.
Normalement, la thématique est abordée lors des cours de connaissances usuelles, avec d’autres thématiques liées à la puberté. Ici, c’est Mendrika Andrianjara, l’enseignante des préscolaire qui en parle aux élèves. « Je suis volontaire pour promouvoir l’hygiène menstruelle et soutenir ce club des filles que je trouve très important. Les autres enseignants hommes n’ont pas forcément le tact pour parler de cela » raconte-t-elle.
A l’école, les filles du club et Mendrika se réunissent dès qu’elles peuvent. L’enseignante est à l’écoute des préoccupations de ces jeunes filles car elles ont souvent honte d’en parler. « J’insiste beaucoup sur l’utilisation de serviettes hygiéniques propres et je montre les diverses étapes pour bien prendre soin de ses matériels » confie-t-elle.
Dans le village, des serviettes hygiéniques lavables sont proposées à la vente afin de démocratiser la pratique. “C’est une sensibilisation pour les jeunes filles et les femmes à adopter un comportement plus sain et pour rester en bonne santé” explique la couturière du village. Une serviette coûte 2000 Ar soit près de 0, 22 dollars.
Pour revenir aux clubs des filles, elles échangent également beaucoup, en période de récréation comme avant ou après les cours. C’est l’âge où le corps se transforme et où les regards changent. Nosisoa et ses amies abordent les sujets liés à l’adolescence ou aux relations filles-garçons. « On ne sent pas seule grâce à ce club. On est aussi mieux informés » commente-t-elle.
En effet, elle n’a que des frères. Sa mère étant occupée à prendre soin du foyer, elles n’ont pas le temps d’échanger sur cette étape de l’adolescence. « Les cours à l’école, en plus du club, m’ont aidé à comprendre le changement qui s’opérait en moi ainsi que les choses auxquelles je devrais maintenant faire attention » raconte Nosisoa
Mendrika et les enseignants de l’école promeuvent également d’autres messages clés liés à l’accès à l’eau, a l’assainissement et a l’hygiène. Il s’agit notamment de boire de l’eau potable, de se laver les mains avec du savon, d’utiliser des toilettes propres, un coin intime ou une douche pour se laver, de se débarrasser quotidiennement des déchets ou encore de planter des arbres afin de verdir l’environnement scolaire .
Justement ce jour-là, ce fut au tour de Dimanche, 15 ans, de défricher le jardin potager de l’école avec deux de ses amies. Les autres jeunes filles sont à l’arrosoir ou à la cueillette. Le jardin potager abrite des plants permettant d’approvisionner la cantine de l’école : courgettes, tomates, oignons et autres y poussent régulièrement. Dans la région, les projets pour la préservation de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques comme ceux de Zonta International - US Natcom ou le comité national allemand sont nombreux et incitent les enfants à des comportements responsables, respectueux de l’environnement.
Des toilettes séparées pour les garçons et les filles sont également mises à disposition afin de respecter l’hygiène et l’intimité de chacun. Ils sont fabriqués à l’aide de produits et matériaux locaux et font l’objet de projet de nouvelles constructions par l’Unicef à travers le financement de Zonta international- US natcom .