Emmanuel, gardien de l’eau et acteur du changement
Dans le village de Behara Poste, l’accès à l’eau potable devient un véritable levier de changement, grâce à l’implication active de la communauté. Cette mobilisation permet d’améliorer l’hygiène et la santé et contribue à améliorer les conditions de vie.
Dans le village de Behara Poste, se situant dans les plaines arides du Grand Sud de Madagascar, l’accès à l’eau potable reste un combat quotidien. Pour les familles, l'absence d'eau potable a longtemps signifié des kilomètres de marche sous une chaleur écrasante et une exposition constante aux maladies hydriques. C'est dans ce contexte de vulnérabilité extrême, que l’UNICEF déploie le projet MANARANO, pour transformer la vie des communautés. Aujourd’hui, Fegnandro Emmanuel, 46 ans et père de six enfants, joue un rôle essentiel dans son village. Membre du comité local de gestion, il veille au bon fonctionnement du système d’eau, contribuant ainsi à protéger sa communauté du manque d’eau.
Grâce au projet MANARANO, bien plus qu’une simple installation de puits, Emmanuel a reçu des formations spécialisées et des outils adaptés pour assurer la gestion, l’entretien et la réparation d’un point d’eau communautaire. Il cumule aujourd’hui plusieurs responsabilités: usager de l’eau, agent réparateur et membre du comité local de gestion. Chaque jour, il veille à ce que l’eau reste accessible, sûre et durable pour tous.
« En tant qu’agent réparateur, je suis avant tout responsable de l’entretien du puits. Grace à la formation et aux outils que j’ai reçue du projet MANARANO, j’assure que le puits soit toujours fonctionnel pour les gens de ma communauté.»
Un acteur clé du changement des comportements
Au-delà de la technique, Emmanuel est un relais essentiel de sensibilisation. Il sait que changer les comportements est souvent plus difficile que réparer une pompe. Il s’est ainsi engagé dans une mission sociale, en mettant en place des règles d’hygiène strictes, comme l'interdicton de porter des chaussures autour du point d’eau, mais aussi des mesures de sécurité et de solidarité. Il a notamment instauré un système de cotisation communautaire pour financer les réparations.
Cette discipline, pourtant nécessaire, ne fait pas toujours l’unanimité. Certains habitants la perçoivent comme une contrainte, et Emmanuel doit faire face à des critiques: « Ils disent que j’ai des relations et que je suis trop strict, alors ils me reprochent ces règles. »
Malgré ces résistances, il reste déterminé. Conscient que le changement prend du temps, il continue de sensibiliser avec conviction: « MANARANO apporte bien plus que de l’eau, il apporte la vie », affirme-t-il, confiant dans les bénéfices du projet.
Des impacts concrets sur la vie des familles
Dans sa propre famille, les effets sont déjà bien visibles. Son épouse n’a plus à consacrer ses journées à aller chercher de l’eau, et ses enfants tombent moins souvent malades. Le foyer peut désormais consacrer plus de temps et de ressources à construire un avenir meilleur. « Notre mode de vie a changé, nous faisons davantage attention à la propreté dans notre foyer. » se confie-t-il.
À l’échelle du village, Emmanuel est devenu un exemple de leadership local. Son engagement montre qu’avec un bon accompagnement, un point d’eau peut devenir le point de départ d’une transformation durable. Son histoire illustre clairement qu’investir dans l’eau, c’est investir dans la santé, la résilience et l’avenir des communautés les plus vulnérables.
D’avril 2024 à décembre 2025, le projet MANARANO a bénéficié à 76 364 personnes
Note : ces actions ont pu être réalisées grâce au projet MANARANO, financé par BMZ (Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement) à travers le fonds thématique climat. Le projet est mis en œuvre par l’UNICEF et exécuté conjointement par Welthungerhilfe, PAH et TATIRANO dans les régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana.