Les communautés apprécient les nouveaux types de latrines améliorées

Dans le Grand Sud de Madagascar, de nouvelles solutions d’assainissement transforment le quotidien des communautés. Grâce à la sensibilisation et à des options de paiement adaptées, de plus en plus de familles adoptent des latrines améliorées.

Abela Ralaivita
Portrait de Martine avec ses petits-enfants dans la cour de leur maison.
UNICEF/UNI959429/Bloch
17 mars 2026

« Je sensibilise ma communauté à utiliser ces nouveaux types de latrines améliorées, car cela contribue à la santé de tous », explique Martine, grand-mère de 67 ans. Dans une petite communauté en périphérie de Tuléar, au sud-ouest de Madagascar, Martine est une figure respectée de son quartier. Cette sexagénaire, fabrique du savon pour subvenir aux besoins de sa famille. Cette année, elle a décidé d’investir dans une latrine améliorée, consciente de l’importance de meilleures conditions d’assainissement pour sa famille et son voisinage.

« Avant, nous nous inquiétions pour notre santé lorsque nous n’avions pas de latrine améliorée. Les mouches peuvent transporter des saletés », raconte-t-elle. Martine a pris cette décision après avoir été sensibilisée par Justine, agent de vente recrutée par l’ONG International Development Enterprises (iDE), partenaire de l’UNICEF et qui travaille en consortium avec l’ONG Practica et le Cabinet Runway Consulting. 

Cette jeune professionnelle de 29 ans sillonne les quartiers en faisant du porte-à-porte pour prospecter de nouveaux clients. Selon elle, l’écoute est essentielle : « C’est en discutant avec les familles que nous comprenons leurs difficultés et que nous pouvons leur proposer des solutions adaptées. »

Pour Martine, le prix de 290 000 Ariary soit environ 70 dollars américains était trop élevé. Justine lui a alors proposé une solution adaptée à sa situation.  

« Grâce au paiement échelonné, j’ai pu financer le gros œuvre de cette latrine. Je vais faire pareil pour la superstructure. » 

Martine
Sébastien et son équipe installent une buse au foyer d’une nouvelle cliente.
Sébastien et son équipe installent une buse au foyer d’une nouvelle cliente.
Sébastien tient un clapet SATO Pan dans son atelier.
Sébastien tient un clapet SATO Pan dans son atelier.

Tout un réseau d’acteurs  

Pour la fabrication de ces latrines, Justine travaille avec Ramarosandratana Sébastien, maçon et propriétaire d’une petite entreprise spécialisée dans la fabrication d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). Dans la ville de Tuléar, ils ne sont que deux entreprises à proposer ce type de services. Ils ont reçu des formations et un encadrement technique complet, ainsi que des séances de renforcement de capacités sur la gestion d’entreprises de la part du consortium. 

Ensemble, Justine et Sébastien promeuvent également l’utilisation du SATO Pan avec clapet à fermeture automatique, un dispositif d’assainissement pratique adapté à ce type de latrine. Selon Sébastien, ce système présente plusieurs avantages : « Il empêche les mouches d’entrer, réduit les mauvaises odeurs et est facile à nettoyer. »

Actuellement, ils encouragent aussi l’adoption d’un nouveau type de latrine avec une superstructure circulaire basée sur le concept Arborloo, un modèle qui semble particulièrement bien fonctionner dans les zones rurales. Ce modèle, conçu par l’UNICEF, vise à améliorer l’accès des communautés à des services d’assainissement sûrs. Les fosses sont faciles à vidanger ou permettent le traitement des déchets sur place. L’espace prévu permet aussi un double usage — latrine et douche familiale — facilitant notamment la gestion de l’hygiène menstruelle pour les adolescentes. 

« Nous fabriquons des infrastructures de qualité, durables et économiques. Avec une bonne sensibilisation du public, le marché de l’hygiène et de l’assainissement présente un fort potentiel. » 

Sébastien

À Madagascar, l’accès aux services d’assainissement demeure un défi majeur : plus de 17 700 000 personnes ne disposaient pas de latrines améliorées en 2020. Ceci augmente ainsi les risques de contamination de l’eau et de propagation de maladies hydriques telles que la diarrhée, l’une des principales causes de mortalité infantile.

Dans ce contexte, l’UNICEF a mis en place cette approche d’assainissement basé sur le marché. L’objectif global est de réduire la pollution de l’eau potable causée par un assainissement insuffisant, au bénéfice d’au moins 40 000 personnes dans quatre régions cibles — Atsimo Atsinanana, Anosy, Androy et Atsimo Andrefana. 

Ce programme met en lumière un partenariat stratégique avec le secteur privé, pleinement aligné avec les priorités de l’UNICEF. Il témoigne de l’engagement croissant des entreprises, de différentes catégories, à contribuer durablement le secteur de l’assainissement.

D’ici la fin du programme en 2026, Justine et les autres agents impliqués se sont fixé un objectif ambitieux : promouvoir 8 000 latrines équipées de SATO Pan dans les communautés du Grand Sud. Martine, quant à elle, continue de vendre ses savons tout en veillant sur ses petits-enfants — et en encourageant ses voisins à adopter de meilleures pratiques d’assainissement et d’hygiène. 

Une affiche de sensibilisation est collée sur le site où sont exposés les prototypes de latrines à Tuléar.
Une affiche de sensibilisation est collée sur le site où sont exposés les prototypes de latrines à Tuléar.
L’équipe de promotion du programme au niveau local, composée d’agent de vente (Justine au milieu), du fabricant et d’ONG partenaires de l’UNICEF.
L’équipe de promotion du programme au niveau local, composée d’agent de vente (Justine au milieu), du fabricant et d’ONG partenaires de l’UNICEF.

Note : ce programme d’assainissement basé sur le marché est soutenu financièrement par le gouvernement du Japon