Le travail incessant des journalistes et leur devoir d'informer en temps de crise sanitaire

Les journalistes, des héros malgré eux, méritent qu'on souligne leur travail pour couvrir la COVID19, en cette journée mondiale de la liberté de la presse

Fanja Saholiarisoa
Girardo
Photo fournie
03 mai 2021

Les journalistes travaillent dans des conditions précaires, mais cela ne freine en rien leur abnégation pour poursuivre leur précieuse mission, celle d’informer la population même en temps de crise sanitaire.  Les médias font d’ailleurs partie des secteurs essentiels et réquisitionnés dans cette urgence sanitaire de COVID19 à Madagascar. Comme l'année dernière, les journalistes sont au devant de la scène, ils sont confrontés aux risques d’être contaminés par la maladie et de la transmettre à leurs proches. En cette journée de la liberté de la presse, célébrons ces héros.

Nadia Raonimanalina, qui ne recule devant rien même la COVID19 ! 

Malala Rakotonirainy, la jeune journaliste sur le frontline

Girardo Ramambasoa, l’inarrêtable journaliste reporter d’images 


 

Nadia Raonimanalina, qui ne recule devant rien même la COVID19 ! 

Nadia

Avec plus de 20 ans d’expérience dans le métier, avec une passion pour l’investigation, Nadia Raonimanalina a été confrontée à de nombreuses situations difficiles. Mais la COVId19 a chamboulé la vie et le travail de cette mère de 3 enfants.


« J'ai été moi-même touchée par la Covid-19. Mais cela ne m'a pas empêchée de poursuivre mes tâches en tant que journaliste. Accomplir cette mission dans ce contexte de la Covid-19 est difficile surtout en étant mère de famille et maman. Le plus dur a été de jongler entre travailler et me protéger en vue de protéger mes collègues et surtout ma famille », explique-t-elle.


 A chaque retour à la maison, Nadia suit tout un rituel. Mais ces mesures, le respect des gestes barrières n'ont pas empêché la pandémie de les atteindre elle et ses proches. Même malade, elle a dû jongler entre le travail et la maladie. « Je ne suis plus sortie de chez moi, obligée de télétravailler. Mais j'ai dû m’arrêter durant une semaine à peu près, lorsque j'ai été en pleine crise », ajoute cette passionnée qui ne recule devant rien pour informer les Malgaches. 


«En cette journée particulière aux journalistes, je ne peux que souhaiter une presse malagasy vraiment libre, mais surtout qu'on puisse jouir d'une santé de fer pour qu'on puisse accomplir cette tâche noble qu'est d'informer » , conclut-elle qui appelle à un soutien à la presse en ce temps de crise. 
 

 

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Malala Rakotonirainy, la jeune journaliste sur le frontline

Malala

À seulement 23 ans, Malala Rakotonirainy est au-devant de la scène tous les jours. Elle est parmi ceux qui doivent aller faire les terrains et reste exposée. Après son diplôme en poche, elle rêvait de travailler dans une chaîne de télévision en tant que journaliste mais elle n’imaginait pas que parmi ses expériences serait de couvrir une pandémie!


Elle essaie de trouver des reportages originaux pour son public car elle avoue que la collecte d’informations officielles est aussi devenue très difficile. Notamment durant la première vague de la pandémie où plusieurs personnes n’y croyaient pas encore. Elle essayait de les informer et les sensibiliser en apporter des visages humains de la maladie à travers des témoignages poignants des malades. Selon elle, elle a déjà croisé une vingtaine de malades. Jusque-là, elle se portait bien quoiqu’elle essaie toujours de consulter les médecins à chaque fois que quelque chose se passe. Les tests et scanners qu’elle a faits s’avèrent négatifs et sans problème contrairement à de nombreux journalistes malades à cause de la COVID19.


« La peur d’être contaminée reste. Mais j’essaie au mieux de me protéger à travers une  alimentation équilibrée, de l’eau chaude à boire et la désinfection mais surtout je respecte la distance », souligne-t-elle. 


Pour elle, être journaliste c’est une mission noble. Toutefois, il est primordial de faire très attention car la santé est aussi importante pour pouvoir continuer la mission. 
 

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Girardo Ramambasoa, l’inarrêtable journaliste reporter d’images 

Girardo

Avec son cameraman Rodriguez ZAFIMAHALY, ils étaient parmi les premiers journalistes malgaches ayant reçu une autorisation de faire un reportage dans les centres de traitement des patients de la COVID19 en avril 2020. Pour Girardo Ramambasoa, journaliste reporter et non moins rédacteur en chef au sein de la chaine nationale TVM, c’était une opportunité mais surtout un défi comme aucun journaliste ne voulait le faire à sa place car bien sûr, c’était trop risqué. Il s’est donc porté volontaire malgré tout. « Franchement, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. L'hôpital était sombre et silencieux. Le personnel médical, méconnaissable sous leur équipement de protection individuelle, nous a averti du danger que nous devrions affronter. C'était du jamais vu! C'était le reportage le plus compliqué durant ma vie de journaliste », se rappelle-t-il.


Selon lui, l’attente du public a évolué au cours de la pandémie et il ne fallait pas se contenter des informations institutionnelles. Il se souvient qu’en rentrant au desk ce jour-là, ils étaient mis à l'écart comme s’ils étaient contaminés, sans parler des réactions de ses proches. 


Cet incident lui a permis aussi de réaliser les dangers du métier face à la COVID19 et de concrétiser l'importance des gestes barrières. «J'ai beaucoup appris, et je ne finis pas d'apprendre de cette crise sanitaire. La base est que le public a besoin d'informations fiables et j'ai le devoir de les lui donner », souligne-t-il.


Son quotidien a changé depuis l’arrivée de la pandémie à Madagascar, que ce soit au desk mais surtout sur les terrains. En effet, même en doublant de vigilance, les journalistes risquent toujours d'être contaminés ou même d'être vecteurs du virus. « Mais bien que l'humain ait peur, le journaliste défiera ces dangers, puisque raconter ce que l'on ne voit pas est impossible », ajoute-t-il inarrêtable.

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