Le programme Tosika Kere dans le Sud de Madagascar

Les ménages affectés par la crise d’insécurité alimentaire reprennent leur souffle grâce au programme Tosika Kere

Solofonirina Claudia Rakotoarison
Bénéficiaire de Tosika Kere
Solofonomenjanahary Fanomezantsoa Moise
02 juin 2021

Soanatoetse, 35 ans et mère de 10 enfants, habite à Fenoaivo, dans la commune d’Ifotaka, district Amboasary Sud. La famille bénéficie du transfert monétaire Fiavota depuis 2016 grâce aux contributions de l’UNICEF. Selon Soanatoetse, le Fiavota ou « rescousse » en langue locale a permis à sa famille d’améliorer le niveau de vie de la famille et surtout de scolariser ses enfants.

Malheureusement, en 2020, la sécheresse dans le sud a frappé de plein fouet la commune d’Ifotaka. Le manque de précipitation pluvieuse a rendu impossible la culture avec comme conséquence l’inexistence de récolte, la diminution significative du revenu, et l’augmentation des dépenses liées à la nourriture. La famille de Soanatoetse n’a pas pu échapper à cette tragique situation.

Mais, pour elle, l’appui financier de Fiavota leur a permis de se tenir debout grâce aux épargnes et investissements qu’ils ont pu réaliser dans le passé. « Au lieu de récolter et de vendre pour avoir plus d’argent, nous étions obligés d’acheter de la nourriture au marché. Nous avions eu les moyens d’acheter parce que nous avions eu des épargnes. Mais, les maniocs, maïs, patates douces…commençaient aussi à disparaître sur le marché de notre commune et les prix ne cessaient d’augmenter. Pour survivre, nous étions contraints de ne manger qu’un repas par jour », raconte-t-elle avec amertume. A l’entendre, cette période de sécheresse est l’une des pires épreuves de sa vie. Au cours des années précédentes, les ménages ont mangé les fruits de cactus en période de soudure. Toutefois, cette année même les cactus n’ont pas pu produire des fruits en raison de la forte chaleur combinée par l’inexistence de pluie. « Nous ne trouvons plus de fruits de cactus, même les cactus rouges, qu’à des kilomètres de notre village », poursuit-elle.

Depuis que Soanatoetse a pris connaissance que le montant de l’allocation pour sa famille a augmenté de 80,000 Ar (22 $US) par mois, dans le cadre du mécanisme de Protection Sociale Réactive aux Chocs (PSRC) ou « TOSEKE KERE » dans le dialecte local (qui signifie « Lutte contre la famine »), elle a repris son souffle et a retroussé ses manches. « A un moment donné, nous avons presque perdu espoir, nous n’arrivons plus à rejoindre les deux bouts. Mon enfant Nasoloazo, âgé de 2ans, a été atteint de la Malnutrition Aigüe Modérée (MAM), je ne savais plus quoi faire ou quoi espérer. Grâce à cette allocation d’urgence mensuelle, je peux résoudre les problèmes prioritaires de ma famille : la nourriture, la santé de mon petit enfant et un peu de collation pour motiver mes enfants scolarisés. Nasoloazo après avoir été soigné auprès du centre de nutrition, peut à présent manger régulièrement à sa faim » témoigne-t-elle avec joie. 

Cette expansion du programme régulier de transfert monétaire Fiavota en Programme de Protection Sociale Réactive aux Chocs, appuyant 4,000 ménages bénéficiaires, a été rendue possible grâce au généreux soutien du Foreign, Commonwealth & Development Office du Royaume-Uni à l’UNICEF Madagascar.