Le centre nutritionnelle de Nikoly offre une seconde vie à la population de Tsihombe

Le nouveau centre de récupération nutritionnelle ambulatoire à Nikoly permet une meilleure prévention et la mise en charge de la malnutrition

Fanjaniaina Alida
Mandigneto, 10 mois, et sa mere sont en consultation au centre nutritionnelle
UNICEF Madagascar/2017/Ralaivita

01 août 2017

Le soleil tape fort à Nikoly ce jour-là. Cela n’a pas empêché Salala et son fils Madigneto Fernand, 10 mois de faire les 5 km à pied pour quitter Anatsosa, leur fokontany.

Ils viennent pour le traitement et le suivi hebdomadaire de l’état de santé de Madigneto, atteint de malnutrition aiguë sévère (MAS). Elle est venue accompagnée de quelques habitants du village, eux aussi ont fait le déplacement pour la séance de dépistage et de prise en charge de malnutrition aigüe sévère.

La consultation de Madigneto est spéciale étant un enfant MAS. Il a été admis au niveau du CSB en début du mois de juillet de cette année à cause de son faible poids. Il pesait 5,4 kilos en juillet. Après la séance de suivi de croissance pour mesurer son périmètre brachial, l’agent communautaire a noté une baisse du poids. Ce jour-là, il pèse 5kg800 contre 6kg300 une semaine auparavant. En l’observant, le chef du centre de santé de base de Nikoly sensibilise Salala sur la bonne alimentation pour son fils. «Votre fils doit finir les doses de plumpy nut avant de revenir pour la prochaine consultation », explique Dr Tsida Andriatsafara.

Maintenir une alimentation suffisante est un périple avec le manque d'eau

Sa maman explique qu’il a eu la diarrhée les 3 derniers jours. Une situation très fréquente selon les agents de santé à cause de la pauvreté sévissant dans la région d’Androy et au faible revenu des communautés dont la plupart se fient à l’agriculture et l’élevage handicapées par le manque d’eau, les terres arides etc.

Ce qui rend les jours difficiles dans le sud de la grande ile. Les rations quotidiennes tournent autour des patates douces et des maniocs. Pour Salala, elle doit subvenir aux besoins de ces cinq autres enfants. «J’essaie d’adapter les conseils en nutrition que j’obtiens ici avec le peu que j’ai », affirme-t-elle.

Selon elle, le fait de venir au CSB lui a été bénéfique pour sauver son enfant déjà en état faible. Avec un voucher, elle peut s’approvisionner en eau potable du centre de santé de base. Elle bénéficie aussi d’un filtre céramique et d’un dispositif de lavages de mains et de savon chez elle. Tout cela, grâce au financement de l’ l’Office d’aide humanitaire de la Commission Européenne (ECHO).

La mise en place d’un centre de récupération nutritionnelle ambulatoire à Nikoly, une zone très reculée dans le sud de la grande ile est une aubaine pour les milliers de population. Avec l’appui de la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile, le CSB a été équipé et approvisionné en intrants et en produits de la CRENA ainsi que de la prévention et la mise en charge de la malnutrition.