Le «TOSIKA FAMENO»,une bouffée d’oxygène pour les familles vulnérables en confinement

Le "Tosika Fameno" va appuyer financierement les familles vulnerables a cause des impacts socio-economiques du confinement

Collectée par Claudia Rakotoarison, écrite par Fanja Saholiarisoa
Chantal Raharimalala lors du jour de paiement avec son enfant de 12 mois
UNICEF/2020/Claudia Rakotoarison
27 avril 2020

Chantal Raharimalala, 21 ans, mère de trois enfants, n’aurait jamais imaginer sa vie après la pandémie du COVID-19. Depuis le 21 mars ou le gouvernement malagasy a décrété le confinement dans la capitale, elle et son mari ont perdu leur travail de jardinière et de maçon. Pour respecter le confinement, ils ont dû rester chez eux à Morarano Alarobia.  Une décision pas facile car avant le confinement, les deux époux gagnaient en moyenne 15 000 Ariary par jour (4 dollars), une somme qui leur servait pour tenir le mois.

Ils ont dû arrêter leur travail, faute d’employeur. Ils ont dû recourir à des petites tâches matinales comme porter de l’eau. C’est à peine s’ils pouvaient gagner 4 000 Ariary par jour (un peu plus d’un dollar), un bidon d’eau transporté leur revenant à 200 Ariary (5 cents). « Notre mince espoir s’écroule soudainement car la situation est grave. On n’a même pas pu payer notre loyer et a demandé une échéance auprès du propriétaire », explique Chantal en poursuivant que le plus grand impact était de voir son pouvoir d’achat se réduire quotidiennement. Une situation qui hélas s’avère difficile avec les trois petites bouches à nourrir. « Nous, les adultes, sommes en mesure de comprendre et de faire des sacrifices et ne rien manger du tout. Alors que les enfants doivent manger au moins une fois par jour. On a fait notre possible pour avoir quelque chose à mettre sur nos assiettes chaque jour », explique-t-elle avec amertume.

L’aide en transfert monétaire leur est venue comme une surprise. Ils n’y croyaient pas vraiment et pourtant, les voisins les ont informés que leurs noms étaient affichés sur la liste des bénéficiaires du programme TOSIKA FAMENO (« combler l’écart ») dans le quartier.

Un grand soulagement pour cette famille de pouvoir recevoir 100 000 Ariary (26 dollars) d’aide par mois. Un plan d’aide économique et social mis en place par l’Etat avec ses partenaires dont l’UNICEF. Nous avons rencontré Chantal munie de son cache-bouche qui rejoint le rang des autres bénéficiaires déjà sur les lieux. Avant de passer à la caisse, elle doit suivre les instructions : se laver les mains et respecter au moins un mètre de distance.

La liste est longue pour Chantal qui nous a raconté, le sourire aux lèvres, comment elle va dépenser la somme reçue : sa priorité est d’acheter de la nourriture, surtout pour leurs enfants. Le reste va servir à la famille pour couvrir les dettes et les autres charges avant de pouvoir revenir progressivement vers leurs activités quotidiennes.

Dans le cadre du Plan d’Urgence Sociale en réponse au COVID-19, le TOSIKA FAMENO ciblera en tout 189 400 ménages à Antananarivo, Toamasina et Fianarantsoa où le confinement a été mis en vigueur pour deux mois.

L'UNICEF, qui soutient financièrement ce programme avec la Banque Mondiale, le PNUD, le PAM, l’Union Européenne, l’Action Contre la Faim (ACF), le CARE et la Croix Rouge Malagasy, a joué un rôle clé dans le design du plan d'intervention de protection sociale, en coordonnant le groupe de travail sur la protection sociale, et la mobilisation d'environ 13 millions de dollars.

« Avant l'annonce du premier cas de COVID-19 dans le pays début mars 2020, Madagascar faisait déjà face avec une multitude de crises, dont les cyclones dans le Nord et la sécheresse dans le Sud. À Madagascar, le COVID-19 est avant tout une crise socio-économique qui pèse directement sur le bien-être de 13 millions d'enfants – dont quatre sur cinq sont touchés par une grande pauvreté. L‘assistance sociale est donc un élément indispensable de la réponse au COVID-19 que nous commençons à renforcer avec le TOSIKA FAMENO. », conclut Erica Mattellone, chef de la politique sociale de l’UNICEF à Madagascar.

 

 

Des milliers de gens ont ete presents pour leur 1er paiement
UNICEF/2020/Claudia Rakotoarison