« C’est plus qu’un métier, c’est une vocation !»
Après chaque situation d’urgence, les enfants restent vulnérables face aux violences. Des professionnels restent engagés pour lutter contre ce fléau.
« Nous devons bien faire notre travail car nous avons prêté serment », confie Andréa, assistante sociale. Nous sommes au centre Vonjy, situé dans l’enceinte du centre hospitalier universitaire de Toamasina. Pendant l’entretien, elle est assise à côté de sa binôme, Nicole. Ensemble, elles font face aux épreuves du quotidien.
Notre conversation est soudainement interrompue. Deux personnes se présentent à l’entrée du centre. Fitia (nom modifié), 14 ans, a été agressée sexuellement par un voisin. Elle n’arrive pas à oublier ce qui s’est passé. « Il a plaqué sa main sur ma bouche pour m’empêcher de crier. J’ai eu très mal. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai vu le sang sur mon pantalon », confie-t-elle à Andréa, en charge de l’accompagnement psychosocial.
Dans ce centre, l’adolescente bénéficiera aussi d’une prise en charge médicale ainsi que d’un accompagnement judiciaire. Le centre a été créé en 2017, avec l’appui de l’UNICEF, pour offrir une prise en charge intégrée et gratuite des cas de violences et d’abus sexuels sur mineurs. Les victimes s’y présentent par leurs propres moyens ou sont référées par des assistants sociaux et autres intervenants sociaux.
Continuer à protéger les enfants
Après le passage du cyclone Gezani, le centre a subi d’importants dégâts : le toit a été arraché, les vitres brisées et les locaux inondés. Malgré cela, il reste opérationnel grâce à un grand nettoyage effectué par des volontaires deux jours après le désastre.
L’UNICEF appuie également les travaux de réparation et continue de soutenir le centre en fournissant des intrants (médicaments, tests de grossesse, etc.), ainsi qu’un fonds de prise en charge pour chaque enfant.
Tous ces défis rendent le travail à la fois exigeant et complexe. Ces professionnels font preuve d’un réel engagement en faveur de la protection des enfants. Ils font également partie des sinistrés dont les maisons ont été endommagées par le cyclone. Malgré la fatigue, Nicole puise la force de continuer en pensant aux victimes. Il y a aussi des moments qui redonnent du sens : à la fin de l’entretien, elle nous montre un poème qu’une patiente lui a écrit, ainsi qu’un dessin offert par une autre.
« Ce travail est une vocation. Si ce n’était pas le cas, on aurait déjà jeté l’éponge »
Note : L’UNICEF soutient les enfants et les personnes qui en ont la charge à travers des services de protection de l’enfance dans le cadre de sa réponse d’urgence. Cette activité est financée par l’Agence suisse pour le développement et la coopération.