Formation sur les Principes directeurs sur les Droits de l’Enfant et les Entreprises

15 agents du Ministère de l’Industrie, venant du niveau régional et central ainsi que les 5 agents de l’EDBM ont pu bénéficier de 5 jours de formation

Mirana RANARIVELO
12 septembre 2019

Les impacts des activités économiques sur des droits des enfants qu’ils soient négatifs ou positifs sont souvent méconnus, et difficilement prise en compte dans le développement des pratiques et politiques de gestion du secteur privé à Madagascar. Souvent l’interrelation entre les entreprises et le respect des droits de l’enfant se limite au seul aspect du travail des enfants, et la prise de responsabilité sociale et sociétale des entreprises ne génère pas toujours une valeur ajoutée pérenne ni pour les enfants et leurs familles, ni pour l’entreprise lui-même.

C’est pourquoi la promotion des Principes directeurs sur les Droits de l’Enfant et les Entreprises (PDEE) a été définie comme programme conjoint prioritaire par le MICA (Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et l’UNICEF (Fond des nations Unies pour l’Enfance) sur la période 2017-2019.

Les PDEE présentent un cadre stratégique d’engagement des entreprises pour assurer le respect et le soutien aux droits de l’enfant dans son milieu de travail, au niveau de son marche, en termes d’environnement et au niveau de la communauté.

La formation des groupements professionnels et des entreprises du secteur privé a démarré en 2017 pour une promotion et une prise en compte des PDEE dans leurs pratiques et politiques de gestion de leurs affaires. Plus d’une cinquantaine d’entreprises et groupements professionnels ont pu bénéficier de cette formation et bon nombre d’entre eux ont démarré l’implémentation de ces principes par l’élaboration d’une politique et un plan d’action en vue du respect et du soutien des droits de l’enfant dans toute leur chaine de valeur. Une entreprise a dupliqué l’effort effectué dans ce domaine par la formation de près de 140 personnes représentants tous leurs contractants au nombre de 70 (soixante -dix).

L’engagement du secteur privé ne peut être effectif sans un engagement avéré de l’Etat. C’est dans ce cadre que s’inscrit la semaine de formation menée du 2 au 6 septembre 2019 au bénéfice de 18 agents du MICA et de l’EDBM pour ce qui concerne spécifiquement le secteur de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat.

Les 15 agents du MICA, venant du niveau régional et central ainsi que les 5 agents de l’EDBM ont pu bénéficier de 5 jours de formation, de discussion et d’analyse relatifs au respect et au soutien des droits de l’enfant dans les secteurs de l’industrie, du commerce et de l’artisanat. Les objectifs de cette séance étant de transmettre aux participants les bases nécessaires pour comprendre comment les entreprises peuvent impactent positivement ou négativement sur la vie et le bien-être des enfants et leurs familles pour qu’ils puissent sensibiliser et accompagner les entreprises du secteur à respecter leurs obligations légales face aux droits de l’enfant mais également  pour aller au-delà des lois et soutenir les droits de l’enfant dans un cadre de responsabilité sociale et sociétale.

Selon un participant, la formation lui a permis de constater concrètement qu’à travers son travail, il a un rôle important à jouer pour promouvoir et faire respecter le droit des enfants auprès des entreprises et investisseurs à Madagascar.

Les travaux de réflexion et de discussions relatifs aux problématiques et aux opportunités générés par les activités des entreprises dans les secteurs de l’industrie, du commerce et de l’artisanat vont appuyer l’élaboration des stratégies d’intervention du MICA et de l’EDBM pour assurer que les politiques et programmes de développement de ces secteurs qui seront déployés à Madagascar dorénavant intègrent les volets relatifs au respect des droits de l’enfant, et que les engagements des entreprises de ces secteurs soient suivis, évalués et valorisés.

Un point d’action pour la réduction du travail des enfants qu’un des participants va renforcer avec son équipe par exemple, s’inscrit dans les efforts de formalisation des petites et moyennes activités de transformation agricole et d’artisanat. Une formalisation en tant que coopérative ou en tant que PME/PMI.

Pour l’UNICEF Madagascar, l’assiduité et l’engagement de tous les participants témoignent de la qualité des ressources humaines du MICA et de l’EDBM ainsi que de la volonté des dirigeants de ces deux entités à promouvoir une réelle industrialisation durable et inclusive à Madagascar. Les résultats de cette semaine de formation et de réflexion vont servir de base pour l’élaboration du plan de travail conjoint entre l’UNICEF et le MICA pour l’année 2020, pour une intégration effective dans le nouveau cycle de programme 2021-2023.