Quand la guitare résonne plus fort que les armes

L’initiative de l'UNICEF « Ma guitare résonne pour la paix » utilise l’art et la musique pour protéger les enfants haïtiens des dangers liés aux groupes armés.

-
UNICEF Haiti
10 septembre 2024

LEOGANE (Haïti) - 9 septembre 2024 - L'UNICEF a lancé aujourd'hui une initiative innovante intitulée "Gita pa m lan sonnen pou lapè" ou "Ma guitare résonne pour la paix". Elle a pour objectif de sensibiliser les enfants aux risques d’enrôlement dans les groupes armés en s’appuyant sur l’art et la musique. Dirigé par l'Ambassadeur national de l'UNICEF, Jean Jean Roosevelt, cette initiative puise dans le riche patrimoine culturel haïtien pour mobiliser les enfants et leurs communautés face à la crise actuelle.

"Gita pa m lan sonnen pou lapè" utilise la culture, l’art et la musique pour impliquer les enfants, les adolescents et les communautés dans la lutte contre le recrutement des jeunes par les groupes armés. Il leur offre une alternative : celle de l’expression créative et de la paix.

Jean Jean, Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF en Haïti, joue avec des enfants.
UNICEF/2024/Joseph Jean Jean, Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF en Haïti, joue avec des enfants.

"J’ai imaginé cette idée avec l’équipe de l’UNICEF, et ensemble nous l’avons mûrie et mise en forme. Ce n’est que le début d’un parcours vers une Haïti plus forte, plus unie et plus résiliente. Grâce à la musique et à l'art, nous pouvons toucher et inspirer les jeunes en leur offrant une alternative à la violence et une voix pour leur avenir. L'art et la musique ont toujours fait partie intégrante de notre culture. Ce projet reflète la force de nos traditions et notre espoir d'un avenir pacifique."

Jean Roosevelt, Ambassadeur national de l'UNICEF.

Haïti et sa population font face à des défis immenses. Les menaces persistantes des groupes armés, les catastrophes naturelles, les bouleversements politiques, sécuritaires et les déplacements de populations ont exacerbé les problèmes existants – retardant le développement économique et social et exposant nos enfants à de nouveaux risques de protection, tels que la séparation familiale, la détresse psychosociale, les abus, l’exploitation, la négligence et la violence, y compris le recrutement par des groupes armés et les violences sexuelles.

Plus de 1,3 million d’enfants sont affectés par les troubles civils et la violence des groupes armés. À Port-au-Prince et dans plusieurs localités du bas de l’Artibonite, des centaines de milliers d’enfants dont dû fuir leurs maisons. Certains d’entre eux se retrouvent pris entre deux feux, blessés ou tués, alors que les terrains de jeux, les écoles, les hôpitaux et les maisons se transforment en champs de bataille.

Une jeune fille joue de la guitare.
UNICEF/2024/Joseph Une jeune fille joue de la guitare.
Un jeune garçon joue de la guitare.
UNICEF/2024/Joseph Un jeune garçon joue de la guitare.

Selon les estimations, près de 600 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, ont été déplacées à l’intérieur du pays et ont un besoin urgent d’aide humanitaire. Parmi eux, plus de 34 000 se trouvent dans la commune de Léogâne, lieu du lancement du projet, dont 13 000 enfants en âge scolaire.

"Cette initiative est d’une importance cruciale", a souligné M. Ernson Henry, maire de Léogâne. "Outre les réponses multisectorielles apportées par l’UNICEF dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’assainissement et de l’éducation, "Gita pa m lan sonnen pou lapè" arrive à point nommé, au moment où le gouvernement met en place un programme de réintégration des enfants associés aux groupes armés, à la veille de la rentrée scolaire."

Le Représentant de l’UNICEF, le maire de Léogâne et Jean Jean Roosevelt posent avec les enfants, guitare à la main.
UNICEF/2024/Joseph Le Représentant de l’UNICEF, le maire de Léogâne et Jean Jean Roosevelt posent avec les enfants, guitare à la main.
Les enfants présents à la cérémonie de lancement de l'initiative à Léogâne.
UNICEF/2024/Joseph Les enfants présents à la cérémonie de lancement de l'initiative à Léogâne.

"Cette initiative comprendra des ateliers artistiques : des cours de guitare, des productions musicales et des spectacles créés par les enfants eux-mêmes. Les chansons qu'ils composeront porteront leur message de paix à toute la communauté", a rajouté Alande Paul, Coordonnateur de Programme de l'organisation CEDUCC, responsable de la mise en œuvre de l'initiative à Léogâne.

Des campagnes médiatiques, des programmes radio et des contenus numériques seront également lancés pour sensibiliser un large public, en particulier à travers les réseaux communautaires et les U-Reporters.

"L’Institut du Bien-Être Social et de la Recherche, associé à cette initiative, veillera à ce que les enfants les plus vulnérables et exclus bénéficient de cette initiative, et des alternatives d’éducation formelle et non formelle essentielle, y compris les programmes de réhabilitation et de réinsertion", a affirmé M. Fritzner Saint Fleur.

Bruno Maes, le Représentant de l’UNICEF en Haïti, pose avec les enfants bénéficiaires de cette initiative.
UNICEF/2024/Joseph Bruno Maes, le Représentant de l’UNICEF en Haïti, pose avec les enfants bénéficiaires de cette initiative.

"Cette initiative est bien plus qu’une simple sensibilisation. C’est un cri d’espoir, une invitation à la paix qui résonne à travers les guitares, les voix et les créations artistiques des enfants. Ensemble, nous pouvons transformer les esprits et les cœurs des jeunes, en leur offrant un avenir où la musique, l’art et la paix résonnent plus fort que la violence."

Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF en Haïti.

En marge de cette initiative, l'UNICEF travaille au côté du gouvernement pour répondre aux besoins essentiels des personnes les plus vulnérables, y compris les enfants, afin qu'ils ne soient pas contraints de rejoindre des groupes armés comme mécanisme de survie.

Un protocole a été validé par l'État, les agences des Nations Unies et les organisations de la société civile pour la prise en charge des enfants libérés des gangs. Cela pour s'assurer que les enfants réellement ou prétendument associés à des groupes armés, y compris ceux accusés d'avoir commis des crimes, sont en priorité considérés comme des survivants de violations du droit international, des droits de l’enfant ou d'abus graves, plutôt que comme des auteurs de délits.

Un groupe de musiciens en train de jouer, ajoutant une touche festive à la journée.
UNICEF/2024/Joseph Un groupe de musiciens en train de jouer, ajoutant une touche festive à la journée.
Une jeune fille posant avec un sourire.
UNICEF/2024/Joseph Une jeune fille posant avec un sourire.

Le gouvernement - avec le soutien de l'UNICEF – a mis en place une structure de transit pour les enfants, filles et garçons, qui ont été associés aux groupes armés. Après une courte période d'évaluation de leurs besoins, les enfants seront orientés vers des services spécifiques tels que des psychologues, des opportunités de développement de compétences ou la réunification familiale.