Près d'un enfant de moins de cinq ans sur treize souffre de malnutrition aiguë en Haïti
Une nouvelle enquête nationale sur la nutrition révèle que la malnutrition aiguë chez les enfants a augmenté depuis 2023
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PORT-AU-PRINCE/NEW YORK, 28 août 2026 – Environ un enfant sur treize âgé de 6 mois à 5 ans en Haïti souffre de malnutrition aiguë, selon les résultats préliminaires de l’Enquête nationale nutritionnelle SMART 2026 publiés aujourd’hui.
La prévalence de la malnutrition aiguë globale chez les enfants en Haïti âgés de 6 à 59 mois, définie comme une émaciation modérée ou sévère ou par des œdèmes nutritionnels, est passée de 5,1 pour cent à 7,4 pour cent entre 2023 et 2026.
« Ces résultats s'inscrivent dans un contexte d'insécurité prolongée, de difficultés économiques et de besoins humanitaires qui continuent de restreindre l'accès des familles à une alimentation suffisamment nutritive, aux soins de santé et aux services de nutrition », a déclaré le représentant adjoint de l'UNICEF en Haïti, Yannig Dussart. « Prévenir et traiter la malnutrition en Haïti exige une action urgente et la mobilisation de l'ensemble des parties prenantes et des acteurs afin de garantir que les enfants puissent accéder aux services vitaux dont ils ont besoin. »
La malnutrition aiguë, qui survient lorsque les enfants ne reçoivent pas une alimentation suffisamment nutritive ou souffrent de maladies à répétition, peut rapidement mettre leur vie en danger sans un traitement rapide. Les enfants souffrant d’une malnutrition aiguë sévère encourent un risque élevé de décès, en particulier lorsque celle-ci s'accompagne de maladies et d'un accès limité aux soins médicaux.
Entre 2023 et 2025, les violations graves commises à l'encontre des enfants, notamment le refus d'accès à l'aide humanitaire et les attaques contre les écoles et les hôpitaux où les enfants reçoivent des services nutritionnels, ont triplé.
Malgré l’aggravation des tendances de la malnutrition aiguë, l'enquête met en évidence des progrès concernant d'autres indicateurs. La prévalence de la malnutrition chronique, ou retard de croissance, chez les enfants de moins de cinq ans est passée de 22,9 pour cent en 2023 à 17,3 pour cent en 2026. Le taux de mise au sein précoce est passé de 48 pour cent en 2023 à 68,0 pour cent en 2026, tandis que le taux de l'allaitement exclusif est passé de 17,5 pour cent à 33,0 pour cent.
L'UNICEF et ses partenaires collaborent avec le ministère de la Santé publique et de la Population pour intensifier le dépistage et la prise en charge des enfants malnutris, notamment par l'intermédiaire d'agents de santé communautaires et d'équipes mobiles déployées dans les zones difficiles d'accès et touchées par l'insécurité. Une analyse plus approfondie des résultats de l'enquête, combinée au Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire pour la malnutrition aiguë (IPC-AMN), est attendue le mois prochain et servira de boussole pour orienter la réponse humanitaire et les interventions de développement.
Alors que les besoins humanitaires continuent de s’aggraver en Haïti, l’UNICEF lance un appel urgent à un soutien accru pour combler le déficit de financement de plus de 64 pour cent des interventions en nutrition prévues dans le cadre de son Appel à l’action humanitaire pour les enfants (HAC) 2026. Un investissement durable est indispensable pour prévenir, détecter et traiter la malnutrition aiguë, maintenir l'approvisionnement en aliments thérapeutiques prêts à l'emploi (RUTF) et élargir l'accès aux services nutritionnels essentiels pour les enfants et les femmes vulnérables. Grâce à des ressources adéquates, l'UNICEF et ses partenaires pourront sauver des vies, protéger les enfants contre les conséquences dévastatrices de la malnutrition et garantir que les plus vulnérables reçoivent les soins et le soutien dont ils ont urgemment besoin.
Note aux rédacteurs :
L’Enquête SMART 2026 fournit une évaluation, fondée sur la population, de l’état nutritionnel des enfants âgés de 0 à 59 mois et des femmes âgées de 15 à 49 ans vivant dans les zones couvertes par l’enquête en Haïti en juillet 2026. Elle a également évalué d’importants facteurs liés à la nutrition des enfants et des femmes, notamment les maladies infantiles, les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la couverture vaccinale contre la rougeole et la rubéole, la supplémentation en vitamine A, le déparasitage et le recours aux soins.
L’enquête SMART repose sur une méthodologie standardisée de mesure de l’état nutritionnel et fournit aux acteurs humanitaires des données fiables pour orienter la réponse. Les résultats se rapportent spécifiquement à la période de l’enquête et ne fournissent pas d’informations sur la situation nutritionnelle avant ou après cette période. Ils ne constituent pas non plus une statistique représentative à l’échelle nationale aux fins de comparaisons internationales.
Cette enquête nationale a été menée par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), par l’intermédiaire de l’Unité de coordination du Programme national d’alimentation et de nutrition (UCPNaNu), avec l’appui technique et financier de l’UNICEF, rendu possible grâce au soutien des Gouvernements des États-Unis et du Canada, ainsi que du Comité allemand pour l’UNICEF.
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