En Haïti, plus d’un quart de million d’enfants menacés par la malnutrition aiguë sur fond de violences persistantes

L’UNICEF, la FAO et le PAM appellent à agir de toute urgence pour prévenir une aggravation de la malnutrition infantile en Haïti, alors que Cité Soleil et Cabaret devraient faire face à une situation critique entre décembre 2026 et mai 2027.

17 septembre 2026
Un enfant en train de recevoir du Plumpy'Nut
UNICEF Haïti/2026 Honoré

PORT-AU-PRINCE, 17 septembre 2026 – Selon les estimations, 253 725 enfants âgés de 6 à 59 mois pourraient souffrir de malnutrition aiguë en Haïti entre juin 2026 et mai 2027, dont près de 94 000 de malnutrition aiguë sévère, alors que les violences incessantes des groupes armés menacent d’aggraver la situation. 

Sans traitement rapide, la malnutrition aiguë sévère peut mettre en danger la vie des enfants. Par ailleurs, 159 852 enfants pourraient souffrir de malnutrition aiguë modérée, tandis que 25 750 femmes enceintes et allaitantes auront besoin d’un soutien nutritionnel. 

L’analyse de la malnutrition aiguë du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), menée sous la direction du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) d’Haïti, avec l’appui de l’UNICEF, de la FAO, du PAM, de l’OMS et des partenaires du secteur de la nutrition, met en évidence les zones où un soutien accru est le plus urgent. La dégradation prévue de la situation entraînerait une hausse des besoins de prise en charge dans un nombre croissant de communautés, accentuant la pression sur des services auxquels de nombreuses familles peinent déjà à accéder. 

L’escalade des violences des groupes armés contraint de nombreuses familles à fuir leur foyer et entrave l’accès des enfants à la nourriture, à la prise en charge de la malnutrition et aux services essentiels. Ces déplacements se poursuivent en 2026. A la mi-mai 2026, environ 1,47 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur d’Haïti. 

Entre décembre 2026 et mai 2027, 29 communes sur 140 devraient être classées en phase 3 de l’IPC pour la malnutrition aiguë, correspondant à une situation « sérieuse », tandis que Cité Soleil et Cabaret devraient atteindre la phase 4, dite « critique ». Cette phase est l’avant-dernier niveau de gravité sur l’échelle de l’IPC pour la malnutrition aiguë. Elle indique des niveaux très élevés de malnutrition aiguë et un risque accru de maladie et de décès chez les enfants touchés. 

« Derrière ces chiffres, il y a des enfants dont la vie peut changer lorsqu’ils reçoivent les soins adaptés au bon moment », a déclaré Geeta Narayan, Représentante de l’UNICEF en Haïti. « L’IPC nous aide à repérer les zones où les besoins sont les plus importants. Nous devons maintenant nous appuyer sur ces données pour atteindre les enfants plus tôt, prévenir la malnutrition et veiller à ce qu’aucun enfant ne soit privé du soutien dont il a besoin. » 

« Prévenir la malnutrition aiguë exige d’agir non seulement sur ses conséquences immédiates, mais aussi sur ses causes profondes », a déclaré Pierre Vauthier, Représentant de la FAO en Haïti. « Les familles doivent pouvoir accéder à une alimentation diversifiée et nutritive et produire les aliments dont elles ont besoin. En protégeant les moyens de subsistance agricoles et en renforçant la production alimentaire locale, nous pouvons aider les ménages vulnérables à couvrir leurs besoins nutritionnels, à mieux résister aux chocs futurs et à réduire leur dépendance à l’aide humanitaire. » 

« La dégradation rapide de la situation nous rappelle avec force que prévenir la malnutrition n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique dans l’avenir d’Haïti », a déclaré Lauren Landis, Représentante et Directrice de pays du PAM en Haïti. « Chaque dollar investi aujourd’hui dans la nutrition, la santé, les repas scolaires et le soutien aux familles vulnérables permet d’éviter des coûts humains, sociaux et économiques bien plus élevés demain. Un enfant bien nourri a davantage de chances de réussir à l’école, de rester en bonne santé et de contribuer pleinement au développement de son pays. » 

Alors que la situation devrait se dégrader entre décembre 2026 et mai 2027, l’UNICEF, la FAO et le PAM appellent le Gouvernement haïtien, les bailleurs de fonds, la société civile, les organisations internationales et l’ensemble des partenaires intervenant dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’hygiène et de la sécurité alimentaire à agir immédiatement sans délai autour de trois priorités : 

  • Renforcer la prévention et la prise en charge, en donnant la priorité aux communes où une dégradation de la situation est prévue, grâce au dépistage communautaire, à des soins dispensés à temps, à l’approvisionnement en aliments thérapeutiques et au soutien nutritionnel des femmes enceintes et allaitantes. 
  • Favoriser l’accès à une alimentation nutritive et aux services essentiels, en associant les interventions de nutrition maternelle et infantile à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé, ainsi qu’à des mesures de protection de la production alimentaire et des moyens de subsistance des ménages. 
  • Garantir un accès sûr aux soins et mobiliser des financements immédiats et flexibles, pour permettre aux familles de bénéficier d’une prise en charge, et au Gouvernement ainsi qu’à l’ensemble des partenaires d’acheminer les intrants, d’anticiper la hausse des besoins et de poursuivre la réponse. 

Agir dès maintenant peut éviter que davantage d’enfants ne souffrent de malnutrition aiguë sévère et sauver des vies. 

Notes aux rédacteurs : 

La fiche de synthèse de l’IPC datée du 11 septembre 2026 estime à 253 725 le nombre d’enfants âgés de 6 à 59 mois qui pourraient souffrir de malnutrition aiguë entre juin 2026 et mai 2027, dont 93 873 de malnutrition aiguë sévère et 159 852 de malnutrition aiguë modérée. Ces chiffres ne correspondent pas au nombre d’enfants touchés simultanément à la date de publication. 

La période de projection s’étend de décembre 2026 à mai 2027. Sur l’échelle de l’IPC pour la malnutrition aiguë, la phase 3 correspond à une situation « sérieuse », la phase 4 à une situation « critique » et la phase 5 à une situation « extrêmement critique ». Ces classifications décrivent la situation nutritionnelle d’une zone, et non l’état de chaque enfant qui y vit. 

Lien vers la fiche de synthèse de l’IPC sur la malnutrition en Haïti, juin 2026 – mai 2027. 

Contacts presse

Salwa Moussa
Chief of Communication and Advocacy
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