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En bref : Nigéria

La « Dame de fer » nigériane de l’eau et de l’assainissement

La Journée mondiale des toilettes est célébrée chaque année le 19 novembre pour sensibiliser le public et briser les tabous liés aux toilettes et à l'assaisnissement. Cette année, l'UNICEF célèbre les Héros des Toilettes - des enfants et des adultes qui  suscitent des changements dans leurs communautés en demandant qu’on y installe des toilettes et des services d'assainissement améliorés

Par Emily Bamford

Dans les communautés rurales du Nigéria, la défécation à l’air libre est un problème courant qui entraîne de sérieux risques pour la santé publique. Découvrez comment Zainabu Abubaker, qui dirige le département Eau et assainissement du gouvernement local, aide sa communauté à se libérer de la défécation à l’air libre.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nigeria/2015
Zainabu rend visite à l’une des communautés sans défécation à l’air libre au sein de sa juridiction. En tant que directrice du département Eau, assainissement et hygiène (EAH) du gouvernement local, elle supervise une équipe de 96 personnes chargées d’améliorer les services d’assainissement au sein de leurs communautés.

Zone du gouvernement local de Bakori, État de Katsina, Nigéria, juillet 2015 – « Ils me surnomment la Dame de fer, je ne sais pas pourquoi », rit Zainabu Abubakar. « Je ne suis pourtant pas féroce ou quoi que ce soit, je fais juste mon travail. »

Zainabu est une mère de famille qui a quatre enfants et qui vit dans l’État de Katsina, situé dans le nord du Nigéria. En 2009, le gouverneur de l’État la nomme directrice du département Eau, assainissement et hygiène (EAH) de la nouvelle zone du gouvernement local de

Bakori, une décision inhabituelle dans une région où il est très rare qu’une femme occupe un poste de décision.

« J’ai suivi des études d’infirmière car j’ai toujours voulu améliorer la santé de la communauté – notamment celle des femmes et des enfants.  Ce poste me convenait donc parfaitement », explique-t-elle.

Mettre fin à la défécation à l’air libre

Le travail de Zainabu est particulièrement important dans un pays comme le Nigéria. L’enquête démographique et sanitaire nationale de 2013 a montré que 28,7 % de la population nigériane faisait ses besoins à l’air libre et que les Nigérians étaient 37,3 % à utiliser des latrines non améliorées.

Zainabu ne compte pas ses heures et gère une équipe de 96 personnes – l’un des plus grands départements EAH du pays. Mais cela n’a pas toujours été le cas. « Au début, nous étions une toute petite équipe disposant de peu d’argent, mais nous nous sommes battus pour obtenir le personnel et le budget nécessaires à notre action. Il a fallu fournir de nombreux efforts mais heureusement, notre gouverneur nous a beaucoup soutenus. Il savait qu’une fois que nous disposerions des fonds nécessaires, nous obtiendrions des résultats. Nous avons tout mis en œuvre pour ne pas le décevoir. »

Depuis, Zainabu et son équipe ont lancé un vaste programme d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans le district. L’une de leurs premières initiatives a consisté à introduire le programme d’assainissement total piloté par la collectivité (ATPC), considéré en 2009 comme une approche novatrice visant à inciter les communautés à construire leurs propres latrines et à mettre fin à la pratique de la défécation à l’air libre – un problème courant, notamment dans les régions rurales. Le programme baptisé SHAWN II – Sanitation, Hygiene and Water in Nigeria (Assainissement, hygiène et eau au Nigéria) est mis en œuvre en collaboration avec l’UNICEF et des ONG partenaires, avec un financement provenant de UK Aid.

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© UNICEF Nigeria/2015
L’un des points d’eau installés par le département EAH de Zainabu avec le soutien de l’UNICEF. Depuis le lancement en 2009 du programme d’assainissement total piloté par la communauté, près de 90 % des communautés de Bakori ont éradiqué la défécation à l’air libre. Un plus grand nombre d’habitants se lavent les mains et ont accès à une eau potable.

Engagement communautaire

En moins de six ans, près de 90 % des communautés de Bakori ont été certifiées FDAL (fin de la défécation à l’air libre). Cela signifie également que les habitants se lavent les mains et disposent d’eau potable depuis que de nouveaux points d’eau ont été installés.

« L’ATPC est l’un des projets dont je suis le plus fière. Il fonctionne vraiment bien. On observe une réelle différence au sein des communautés puisque les cas de diarrhée et de vomissements ont fortement diminué au cours des dernières années.  Lorsque je rends visite aux communautés FDAL, c’est toujours l’une des premières choses que les gens me disent. »

Faire évoluer les comportements étant un processus de longue haleine, des agents de santé se rendent toutes les deux ou trois semaines dans les différentes communautés pour vérifier leurs progrès. L’équipe de Zainabu se penche ensuite attentivement sur les rapports rédigés par ces agents. « Je surveille vraiment ce qui se passe au niveau communautaire – je connais toutes les communautés et je sais que j’ai la chance d’avoir une équipe formidable qui les soutient. »

Mais malgré les progrès réalisés, pour Zainabu, chaque jour apporte son lot de défis. « C’est parfois difficile d’être une femme dirigeante », explique-t-elle. « C’est comme ça ici, mais je n’ai pas ma langue dans ma poche et je peux le gérer. J’espère que cela incitera d’autres femmes à occuper des postes de dirigeantes au sein du gouvernement. Il faut que nous soyons plus nombreuses », dit-elle dans un sourire. « Ce n’est pas facile mais je sais que la cause en laquelle je crois et pour laquelle je me bats est importante pour les communautés. »

Zainabu espère enfin que d’autres conseils suivront l’exemple du gouvernement de Bakori. « Il y a encore beaucoup de choses à faire au Nigéria », explique-t-elle. « J’espère que d’autres conseils parviendront à créer de véritables départements Eau et assainissement comme le nôtre, car ils disposeront alors de suffisamment de personnel et de ressources financières pour mettre en œuvre un vaste programme. En fin de compte, c’est une volonté politique et un travail acharné qui font vraiment toute la différence. Lorsque ces deux conditions sont réunies, je pense que tout est possible. »

 


 

 

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