4 façons dont l’UNICEF soutient les enfants en République démocratique du Congo
Les conflits et les déplacements prélèvent un lourd tribut sur les familles. L’UNICEF collabore avec ses partenaires afin de leur venir en aide
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La République démocratique du Congo connaît l’une des crises les plus complexes au monde. Les conflits armés et les affrontements intercommunautaires ont fortement exacerbé la faim au sein des communautés, exposant les enfants à des niveaux de vulnérabilité sans précédent. À mesure que les groupes armés étendent leur emprise sur de vastes territoires et que la violence s’intensifie, le nombre de familles déplacées à l’intérieur du pays ne cesse d’augmenter, tandis que dans les camps d’accueil, les conditions de vie, marquées par la promiscuité et l’insécurité, sont souvent désastreuses.
L’escalade de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo a par ailleurs entraîné l’effondrement des services essentiels, la fermeture de milliers d’écoles et la séparation de nombreuses familles, une situation qui met tout particulièrement en danger les enfants ainsi livrés à eux-mêmes dans un contexte d’insécurité marqué par les combats, la circulation d’armes et la présence d’engins non explosés, où les services de justice sont absents et les prisons vidées de leurs détenus.
En raison de la diminution du financement de l’aide humanitaire, les interventions humanitaires menées par l’UNICEF se concentrent sur l’approvisionnement en nourriture et en eau potable, ainsi que sur la fourniture de services d’assainissement adéquats, d’hébergements, de soins de santé de base, de solutions d’éducation et de services de protection à destination des personnes les plus vulnérables, en particulier des femmes et des enfants. Le soutien de l’UNICEF s’articule autour de quatre axes d’intervention.
Protéger les enfants contre la violence
Dans l’est du pays, la population civile, les camps de personnes déplacées, les hôpitaux et les écoles sont la cible d’attaques délibérées. Au milieu de ce chaos, des milliers d’enfants se retrouvent séparés de leur famille, faisant ainsi face à un risque accru d’enlèvement, de recrutement et d’utilisation par des groupes armés ainsi que de violence sexuelle. Leurs droits à une enfance sûre sont tout simplement réduits à néant.
Malgré la situation de plus en plus instable et dangereuse, l’UNICEF demeure déterminé à garantir le droit de tous les enfants à la protection. Nous restons sur le terrain et continuons de fournir des services de protection de l’enfance en première ligne, aux côtés de nos partenaires. Notre travail vise notamment à enregistrer de toute urgence les enfants non accompagnés et séparés de leur famille, à les placer dans une famille d’accueil temporaire et à s’assurer qu’ils bénéficient des soins médicaux essentiels et d’un soutien psychosocial. L’UNICEF fournit en outre des services de protection de l’enfance à des milliers d’enfants ayant été associés à des groupes armés, aux mineurs non accompagnés et séparés de leur famille, ainsi qu’aux victimes de violences sexuelles.
Garantir l’accès aux vaccins vitaux
Alors que les conflits et les déplacements privent de nombreux enfants d’un accès aux services de santé vitaux, et notamment aux vaccins – lesquels demeurent pourtant l’une des plus grandes avancées au monde en matière de santé et de développement –l’apparition d’un nouveau variant plus virulent de la mpox en 2024 est venue aggraver les difficultés auxquelles font face un grand nombre d’enfants et de familles déplacés dans le pays, déjà aux prises avec le conflit en cours, la malnutrition et des flambées de choléra et de polio.
Dans le cadre de sa riposte à l’épidémie de mpox et conformément au plan national de préparation et de réponse du Gouvernement, l’UNICEF s’est attelé à renforcer la surveillance communautaire, à former des agents de santé, des hygiénistes et des équipes chargées du dialogue avec les communautés, ainsi qu’à appuyer le déploiement de milliers d’agents communautaires visant à sensibiliser la population – une initiative sous-tendue par la diffusion de messages de santé publique sur des dizaines de stations radio locales. Plus de 50 millions de personnes ont ainsi été renseignées par divers moyens (SMS, plateformes numériques, médias, influenceurs et interactions directes) sur les mesures de prévention et les symptômes de la mpox, ainsi que sur les services de santé existants.
Outre la riposte à la mpox, l’UNICEF a également œuvré avec ses partenaires pour renforcer les campagnes de vaccination contre le choléra, la rougeole et la polio.
Aider les enfants à reprendre leur scolarité
Dans l’est de la République démocratique du Congo, la violence perpétrée par les parties au conflit empêche des centaines de milliers d’enfants d’aller à l’école. Au lieu d’être en sécurité dans une salle de classe, ceux-ci vivent souvent dans des camps, dans des conditions catastrophiques. De nombreuses écoles sont la cible d’attaques, d’autres sont utilisées comme abris par les parties au conflit ou par les personnes déplacées par les violences.
Face à cette situation, l’UNICEF et ses partenaires fournissent un appui aux écoles et mettent en place des espaces d’apprentissage temporaires d’urgence dans les camps de personnes déplacées ou d’autres lieux où ces dernières sont revenues s’installer, afin d’aider les enfants à reprendre leur scolarité. L’UNICEF distribue également des fournitures scolaires, dispense des cours de rattrapage et un soutien psychosocial, et promeut des activités ludiques et des initiatives de consolidation de la paix.
Assurer l’approvisionnement en eau potable
Le manque d’accès adéquat à l’eau potable a contraint de nombreuses familles déplacées en République démocratique du Congo à réduire ou à rationner leur approvisionnement, voire à consommer de l’eau visiblement contaminée. Or, cette pratique peut avoir des conséquences mortelles chez les enfants, les maladies liées à l’eau et à l’assainissement figurant parmi les principales causes de mortalité chez les moins de 5 ans. En l’absence d’un accès adéquat à l’eau potable, les femmes et les filles qui vont chercher de l’eau et du bois courent par ailleurs un risque accru d’être victimes de violence liée au genre.
À la suite de l’intensification des combats au début de l’année 2025 à Goma, dans l’est du pays, et des ruptures d’approvisionnement en eau qui en ont résulté, l’UNICEF et ses partenaires ont fourni de l’eau potable à plusieurs centaines de milliers de personnes chaque jour, dont plus de la moitié étaient des enfants. L’organisation et ses partenaires ont également installé des dizaines de postes de chloration au bord du lac pour contribuer à circonscrire la flambée de choléra dans cette région. Début mars 2025, plus de 100 000 personnes vivant à Goma et à Minova, deux villes situées respectivement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, continuaient de bénéficier de cet approvisionnement vital en eau potable.
Malgré ce soutien, les besoins humanitaires en République démocratique du Congo dépassent largement l’aide actuellement apportée, en particulier parmi les populations plus vulnérables, dans un contexte où viennent s’ajouter des difficultés d’accès croissantes sur le terrain, et des ressources extrêmement limitées. Les familles en République démocratique du Congo font face à une catastrophe humanitaire de grande ampleur. Elles ont besoin de soutien et de paix sans attendre.